Agroalimentaire

Fini les invendus alimentaires à la poubelle : guide à l’intention des petits commerçants

Fini les invendus alimentaires à la poubelle : guide à l’intention des petits commerçants
Françoise Ruby

Françoise Ruby

JOURNALISTE | 100º

Les petits commerçants qui souhaitent donner une seconde vie à leurs invendus disposent maintenant d’un guide de bonnes pratiques pour les appuyer dans leur démarche.

Cette initiative de l’organisme Ville en vert s’inscrit dans une tendance forte qui se manifeste ici comme ailleurs : donner les aliments invendus à ceux qui en ont besoin, plutôt que de les jeter. Et dans certains cas, ce sont les États qui ont récemment légiféré (France et Italie, par exemple) ou des villes qui envisagent de le faire (São Paulo, par exemple).

Encourager et guider les commerces de petite et moyenne taille

Habituellement, les grandes chaînes de supermarchés sont déjà organisées pour donner plutôt que jeter leurs invendus. Ce n’est pas souvent le cas des commerces de petite ou moyenne taille.

Voilà pourquoi Ville en Vert, en collaboration avec Solidarité Ahuntsic  et Québec en Forme, a publié ce guide des bonnes pratiques. Selon ce document, il existe au moins 6 bonnes raisons pour lesquelles un commerçant peut se joindre au mouvement de la réduction du gaspillage alimentaire :

  • aider les citoyens défavorisés de sa communauté;
  • manifester la responsabilité sociale de son entreprise;
  • favoriser le sentiment d’appartenance et de fierté de ses employés;
  • réduire ses coûts de gestion des matières résiduelles (collecte de déchets, recyclage, compostage);
  • réduire son empreinte environnementale;
  • obtenir une déduction fiscale pour les aliments donnés1.

Les organismes partenaires peuvent être à l’œuvre de différentes façons :

Infographie : Alejandra Lozano – Ville en vert

Une fois l’entente établie avec un organisme d’aide alimentaire, le commerçant peut faire un essai sur une période déterminée après laquelle le partenariat peut être évalué et ajusté. Le commerçant peut, par la suite, continuer ou non la collaboration.

Responsabilité légale

Les commerçants sont parfois inquiets d’être poursuivis en cas d’intoxication alimentaire. Le guide précise qu’un commerçant qui offre des denrées alimentaires de façon bienveillante ne sera pas tenu responsable si une personne tombe malade malencontreusement. C’est l’article 1471 du Code civil du Québec qui libère les donateurs de toute responsabilité légale si le don est fait de bonne foi.

Donner dans le quartier

Crédit photo : Mamie Clafoutis

À Ahuntsic, la boulangerie Mamie Clafoutis a établi dès son ouverture un partenariat avec le Service de nutrition et d’action communautaire (SNAC). La collaboration est flexible, car le SNAC appelle la boulangerie pour vérifier s’il y a du pain à donner.

En général, Mamie Clafoutis donne du pain au SNAC deux à trois fois par semaine. L’organisme les distribue dans ses paniers ou l’utilise lors de ses repas communautaires. Grâce à cette collaboration, plus de 120 familles ont accès à du pain artisanal local.

« Pendant que nous faisions la recherche pour rédiger ce guide, nous avons appris que le magasin Costco situé au marché central cherchait un organisme d’Ahuntsic à qui donner ses invendus, explique Rachel Cheng, chargée de projet en sécurité alimentaire à Ville en vert. La collaboration entre ce très gros magasin et le SNAC est une retombée positive imprévue de notre travail. »

Crédit photo : Service de nutrition et d’action communautaire

Un dépliant pour les consommateurs

Ville en vert a également publié un dépliant à l’intention des consommateurs. Intitulé Gaspillage alimentaire et dates de péremption, ce document donne des trucs et des astuces pour éviter le gaspillage et démystifie les dates de péremption affichées sur les aliments. Il permet, par exemple, de comprendre que la date « meilleur avant » ne veut pas automatiquement dire « expiré après », notamment dans le cas des yogourts.

Source : Ville en vert

Guide : Guide pour la récupération alimentaire auprès des petits et moyens commerces à Montréal

Dépliant : Gaspillage alimentaire et dates de péremption

1. En vertu de la politique CPC-018 de l’Agence du revenu du Canada, une entreprise peut, sous certaines conditions, réclamer une déduction fiscale pour le don de biens figurant dans l’inventaire : à discuter avec un comptable.