Territoire et alimentation

Zoom sur le système alimentaire de la région de Québec

Le 24 novembre 2019

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Quelle est la proportion d’aliments locaux consommés dans la grande région de Québec ?  L’accès aux aliments sains y est-il équitable ? Que se passe-t-il entre le moment où un brocoli est planté au champ et celui où la partie fibreuse de son pied est compostée ? Un récent rapport, qui dresse portrait très complet du système alimentaire de la grande région de Québec, tente de répondre à ces questions, dans le but de le rendre plus durable et plus territorialisé.

Région de la Chaudière-Appalaches

Le système alimentaire d’une région est au cœur d’une série d’enjeux de santé publique, d’économie, d’environnement, de droits de la personne et de culture. Ce portrait de la production et du parcours des aliments dans les régions de la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches est publié dans le cadre du projet Vers une alimentation territorialisée et durable.

Ce rapport repose, en partie, sur plusieurs mémoires et essais réalisés par des étudiantes et étudiants de 2e et de 3e cycle de l’Université Laval. De plus, une dizaine d’initiatives issues du milieu communautaire ont fait l’objet d’une étude de cas.

La forêt nourricière de Saint-Ubalde

Des initiatives d’autoproduction

Le portrait du REPSAQ inclut un volet sur les initiatives d’autoproduction locales et régionales qui sont en plein essor partout au Québec. En voici quelques-unes en cours dans le territoire visé :

  • Les forêts nourricières des municipalités de Saint-Ubalde, Saint-Raymond et Portneuf.
  • Le potager-école à Cap-Saint-Ignace.
  • Les jardins communautaires mis sur pied par le Centre-Femmes aux plurielles à La Malbaie.
  • Les jardins collectifs animés par l’OBNL la Tomate joyeuse dans l’arrondissement de Charlesbourg.
  • Le projet maraîcher communautaire les Grands Jardins d’Alexandre, à Baie-Saint-Paul.

Jardin collectif La tomate joyeuse

Insécurité alimentaire : 50 000 personnes par mois

La section du rapport intitulée « Distribution alimentaire non marchande », porte sur les services d’aide alimentaire. Les 225 organismes communautaires et caritatifs de la région de la Capitale-Nationale soutiennent chaque mois 36 000 personnes en situation d’insécurité alimentaire. De plus, dans la Chaudière-Appalaches, Moisson Beauce a aidé plus de 15 000 personnes par mois en 2018, une augmentation de plus de 500 % par rapport à 2006, notent les auteurs du rapport.

Les maillons du système alimentaire

Un portrait de l’offre alimentaire par rapport aux besoins

Une évaluation du potentiel de couverture des besoins alimentaires locaux par la production locale, effectuée en 2018 permet de comparer les volumes d’aliments produits et consommés dans la région. Résultats : cette dernière s’avère très déficitaire en céréales pour la consommation humaine et en légumes (sauf les pommes de terre), et très excédentaire en produits animaux, particulièrement la viande de porc et de veau, ainsi que le lait.

Toutefois, la population ne consomme qu’une certaine quantité d’un aliment, même s’il s’en produit plus sur le territoire. En s’appuyant sur les données de consommation réelle — quels aliments les gens mangent et en quelles quantités —, la chercheuse a calculé que la véritable adéquation entre ce qui est produit et ce qui est réellement consommé dans la grande région de Québec est de 38 %.

Marché Sainte-Foy – Crédit photo ; Nicolas Delucinge

Une riche documentation

La section Documentation issue du projet REPSAQ rassemble une mine d’informations et de données sur lesquelles reposent le rapport : mémoires et essais, présentations, études de cas, outils méthodologiques et un remarquable répertoire des initiatives de proximité qui visent à reterritorialiser le système alimentaire de la grande région de Québec.

Ce rapport est publié dans le cadre du projet Vers une alimentation territorialisée et durable, mené par un partenariat entre une équipe interdisciplinaire de recherche de l’Université Laval et 14 organismes gouvernementaux et non gouvernementaux des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches.

Manon Boulianne et collab (2019). Vers une alimentation territorialisée et durable – Le système alimentaire de la grande région de Québec, de la production agricole à la gestion des résidus : enjeux, questions, portrait. Rapport de recherche. Québec, Université Laval.



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