Santé et services sociaux

Réduire le prix des aliments – et en taxer d’autres – peut influencer les choix des consommateurs

Réduire le prix des aliments – et en taxer d’autres – peut influencer les choix des consommateurs

Ressource

Diminuer le prix des aliments sains et taxer les produits malsains sont des stratégies efficaces pour inciter les populations à mieux manger, concluent des chercheurs ayant analysé les résultats de 30 études.

Françoise Ruby

Françoise Ruby

JOURNALISTE | 100º

Cette méta-analyse est particulièrement intéressante parce qu’elle est la première à quantifier l’effet de ces deux mesures. Les auteurs ont en effet pu établir un lien chiffré entre la modification du prix des aliments et les achats des consommateurs.

L’effet d’une réduction du prix des aliments sains

L’analyse de 19 études a permis de constater que chaque réduction de 10 % du prix des aliments sains faisait augmenter leur consommation de 12 %. Dans le cas des fruits et des légumes, l’augmentation atteignait 14 %. Les auteurs considèrent que le niveau de preuve de l’efficacité de cette mesure est excellent.

L’effet de la taxation des aliments malsains

En regroupant les résultats de 11 études, les chercheurs ont calculé qu’une augmentation du prix de 10 % avait entraîné une baisse de 6 % de la consommation des aliments malsains. Le niveau de preuve de l’efficacité de cette mesure est toutefois moins élevé que celui de la réduction des aliments sains.

Des économies pour le système de santé

L’auteur principal de cette méta-analyse a déclaré que la mondialisation de l’alimentation hypothèque lourdement la santé humaine. Selon lui, subventionner les aliments sains et taxer les produits malsains sont des moyens efficaces de mieux refléter leurs coûts sociaux réels et de réduire les dépenses publiques en santé.

Un point avec lequel des chercheurs australiens sont tout à fait en accord. Ceux-ci ont en effet récemment publié une étude de modélisation qui conclut que la combinaison des deux mesures entraînerait des économies de 3,4 G$ pour le secteur de la santé.

Notez qu’une étude récente confirme que la taxe sur les boissons sucrées instaurée en 2014 au Mexique, continue d’en réduire la consommation.