Potagers scolaires

Jardinage et éveil au goût: des formations gratuites dans 150 écoles primaires en milieu défavorisé

Le 22 octobre 2018

L’organisme Croquarium a reçu 1 750 000 $ dans le cadre du Plan d’action interministériel (PAI) de la Politique gouvernementale de prévention en santé (PGPS). Ce montant servira à offrir gratuitement des formations en jardinage éducatif et en éducation sensorielle au goût, ainsi qu’à mettre en place un réseau de formateurs régionaux dans tout le Québec.

Ce vaste projet, financé par les ministères de la Santé, de l’Agriculture et de l’Éducation, débute dès cette semaine à l’école l’Harmonie de Beauport et à l’école primaire de la Grande Vallée de Saint-Raymond.

« Au cours de l’année 2018-2019, la formation en jardinage éducatif sera dispensée dans 25 écoles primaires et la formation en éducation au goût, dans 5 », explique Mélanie Mercier, coordonnatrice aux communications chez Croquarium. L’objectif est que d’ici la fin de l’année scolaire 2021-2022, 150 écoles aient reçu l’une de ces deux formations.

Le jardinage : une « talle » d’apprentissages scolaires

Fort de son expertise*, Croquarium outillera les enseignants pour qu’ils soient en mesure d’intégrer le jardinage éducatif au programme grâce à du matériel pédagogique conçu sous forme de situations d’apprentissages pour chacun des cycles. «  Les sciences et la technologie, les mathématiques, le français, l’histoire, et même l’éthique, font partie des matières qui peuvent être abordées par l’intermédiaire du jardinage et de l’éducation au goût », indique Mélanie Mercier.

Les premières personnes visées par la formation sont donc les enseignants, mais il est essentiel que toute l’école soit mobilisée autour du projet. Voilà pourquoi Croquarium propose également la formation aux éducatrices du service de garde. « Nous invitons aussi la direction, les parents impliqués au sein de l’école et les surveillants de dîner à cette formation, afin que plusieurs personnes soient conscientes de l’implication que demande ce programme et puissent s’y investir », précise Mélanie Mercier.

L’éveil au goût et le cursus scolaire

En ce qui concerne l’éveil au goût, Croquarium cible cette année les services de garde scolaire, en attendant de pouvoir aussi former des enseignants. « Nous avons beaucoup d’expérience en matière d’éducation sensorielle au goût, mais pas encore dans un contexte purement scolaire, explique Mélanie Mercier. Notre contenu est facile à adapter pour bien outiller les éducatrices, mais, dès l’année prochaine, il sera également bien arrimé au cursus scolaire des 3 cycles du primaire. »

Les ambassadeurs

Dans le cadre de son projet Un Jardin pour chaque enfant amorcé en 2017, Croquarium a formé des ambassadeurs du jardinage éducatif et de l’éveil au goût. « Il s’agit de producteurs et de transformateurs qui animent des ateliers clés en main conçus par Croquarium, dit Mélanie Mercier. Ils sont actuellement 13 à faire la tournée des écoles. D’ici l’année scolaire 2021-2022, nous prévoyons que chaque région en compte au moins 2. »

Les formateurs régionaux

Au sein de ces ambassadeurs, Croquarium  cherche à repérer les personnes qui ont le potentiel et le désir de devenir des formateurs. Parmi ceux qui ont été formés l’année passée, 2 sont devenus des formateurs auprès des écoles.

« Ce continuum vise à autonomiser les régions et permet à ces producteurs ou transformateurs d’ajouter une offre de services à leurs activités professionnelles habituelles, souligne Mélanie Mercier. L’objectif est qu’au moins un formateur soit actif dans la moitié des régions d’ici 2012-2022. »

Le matériel pédagogique

Les écoles participantes recevront tout le matériel pédagogique nécessaire à l’animation autour du jardin et de l’éducation sensorielle au goût. Croquarium leur fournit également un guide technique pour l’implantation du jardin, un bac de jardinage, ainsi que quelques accessoires de base.

Mobiliser la communauté

Le but ultime du mouvement Un jardin pour chaque enfant, un projet mené parallèlement au PAI, est de mobiliser les quartiers et les communautés autour du jardinage et de l’alimentation de proximité. « Il s’agit bien d’un mouvement, parce notre accompagnement sur deux ans implante solidement le jardinage éducatif et la découverte des aliments dans les écoles, pour qu’ensuite la communauté se mobilise pour faire vivre le jardin scolaire à l’année », affirme Mélanie Mercier.

« La tendance actuelle du verdissement des cours d’école et des espaces publics est favorable à ce mouvement et à l’émergence de comités école-quartier, poursuit-elle. Notre objectif est que l’appropriation du projet par la communauté fasse grandir ces initiatives et les pérennise.  De nombreux maillages sont possibles avec, par exemple, des camps de jours, des CPE ou des organismes rassemblant des personnes âgées. »

L’émergence de ce mouvement pourrait bien, d’ici quelques années, faire du jardinage éducatif une norme, plutôt que l’exception et ainsi avoir une influence positive et profonde sur l’alimentation et les papilles des jeunes et des moins jeunes. Sans compter l’amélioration visible des environnements quotidiens des citoyens.

*Fondé en 2005 par Martine David, qui en est aussi la conseillère en développement stratégique, Croquarium a développé au fil des années une solide expertise en matière de jardins éducatifs et d’ateliers en éducation sensorielle au goût. Déjà, implanté dans plus de 2000 écoles, CPE et milieux communautaires, Croquarium rejoint plus de 80 000 enfants. Grâce à ce nouveau soutien financier, qui va s’étaler sur les 4 prochaines années, l’organisme entend s’enraciner encore plus solidement dans les communautés.

Photos : Croquarium