Premières Nations

Nos grands-parents étaient des athlètes 

Le 12 septembre 2016

Avec près de 6 000 km parcourus sur les territoires des Premières Nations et des Inuits, j’ai eu «la chance» de réaliser que se déplacer sur de si grandes distances en milieu naturel exigeait une bonne dose d’efforts.

Télécharger le PDF

Des efforts athlétiques, ai-je envie de dire, bien humblement. Car c’était une réelle épreuve, en dépit de ma bonne condition physique et malgré les moyens techniques et technologiques d’aujourd’hui qui m’ont permis de voyager plutôt léger et d’optimiser mes temps de parcours.

J’ai souvent pensé à mes grands-parents dans ces moments de défi pour le corps et l’esprit. Avec admiration et fierté, je les imaginais progressant également avec difficulté dans les rudes et vastes étendues qui composaient leur réalité quotidienne. À cette époque, on déplaçait le matériel, les récoltes de la cueillette, les produits de la chasse et de la trappe, etc., uniquement grâce à la force humaine. Le courage et la résilience de mes grands-parents étaient à la mesure de leurs territoires : immenses. Ils étaient de véritables athlètes.

Je parle ici de mes grands-parents ; pas de mes lointains ancêtres. Cette proximité dans le temps est telle que je suis convaincu que leurs qualités physiques, mentales, émotionnelles et spirituelles sont encore en moi. Il en est de même pour la majorité des membres des Premiers Peuples aujourd’hui. Cette force est en nous.

En raison de la colonisation et surtout des politiques d’assimilation qui s’ensuivirent, nous avons vécu une rupture avec le mode de vie physiquement actif et la saine alimentation que connaissaient les générations qui nous ont précédés. Cet événement se ressent encore aujourd’hui au sein des Premières Nations et des Inuits, mais l’histoire nous montre que la santé holistique n’est pas très loin derrière nous.

Bien évidemment, le mode de vie ancestral ne reviendra pas tel qu’il était pratiqué par nos ancêtres, mais nous avons en nous cette capacité d’effort et de résilience qui faisait leur force et nous pouvons en être fiers. Qu’il s’agisse d’activités traditionnelles ou contemporaines, nos jeunes sont en mesure de se dépasser et de progresser. Il revient à nos communautés de poursuivre la mobilisation en faveur des saines habitudes de vie, pour leur offrir les meilleures occasions de se mettre en mouvement et de raviver l’athlète en chacun d’eux.



Télécharger le PDF