Agroalimentaire

Guide pour démarrer son entreprise en agriculture urbaine

Le 22 août 2020

Les agriculteurs urbains qui caressent le rêve de se lancer en affaires peuvent désormais compter sur un guide de lignes directrices élaboré par le Carrefour de recherche, d’expertise et de transfert en agriculture urbaine du Québec (CRETAU).

Ce guide est à la fois le fruit de l’expérience partagée des agriculteurs urbains déjà en affaires et des collectes de données réalisées dans le cadre d’études macro et micro-économiques, en plus de se baser sur des informations tirées du Bottin des producteurs et productrices urbain(e)s que le CRETAU tient à jour afin de réaliser les portraits annuels des entreprises agricoles urbaines au Québec.

À ce chapitre, on peut noter que, au cours des dix dernières années, le taux de croissance annuel moyen du nombre d’entreprises agricoles urbaines avoisine les 30 %. C’est donc une pratique émergente en plein essor malgré le manque d’information et de données technico-économiques qui, selon les acteurs du milieu, freine encore le développement de cette filière. Une lacune que vient combler ce nouveau guide du CRETAU.

Le document couvre toutes les étapes de démarrage d’une entreprise agricole, depuis la définition des motivations, valeurs et objectifs du projet d’agriculture urbaine, en passant les enregistrements et les permis, le choix du site de production, le modèle d’affaires, le financement, la mise en marché. Il recense en outre les organismes qui offrent de la formation, des ressources et de l’accompagnement.

Précisons que les spécificités techniques et les modes d’opération des diverses filières de production en agriculture urbaine ne sont pas abordées dans le guide puisque chaque cas mériterait une étude et un guide à lui seul. C’est pourquoi le CRETAU a produit des fiches technico-économiques sur le maraîchage sur toit, la production de micropousses, d’insectes et de champignons.



Enracinées dans l’innovation

Les entreprises agricoles urbaines offrent de nombreux avantages qui sont de plus en plus connus du grand public. En plus de contribuer au verdissement et à la biodiversité, cette production locale, en circuits courts, accroît l’accès à des produits frais et peut s’inscrire dans un schéma d’économie circulaire. Mais d’autres retombées, parfois moins visibles ou encore méconnues, bénéficient à la communauté et à son milieu de vie.

Ainsi, en 2019, 20 % des entreprises agricoles urbaines participaient à une forme ou une autre d’innovation sociale : milieu de travail pour des personnes en insertion socioprofessionnelle; plateau d’éducation aux bases du jardinage et à la provenance des fruits et légumes ; système intégré de production, de transformation et de distribution en sécurité alimentaire. En outre, 17 % d’entre elles fonctionnaient sur le principe de l’économie circulaire en s’approvisionnant en matière première à partir des résidus de partenaires de proximité. Enfin, 31 % des entreprises agricoles urbaines recensées en 2019 s’appuyaient sur des innovations techniques ou technologiques.

D’année en année, l’agriculture urbaine poursuit sa croissance et contribue à la vitalité des communautés. Pour ceux qui seraient tentés de répondre à l’appel, gageons que ce guide pourra leur donner ce petit coup de pouce vert qui leur manquait afin de se lancer dans l’aventure !

Source : UQAM