Agroalimentaire

Un nombre croissant de villes repensent leur système alimentaire

Le 27 février 2017

Les villes sont de plus en plus nombreuses à revoir leur système alimentaire afin de le rendre plus local et plus durable.

Selon un rapport étoffé, le succès de cette démarche repose sur une collaboration avec le secteur privé, mais aussi avec des partenaires dont le mandat n’est pas directement relié à l’alimentation.

Par exemple, à Bristol, en Angleterre, les entreprises qui désirent décrocher les contrats de restauration des hôpitaux et des écoles doivent répondre à de nombreux critères, dont plusieurs sont reliés à l’approvisionnement régional.

À Rotterdam, les sociétés de logement social et des promoteurs privés contribuent au développement de l’agriculture urbaine.

À Quito en Équateur, les supermarchés ont l’obligation d’offrir au moins 11 % de produits provenant de petites entreprises ou de producteurs artisanaux.

Le système alimentaire de chacune de ces villes fait l’objet d’une étude de cas détaillée, en annexe d’un remarquable rapport de 121 pages, publié par la RUAF Foundation1. Bien écrit, ce document est toutefois impossible à résumer. En voici quelques bribes.

Vers des systèmes alimentaires 3.0

Comme le souligne le rapport, il existe actuellement 2 types de systèmes alimentaires.

Le « système 1.0 » est présent dans les pays où la majorité de la population habite en milieu rural : les aliments sont peu transformés et principalement issus d’une production locale ou nationale, et leur commercialisation repose en majorité sur de nombreux petits producteurs et acteurs informels.

Le « système 2.0 » est présent dans les pays et villes plus industrialisés dont l’approvisionnement alimentaire repose sur le commerce national et international. La chaîne d’approvisionnement y est plus centralisée et consolidée, repose moins sur un approvisionnement local et offre davantage d’aliments transformés que celle d’un système 1.0.

Le rapport invite les villes à passer au « modèle 3.0 » qui réunit les aspects les plus intéressants des modèles 1.0 et 2.0. Il s’agit d’un système alimentaire relocalisé qui favorise les circuits courts et qui tient compte des effets de l’alimentation sur la santé, le développement social et économique, et l’environnement.

Un enjeu rassembleur

Le rapport de la RUAF Foundation met l’accent sur la nécessaire implication des petites et moyennes entreprises dans l’amélioration des systèmes alimentaires urbains, mais souligne aussi le rôle essentiel que peuvent jouer les villes et les citoyens.

Un des nombreux exemples cités par les auteurs est celui de Toronto : le règlement de zonage y a été récemment modifié afin de permettre l’ouverture de commerces au pied des tours d’habitation de plus de 100 logements et la tenue de marchés fermiers temporaires sur les lieux. Un des objectifs de cette mesure est de faciliter l’accès à des aliments frais.

Les auteurs soulignent également que ce rapport contient de précieuses informations et recommandations pour toutes les villes ayant signé le Pacte de politique alimentaire de Milan.

1 La RUAF Foundation est un partenariat international dédié à l’agriculture urbaine et aux systèmes alimentaires durables. Parmi les membres de ce partenariat, on compte l’Université Ryerson à Waterloo (Ontario) et le Toronto Food Policy Council. Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada participe au financement de cette organisation.

 

Source : The role of private sector in city region food systems. RUAF Foundation, décembre 2016.