Alimentation durable

Capitale-Nationale: Plan d’action en agriculture urbaine 2020-2025

Le 17 mars 2020

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La Ville de Québec vient de dévoiler son Plan d’action en agriculture urbaine 2020-2025. Intitulé Enrichir le champ des possibilités, il se veut une réponse à de nombreux enjeux du 21e siècle comme l’insécurité alimentaire, la réappropriation de l’espace urbain par les citoyens, la protection de la biodiversité et la résilience aux changements climatiques.

Ce plan d’action découle de la Vision du développement des activités agricoles et agroalimentaires dans l’agglomération de Québec 2015-2025 qui place l’alimentation de proximité, saine et durable, au cœur de la qualité de vie des citoyens. Et, dans ce contexte, Québec reconnaît le rôle important que peut jouer l’agriculture urbaine pour lutter contre les changements climatiques et l’insécurité alimentaire, en plus de répondre aux besoins de vivre dans un environnement sain, de s’adonner au jardinage, de manger frais et de se rapprocher de la nature.

jardin pédagogique

« L’agriculture urbaine est définie comme toute activité agricole pratiquée à l’intérieur du périmètre d’urbanisation. Elle désigne principalement la production de végétaux comestibles et l’élevage de petits animaux à l’intérieur de la ville. Et elle s’intéresse aussi à la distribution de proximité. »

Les bienfaits de l’agriculture urbaine

Longtemps considérée comme une activité marginale, voire un simple loisir de citadins nostalgiques, et avant même que l’expression ne s’impose dans le langage courant, l’agriculture urbaine a connu, au cours de la dernière décennie, un essor remarquable, partout à travers le monde. Cette pratique est même devenue un objet d’étude. Ainsi, des chercheurs du Center for a Livable Future, de l’École de santé publique Johns Hopkins, ont classé l’ensemble de ses nombreux effets bénéfiques dans quatre catégories : santé humaine, société, environnement et économie.

Dans cette optique, le plan d’action de la ville de Québec prévoit différentes mesures ayant pour but :

  • d’encourager la multiplication des potagers privés, communautaires ou collectifs, tant au sol, sur les toits que sur les murs ;
  • d’encadrer les petits élevages (abeilles et poules) ;
  • d’augmenter le nombre d’aménagements composés de plantes comestibles ou de plantes favorables aux insectes pollinisateurs ;
  • de donner un coup de pouce aux entreprises qui œuvrent dans le domaine de l’agriculture urbaine;
  • de favoriser la mise en marché de proximité.

7 grands axes de développement

Bien que la présente version de ce plan d’action en soit à sa version préliminaire, en préparation d’une consultation publique, il détaille néanmoins les nombreuses facettes de l’agriculture urbaine que la Ville, par des mesures concrètes et des modifications à la réglementation, souhaite améliorer, soutenir et encourager.

  • La pratique de l’agriculture urbaine par les citoyens sur leurs propriétés, ce qui inclut l’aménagement d’un potager au sol, en serre ou sur le toit; la garde de poules; l’élevage d’abeilles; l’aménagement de jardins de biodiversité.
  • L’offre municipale en jardins communautaires et collectifs, par l’augmentation des espaces de jardinage et l’harmonisation et la qualité des services offerts.
  • L’intégration des nouvelles pratiques dans les parcs et autres propriétés municipales, dont l’apiculture, les serres de production et les forêts nourricières.
  • L’appui aux initiatives citoyennes, aussi bien dans l’espace privé que public, par l’entremise de programmes de subvention à l’aménagement de jardins partagés ainsi que la réappropriation temporaire de terrains vagues municipaux.
  • La protection de l’environnement et de la biodiversité en ville grâce à l’aménagement de milieux biodiversifiés, l’usage restreint des pesticides et le maintien de la qualité des sols par l’économie circulaire.
  • L’expansion de l’agriculture urbaine commerciale, notamment celui de la ville elle-même en plus de l’aide apporté aux entrepreneurs agricoles urbains
  • Le développement et le soutien de marchés publics et de proximité, notamment par la promotion et le rayonnement des initiatives favorisant l’accès aux aliments sains et locaux.
agriculture urbaine

Une fois l’exercice de consultation publique complété, la Ville s’engage à présenter un calendrier détaillé des actions à entreprendre, à détailler les responsabilités des divers intervenants pour leur mise en œuvre, en plus d’établir les diverses modalités de suivi des résultats. Entre temps, les citoyens jardiniers sont invités à se préparer ; le printemps arrive officiellement dans deux jours !

Source : Enrichir le champ des possibilités



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Retour sur le passé récent

L’offre de jardins municipaux s’est développée au fil des années atteignant, en 2019, un total de 28 jardins communautaires et collectifs, comptabilisant 1 734 jardinets cultivés par les citoyens. Et, les initiatives prises par la Ville, au cours des cinq dernières années, ne sont sans doute pas étrangères à cet essor.

2015

La participation financière à la Fête des semences et de l’agriculture urbaine tenue annuellement en mars à Québec.

2016

La mise en œuvre d’une mesure de soutien financier à l’aménagement de marchés publics de proximité.

2017

L’installation de ruches sur des édifices municipaux en collaboration avec l’entreprise à vocation éducative Alvéole.

La signature de l’Entente sectorielle sur le développement des activités agricoles et agroalimentaires de la région de la Capitale-Nationale et de la Ville de Lévis.

2018

La création d’un fonds pour l’aménagement de nouveaux jardins communautaires.

L’engagement dans le mouvement Ville amie des monarques, favorisant l’aménagement de jardins de biodiversité sur le territoire, notamment dans les jardins communautaires.

La participation à la Table sur l’insécurité alimentaire et soutien à des initiatives communautaires favorisant l’accès à une alimentation saine et de proximité.

2019

La reconnaissance du droit des municipalités, dans le Schéma d’aménagement et de développement (SAD) de l’agglomération
de Québec, d’autoriser l’agriculture urbaine dans le périmètre urbain et la demande qui en découle aux municipalités de déterminer un cadre réglementaire pour l’agriculture urbaine.

L’adoption de la réglementation autorisant l’aménagement de potagers en façade des résidences.

Le déploiement d’un nouveau programme de subvention à l’aménagement de jardins partagés sur des propriétés non municipales.

Réception de la certification Ville amie des monarques – mention Argent.

L’ouverture du Grand Marché de Québec qui donne une place privilégiée à l’agriculture urbaine.

L’intégration au portail Web Cultive ta ville.

L’appui à l’aménagement de jardins intégrant des plantes comestibles dans les places éphémères, notamment dans les îlots de chaleur urbains.