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Boissons énergisantes : 15 ans de mobilisation et une avancée historique

Boissons énergisantes : 15 ans de mobilisation et une avancée historique

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Il y a des victoires qui mettent du temps à venir, mais qui donnent le sentiment que chaque effort en valait la peine. L’adoption du projet de loi no 9, le 11 juin 2026, en fait partie. Dès son entrée en vigueur, prévue pour décembre 2026, la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans sera interdite au Québec, une première au Canada. C’est un grand moment de fierté !

Dans les derniers mois, le débat entourant les boissons énergisantes s’est intensifié, porté par une mobilisation sans précédent. Pour nous, au Collectif Vital, ce n’est pas un dossier nouveau. Cela fait plus de 15 ans que nous y travaillons, aux côtés de partenaires déterminés. Permettez-moi de vous raconter ce combat collectif.

Un travail de longue haleine et un engagement collectif

Face aux risques liés aux boissons énergisantes, les municipalités ont joué un rôle précurseur. Amqui a été la première, en 2011, à adopter une résolution interdisant la vente de boissons énergisantes dans ses édifices. D’autres municipalités ont emboîté le pas. Notamment la Ville de Salaberry-de-Valleyfield, qui, en 2017, est allée encore plus loin en adoptant une politique alimentaire interdisant la distribution gratuite de ces boissons.

En parallèle, dès 2011, le Collectif Vital a entrepris des démarches auprès de Santé Canada pour améliorer l’encadrement des aliments transformés. Peu à peu, des gains ont suivi, comme le symbole nutritionnel sur le devant de l’emballage et l’étiquetage des aliments supplémentés, tous deux obligatoires depuis de 2026.

Boissons énergisantes

Vers un meilleur encadrement de la vente des boissons énergisantes

Malgré ces progrès, les boissons énergisantes demeurent intensivement promues auprès des jeunes et facilement accessibles. Colorées, attrayantes, associées à la performance physique et cognitive, l’industrie n’hésite pas à multiplier les stratégies de marketing ciblant les jeunes, d’ailleurs héritées en partie des compagnies de tabac, ce qui rend la situation d’autant plus préoccupante.

En 2015, la Coalition Avenir Québec proposait d’interdire les boissons énergisantes aux moins de 16 ans dans un mémoire sur la politique jeunesse. Quatre ans plus tard, elle mandatait la Direction générale de la santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux pour mettre sur pied un comité consultatif.

Puis, à partir de 2025, tout s’est accéléré. Un reportage, de l’émission Enquête, sur le décès tragique de Zachary Miron donne une nouvelle impulsion à la mobilisation. Ses parents, Veronica Martinez et David Miron, ont transformé leur douleur en détermination. Les milieux scolaire, sportif et de la santé se joignent au mouvement Zachary Miron pour réclamer une meilleure protection des jeunes face aux boissons énergisantes. Une pétition, portée par le député Guillaume Cliche-Rivard, recueille 35 000 signatures. Puis, les recommandations du rapport du Comité consultatif sur les boissons énergisantes, qui préconise l’interdiction de leur vente aux personnes mineures, sont rendues publiques.

Ajoutons que, selon un sondage Léger réalisé pour le compte du Collectif Vital, pas moins de 86 % de la population québécoise appuie l’interdiction de la vente de ces boissons aux moins de 16 ans. Donc, tous les ingrédients étaient désormais réunis : appui populaire, soutien de la santé publique, volonté politique. Cet enjeu de santé publique s’est rapidement transformé en projet rassembleur : l’inaction n’étant plus une option.

Boissons énergisantes

La levée de boucliers de l’industrie

Comme vous vous en doutez, l’industrie des boissons énergisantes a vite répliqué. Elle a plaidé que l’interdiction de la vente aux moins de 16 ans n’est pas justifiée, que ces boissons sont sécuritaires et qu’elle était injustement visée. Sans surprise, elle a multiplié les activités de lobbying, tout comme les communications publiques.

Toutefois, les effets sur la santé sont trop bien documentés pour justifier le statu quo. Riches en sucres libres, les boissons énergisantes contribuent au risque de plusieurs maladies chroniques et figurent parmi les boissons les plus dommageables pour la santé dentaire. De plus, une seule canette peut suffire à dépasser l’apport quotidien maximal en caféine recommandé pour un adolescent. Les risques sont réels : effets cardiovasculaires, troubles du sommeil et effets sur la santé dentaire.

Un cap important pour la santé publique

Le 11 juin 2026, la Loi visant à prévenir les effets nocifs de la boisson énergisante sur la santé des jeunes est adoptée. Je suis fière de tout ce que nous avons accompli ensemble et cette mesure témoigne du leadership du Québec en matière de protection et de promotion de la santé des jeunes. Il reste certes du chemin à parcourir : encadrer le marketing, poursuivre la sensibilisation, adopter une taxe sur les boissons sucrées et documenter les retombées de la loi. Mais, aujourd’hui, prenons le temps de célébrer. Quinze ans de travail collectif qui aboutissent en une loi pour protéger les jeunes, voilà une belle démonstration de ce que peuvent accomplir la persévérance et la collaboration en santé publique.

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