Santé et services sociaux

Lancement de la Politique gouvernementale de prévention en santé

Lancement de la Politique gouvernementale de prévention en santé
François Grenier

François Grenier

JOURNALISTE | 100º

La ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, a annoncé cet après-midi une nouvelle fort attendue : le lancement de la Politique gouvernementale de prévention en santé. Une première en Amérique du Nord.

Signe que le gouvernement souhaite que les orientations de cette nouvelle Politique se répercutent dans les actions de l’ensemble du gouvernement : sept ministres étaient présents à l’événement.

« Nous sommes fiers de ce projet lancé aujourd’hui. Cette politique est porteuse d’une vision très large de la santé, qui inclut le système de soins, bien sûr, mais qui va bien au-delà des murs d’un hôpital, a déclaré madame Lucie Charlebois. En effet, nous souhaitons agir directement sur les déterminants de la santé. Celle-ci dépend notamment du mieux-être des personnes et de leur environnement physique, social et économique ».

Une approche multifactorielle

Avec cette nouvelle Politique, le gouvernement du Québec souhaite « agir sur un ensemble de facteurs en vue d’améliorer l’état de santé et la qualité de vie de la population du Québec et réduire les inégalités sociales de santé ».

De manière plus précise, la Politique gouvernementale de prévention en santé vise 9 cibles prioritaires à atteindre d’ici 2025 :

  • Augmenter à 80 % la proportion d’enfants qui commencent leur scolarité sans présenter de facteur de vulnérabilité pour leur développement.
  • Faire en sorte que 90 % des municipalités de 1000 habitants et plus adoptent des mesures afin d’aménager des communautés favorables à la sécurité et à la mobilité durable, aux saines habitudes de vie ainsi qu’à la qualité de vie de leurs résidents.
  • Accroître l’offre de logements abordables, sociaux et communautaires de 49 %.
  • Faire passer de 21 % à 10 % la proportion de fumeurs quotidiens et occasionnels.
  • Atteindre un niveau élevé de bien-être émotionnel et psychosocial chez au moins 80 % de la population.
  • Augmenter de 18 % le nombre d’aînés recevant des services de soutien à domicile.
  • Atteindre une consommation minimale de cinq fruits et légumes chaque jour, chez plus de la moitié de la population.
  • Faire bondir de 20 % la proportion de jeunes âgés de 12 à 17 ans actifs durant leurs loisirs et déplacements.
  • Réduire de 10 % l’écart de mortalité prématurée entre les personnes les plus défavorisées et les plus favorisées sur le plan socioéconomique. (La mortalité prématurée fait référence aux décès qui surviennent à un âge relativement jeune.)

L'argent, le nerf de toute politique

L'annonce de cette nouvelle Politique a été rapidement saluée par plusieurs organisations. Par voie de communiqué, le nouveau Regroupement pour un Québec en santé a particulièrement souligné  le fait que cette Politique « reconnaisse sans équivoque l'importance des saines habitudes de vie dans les stratégies de prévention en santé ainsi que la nécessité d'adopter une approche multisectorielle qui implique plusieurs ministères. »

Le Regroupement a toutefois insisté sur le fait que les investissements actuellement prévus, soit 76,1  millions $ d’ici 2025, sont largement insuffisants pour atteindre les cibles énoncées. L'organisation a réitéré ses propositions pour générer de nouveaux revenus : l'augmentation de la taxe actuelle sur le tabac et l'imposition d'une nouvelle taxe sur les boissons sucrées, dont les revenus seraient investis en prévention.

Pour en savoir plus :

Politique gouvernementale de prévention en santé

Sources : Communiqué de presse , La PresseTVA Nouvelles