Transport actif vers l'école

Pour que les enfants puissent marcher seuls: conférence de Juan Torres

Le 30 octobre 2017

Alors que le parcours entre le domicile et l’école compte pour plus de 80 % des déplacements des enfants, ces derniers sont de moins en moins nombreux à faire le chemin à pied. Qu’est-ce qui les en empêche ? Et surtout, que faire pour inverser la tendance ?

En plus d’analyser les causes profondes du problème, le professeur Juan Torres propose dans cette conférence des pistes d’intervention originales pour favoriser la mobilité active des enfants.

Encourager l’indépendance et l’autonomie des enfants

Apprendre à traverser aux intersections et à se déplacer dans les rues en sécurité est un long processus qui ne se fait pas du jour au lendemain. Mais comme le professeur Torres le déplore d’entrée de jeu, les enfants ont de moins en moins l’occasion de faire cet apprentissage. Depuis une vingtaine d’années, le nombre de déplacements en voiture vers l’école a en effet doublé. Résultats : les enfants n’acquièrent plus l’indépendance et l’autonomie requises pour marcher ou faire du vélo en toute sécurité. Plus ces deniers sont incompétents, plus les parents recourent à la voiture et vice versa. Pour sortir de ce cercle vicieux et favoriser les déplacements actifs chez les enfants, Juan Torres sollicite l’engagement de la municipalité, des milieux scolaires et de toute la communauté.

Des mesures structurantes pour faire marcher les enfants

Depuis quelques années, on compte beaucoup sur les mesures d’apaisement de la circulation pour améliorer la sécurité des enfants sur le chemin de l’école et rassurer les parents. Ces mesures sont essentielles, explique Juan Torres, mais loin d’être suffisantes. En plus de questionner l’optimisation des ressources scolaires qui accroit la distance que les enfants doivent parcourir pour se rendre à l’école, le conférencier propose plusieurs solutions concrètes, tel que le recours à l’intermodalité, pour faire bouger les enfants. Père de deux enfants, il invite parents et intervenants à réfléchir à leur mission morale, qui n’est pas de protéger les enfants, mais bien de tout faire pour que ces derniers acquièrent l’indépendance et l’autonomie nécessaires pour ne plus avoir besoin de protection.

Au sujet de Juan Torres

Juan Torres est professeur à l’École d’urbanisme et architecture de paysage et vice-doyen aux études supérieures à la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal. Diplômé en architecture et en urbanisme, il s’intéresse au design urbain, particulièrement dans la perspective de la mobilité et de la participation des enfants aux processus d’aménagement.

* Cette conférence, organisée par le comité 100°-EST, s’est tenue le 17 octobre 2017, à Cookshire-Eaton, en Estrie.