Soutien alimentaire

Mieux nourrir les enfants à l’école: nouveau guide pratique

Le 11 novembre 2020

Dans le cadre de son projet Je goûte, J’apprends!, l’Association québécoise de la garde scolaire vient de publier le Guide pratique pour du soutien alimentaire scolaire. Un guide complet et qui est totalement arrimé à la nouvelle mesure d’aide alimentaire 15012.

Conçu dans le but de fournir des ressources et des outils pratiques afin de soutenir les intervenants scolaires, ce guide couvre aussi bien les réalités de la garde scolaire et des écoles primaires que celles des établissements du niveau secondaire. Les intervenants peuvent l’utiliser en fonction de leurs besoins pour :

  • offrir aux élèves des aliments de bonne valeur nutritive, sécuritaires, davantage locaux et qui génèrent le moins de déchets possible;
  • s’outiller dans la gestion de l’aide alimentaire et des ateliers culinaires : gestion des ressources, élaboration du menu, approvisionnement, préparation, distribution, réduction du gaspillage;
  • créer un contexte de repas éducatif et convivial.
cafétéria scolaire

30011 devient 15012

La nouvelle mesure budgétaire d’aide alimentaire 15012, annoncée le 25 août dernier par le ministre de l’Éducation, vient en quelque sorte remplacer, ou même bonifier, l’ancienne mesure 30011 qui prévoyait des allocations pour les frais de collation dans les écoles dont l’indice du seuil de faible revenu était de 8 à 10. Comme l’explique Lucie Laurin, chargée de projet à l’Association québécoise de la garde scolaire et auteure du guide, les écoles qui bénéficiaient de la mesure 30011 vont continuer de recevoir les mêmes sommes, sinon plus.

« Ce qui change, avec la mesure 15012, poursuit Lucie Laurin, c’est que le gouvernement ajoute de l’argent frais, à hauteur de 11 millions, pour que toutes les écoles puissent offrir des aliments nourrissants, que ce soit pour le déjeuner, le dîner ou les collations. En fait, Il existe plusieurs manières d’utiliser ces montants, pourvu que ce soit toujours fait dans l’optique de favoriser la saine alimentation. »

Et c’est justement la raison d’être de ce guide : offrir des outils et des ressources afin de répondre à tous les cas de figure. En effet, puisque les sommes allouées sont pondérées en fonction de l’indice de défavorisation et du nombre des élèves, il est évident qu’une école d’un quartier bien nanti obtiendra un trop petit budget pour implanter, par exemple, un club des petits-déjeuners. Par contre, elle pourrait à la place implanter des ateliers culinaires.

Couteau suisse

Le guide, très complet, couvre tous les aspects d’une démarche qui se veut à la fois adaptable et conviviale. Budget, formule de distribution, besoins en ressources humaines, besoins en ressources matérielles, mode d’approvisionnement, achat d’aliments, composition des menus, programmation d’ateliers culinaires, distribution des aliments, participation des élèves, contexte des repas, évaluation pour la bonification, tout est là !

Qu’il s’agisse du tableau des revenus et dépenses, du tableau de spécifications et d’inventaire des équipement, ou encore d’exemples de sondages à réaliser auprès de l’équipe-école, des parents et des enfants, rien n’a été oublié. On trouve même, afin de favoriser l’achat local, une liste d’utilisation d’aliments locaux selon les saisons, ou encore des conseils pratiques pour éviter le gaspillage en vertu du principe des 3R-V : réduire, réemployer, recycler et valoriser.

Soutien aux besoins

Évidemment, la toute récente mesure 15012 a précédé de peu une rentrée marquée par la COVID-19, de sorte que les écoles vont faire ce qu’elles peuvent, cette année, avec les sommes qui leur sont allouées, fait remarquer Lucie Laurin. « Moi, ce que je suggère, c’est que chaque école, durant l’année qui vient, dresse un portrait de sa situation, puis qu’elle réfléchisse aux meilleures actions qu’elle peut entreprendre en fonction des besoins qui lui sont propres. Le guide peut justement aider les écoles qui souhaitent dès maintenant commencer à se préparer pour la rentrée 2021. Pour qu’elles réalisent une analyse spécifique des besoins afin d’offrir le meilleur soutien alimentaire à leurs élèves. »

« Et je dis bien ici “soutien alimentaire”, car les sommes disponibles ne permettent pas d’offrir des repas gratuits, comme ce pourrait être le cas si nous disposions d’un programme d’alimentation scolaire universel, mais c’est assurément un pas de plus dans la bonne direction ! »



enfant en classe

En contexte de la pandémie

Les mesures sanitaires ont évidemment bouleversé les habitudes de vies dans les écoles et sans doute alourdi les tâches du personnel. En conséquence, certaines écoles ont cessé d’offrir des aliments frais et nutritifs, que ce soit dans le cadre des programmes d’aide alimentaire, du service alimentaire scolaire ou encore des ateliers culinaires.

Toutefois, il est possible de continuer à faire la promotion d’une saine alimentation et d’offrir en toute sécurité des aliments frais ainsi que des plats cuisinés à partir de produits peu transformés. On peut d’ailleurs trouver dans le document COVID-19 : FOIRE AUX QUESTIONS, du ministère de l’Éducation, les consignes d’usage adaptées au contexte de la pandémie.

De la même manière, rien n’empêche de tenir des ateliers culinaires qui respectent les règles sanitaires en vigueur. À cet effet, Les ateliers cinq épices ont produit le Guide d’adaptation : les Ateliers culinaires en période de COVID-19. Ce guide, principalement destiné aux intervenants scolaires, peut également être utile aux intervenants communautaires, en camps de jour ou en services de garde éducatifs à l’enfance.

Ce guide pratique se découle non seulement de la mesure 15012, mais il se base aussi sur la Politique-cadre Pour un virage santé à l’école, le Guide alimentaire canadien 2019, la Politique bioalimentaire 2018-2025 Alimenter notre monde et l’Approche écoles en santé. Il est aussi le fruit d’une collaboration avec divers partenaires : Ateliers cinq épices, Coalition québécoise sur la problématique du poids, Équiterre, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), ministère de l’Éducation (MEQ), nutritionnistes de la santé publique et du Centre de services scolaire de Montréal.