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L’état du vélo au Québec en 2020: des cyclistes bien en selle

L’état du vélo au Québec en 2020: des cyclistes bien en selle
François Grenier

François Grenier

JOURNALISTE | 100º

Le vélo ne cesse de gagner en popularité dans la province, comme en témoigne la 6e édition de L’état du vélo, publié tous les cinq ans depuis 1995, et que Vélo Québec vient de dévoiler. Cette étude brosse un portrait fort encourageant de la situation tout en nous offrant de nombreuses raisons de pousser à la roue.

En 2020, le Québec comptait 250 000 adeptes du vélo de plus qu’en 2015, pour un total de 4,5 millions de cyclistes, dont 1,1 million d’enfants. Une augmentation qui s’observe plus particulièrement chez les 55 ans et plus dont la proportion est passée de 23 % à 42 % depuis 1995. Cette progression est encore plus notable dans la tranche des 65 à 74 ans qui, pour la même période, sont passés de 12 % à 34 %.

On note aussi que plus d’un million d’adultes et d’enfants vont et viennent du travail, de l’école ou de l’épicerie à vélo. Les chiffres montrent que la popularité de ce mode de transport a plus que doublé en 25 ans. Ainsi, en 2020, 47 % des cyclistes adultes, soit 1,6 million de personnes, utilisaient le vélo comme pour se déplacer, contre 21 % en 1995, soit, à l’époque, 600 000 cyclistes.

Des indicateurs à la hausse

C’est évidemment durant la belle saison que le vélo a la cote. Par exemple, entre mai et septembre 2020, 2,7 millions de personnes ont enfourché leur monture chaque semaine. Or, en octobre et novembre, 1,45 million d’adultes utilisaient toujours leur bicyclette. C’est 350 000 personnes de plus qu’en 1995. Et de décembre à mars, ils étaient 190 000 à braver la neige et le froid. Là encore, la proportion de ces cyclistes quatre saisons ne cesse d’augmenter puisqu’elle est passée de 8,4 %, pour l’hiver 2016-17, à 13,6 % pour celui de 2020-21.

La popularité des pistes cyclables est aussi à la hausse puisqu’elles absorbent de nos jours 61 % des déplacements à vélos, alors que cette proportion se chiffrait à 37 % il y a 25 ans. Cela dit, en 1995, le réseau cyclable québécois courait 2 300 km alors qu’il s’étend aujourd’hui sur 10 600 km. Durant la même période, les voies cyclables séparées de la circulation automobile (pistes en site propre, sentiers polyvalents, pistes sur rue ou sur trottoir) se sont pratiquement multipliées par trois, passant de 1 400 km à 3 900 km. Bref, les pistes cyclables sont d’autant plus populaires qu’elles sont plus nombreuses.

Le vélo de montagne n’est pas en reste puisqu’il a gagné 480 000 nouveaux adeptes au cours des cinq dernières années pour un total de 1,1 million. Or, sa pratique n’est pas seulement l’affaire des jeunes. Certes, les 18-34 ans demeurent les plus nombreux avec 516 000 inconditionnels, mais ils sont suivis de près par les 35-54 ans, qui comptent 461 000 passionnés. Et, sur la troisième marche du podium, les 55-74 ans cumulent un respectable effectif de 121 000 amateurs.

Le vélo, toujours plus sécuritaire

Malgré l’augmentation de nombre de cyclistes, on enregistre, bon an mal an, une diminution de blessés légers (-34 % de 2015 à 2020) et une réduction comparable de blessés graves et de morts (-32 % de 2015 à 2020). Bref si depuis l’an 2000, on compte 29 % plus de cyclistes, le nombre de blessures graves a chuté de 62 %, et ce, en dépit du fait que le parc automobile s’est accru de 51 % durant la même période. Une situation attribuable à l’expansion des réseaux cyclables et aux mesures de modération de la circulation mises en place dans de nombreuses municipalités québécoises.

On doit cependant déplorer un bilan beaucoup plus mitigé du côté des piétons. De 2015 à 2019, le nombre de piétons blessés ou décédés est demeuré relativement stable, oscillant en moyenne autour de 2750. Toutefois, 2020, avec ses 1836 piétons blessés ou décédés, soit une diminution de presque 33 %, fait exceptionnellement bonne figure. Nonobstant, il nous reste beaucoup de chemin à parcourir avant d’atteindre les objectifs de la Vision Zéro.

À ce chapitre, il faut remarquer que nous sommes aussi assez loin de la parité homme-femme chez les cyclistes. Ainsi, au Québec, 47 % des femmes font du vélo alors que chez les hommes cette proportion se chiffre à 62 %. Interrogé sur cette disparité, lors de la conférence de presse, Marc Jolicoeur, directeur de la recherche chez Vélo Québec, a souligné que plus les aménagements cyclables sont nombreux, plus on s’approche de la parité. Il a entre autres fait valoir que, à Copenhague, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à se déplacer à bicyclette.

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Poursuivre la promotion du vélo

Nul doute que, au Québec, le vélo est en voie de se tailler une place enviable, aussi bien comme loisir, activité sportive ou mode de transport à part entière. Déjà 62 % des Québécois vivent dans une municipalité qui s’est dotée d’un plan vélo. Et d’année en année, les réseaux cyclables s’étendent, ce qui multiplie les adeptes et se traduit par une augmentation conséquente des ventes de bicyclettes, notamment celles à assistance électrique.

Non seulement le secteur de l’achat et de l’entretien des vélos se chiffre à 565 millions de dollars par année, mais ses adeptes contribuent aussi à l’industrie touristique. C’est donc tout un écosystème économique qui s’étend à la grandeur de la province et qui ne cesse de gagner en maturité. Enfin, si la pratique du vélo dynamise la santé économique des communautés, elle favorise tout autant la santé de l’environnement que celle des individus.

Bref, l’État du vélo au Québec en 2020 démontre que le cyclisme chez nous est placé sur une très belle lancée. Mais il importe aussi de ne ménager aucun effort afin d’en faire la promotion. Il est nécessaire de lui accorder toute la place qu’il mérite dans nos espaces publics comme dans nos vies. Ne serait-ce que pour atteindre, chez les cyclistes, la parité femme-homme.

Source : L’état du vélo au Québec en 2020

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