Jouer dehors

6 pistes d’action pour favoriser le jeu extérieur des 0-5 ans

Le 30 mai 2017

Comme éducateur ou gestionnaire dans un service de garde éducatif à l’enfance, vous savez l’importance du jeu actif à l’extérieur pour les tout-petits. Mais comment leur offrir davantage d’occasions de jouer dehors? Entre la sieste, les collations, les aléas de la météo et les risques que cela comporte, les défis peuvent sembler nombreux. Voici 6 pistes pour passer à l’action!

 Jouer dehors est essentiel au développement sain de l’enfant. Pourtant, la recherche démontre qu’il y a une baisse considérable du nombre d’heures que les tout-petits passent à l’extérieur. Face à ce constat, l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) encourage le milieu à favoriser le jeu libre et actif pour le développement global des enfants.

1- Identifier les freins et les défis

L’importance et les bénéfices du jeu extérieur ont été minimisés au fil des années, si bien que cette nouvelle tendance à laisser les enfants jouer dehors librement bouleverse les habitudes et les pratiques des services de garde éducatifs, en plus d’entraîner son lot d’appréhensions et de défis organisationnels. Personnel éducateur et gestionnaires ont un rôle déterminant à jouer pour favoriser le jeu actif en extérieur. Discuter ensemble des freins et des bénéfices à passer plus de temps en plein air avec les enfants est la meilleure façon d’entreprendre une démarche pour développer un milieu éducatif favorable au jeu extérieur.

enfant joue dans les feuilles

2- Repérer les environnements favorables

Peu importe la saison, les tout-petits devraient avoir accès tous les jours à des espaces de jeu à l’extérieur. Un site idéal doit être suffisamment vaste pour permettre aux enfants d’exécuter d’amples mouvements et de faire des activités physiques soutenues, comme grimper, courir ou se rouler dans le gazon. Une grande cour, un parc municipal ou un terrain de balle offrent aux enfants autant d’occasions de varier l’intensité de leur jeu et de développer leur agilité. Les sites en pleine nature, comme les parcs provinciaux ou nationaux, les boisés, les vergers ou les jardins botaniques, sont particulièrement riches pour le développement des enfants. En plus de procurer des défis physiques, ils permettent aux tout-petits d’explorer l’environnement naturel et de vivre des expériences multisensorielles diversifiées.

3- Encourager le jeu libre

Depuis les années 1980, le temps alloué au jeu libre amorcé par l’enfant n’a cessé de diminuer pour faire place à des activités dirigées par l’adulte. Or, on constate que c’est lorsque les enfants prennent l’initiative de leurs activités que leur développement est optimal. Comme le précise Geneviève Bélisle, directrice générale et chef de l’exploitation à l’AQCPE, « les enfants sont plus actifs quand ils ont accès à du matériel amovible, comme des ballons ou des cerceaux, et quand ils se sentent libres dans un environnement naturel sans structures de jeu. » Les enfants ont besoin d’expérimenter et d’explorer par eux-mêmes. Le jeu libre et actif développe non seulement la motricité, il est aussi une voie privilégiée pour l’enfant de grandir sur les plans psychomoteur, intellectuel, socio-affectif et langagier.

« Ce qui est important à la base, c’est que les enfants soient bien habillés et d’avoir une trousse de sécurité. Après ça, on a besoin de peu de choses pour que les enfants vivent une expérience intéressante. »

Geneviève Bélisle

enfant joue dehors en hiver

4- Jouer dehors beau temps, mauvais temps

Le mauvais temps, le froid ou la chaleur ne devraient pas constituer des freins pour amener les enfants jouer à l’extérieur. Les changements naturels sont particulièrement stimulants pour les enfants et l’adaptation aux différences de température est un moyen de renforcer leur résistance et leur défense immunitaire contre les maladies. Même les jours de pluie, une toile cirée tendue entre des branches peut permettre de prendre sa collation dehors, bien au sec. Hiver comme été, Il est essentiel toutefois que les enfants soient habillés et chaussés adéquatement, et bien protégés contre le froid ou le soleil pour profiter au maximum du jeu à l’extérieur. Il convient de demander aux parents d’apporter des vêtements de rechange adaptés aux différentes conditions climatiques.

5- Impliquer les parents

Des parents bien informés sont les meilleurs alliés d’une démarche pour favoriser le jeu libre et actif à l’extérieur. Certains peuvent craindre que leur enfant ait froid, se blesse ou revienne sale à la maison. Il importe de rassurer les parents et de dissiper leurs appréhensions en prenant le temps de leur présenter le projet et les bienfaits de jouer dehors par tous les temps. Leur collaboration sera en effet beaucoup plus grande s’ils comprennent bien les orientations du service de garde sur le jeu extérieur. Des rencontres ou une lettre aux parents seront utiles pour les mettre dans le coup!

6- Assumer la prise de risque

On surprotège les enfants dans tous les secteurs de la vie collective. Pourtant, les tout-petits doivent avoir l’opportunité de prendre des risques au quotidien et de relever des défis pour se développer. En les écartant du moindre danger lorsqu’ils sont sous notre responsabilité, on ne leur apprend pas à gérer le risque. Les éducateurs doivent donc pouvoir évaluer la dangerosité réelle et faire preuve d’une sécurité bien dosée afin de ne pas entraver le jeu des enfants. En créant des environnements favorables au jeu libre et actif, les services de garde permettent à chaque enfant de s’aventurer dans toutes les sphères de son développement.

L’engagement du personnel éducateur est un incontournable pour favoriser le jeu libre et actif de l’enfant. L’important est de se mobiliser et d’y aller graduellement. Vous verrez, les possibilités de jeu en extérieur sont infinies et ses bienfaits le sont tout autant.