Développement durable

Agriculture urbaine: 3 organisations engagées pour cultiver la ville de demain

Le 2 mai 2019

Télécharger le PDF

L’agriculture urbaine gagne en popularité depuis quelques années, si bien qu’elle se répand un peu partout au Québec. Ainsi, les événements de réseautage sur ce thème sont particulièrement utiles pour favoriser les échanges d’idées, de techniques, et développer des partenariats entre les différents acteurs du milieu.

Lors d’une récente soirée de conférences organisée par le comité des Bâtisseurs Écologiques de l’Avenir (BÉA), des conférenciers connus dans le domaine de l’agriculture urbaine y partageaient leur expertise.

batisseurs ecologiques de l'avenir

Le succès de l’événement est notamment attribuable à la coordination d’Hugues-Antoine Dubé, ingénieur junior en mécanique du bâtiment et président du comité des BÉA depuis 2017. Par son rôle de président, il souhaite principalement « transmettre la passion du bâtiment durable à la nouvelle génération de professionnels et d’étudiants dans le milieu du bâtiment. » Selon lui, une des façons d’y parvenir consiste en l’organisation d’événements ralliant des acteurs pertinents de différents milieux.

« Nous voulons transmettre du savoir, mais de manière plus importante, nous voulons faire rêver les gens en leur présentant les sujets de l’heure et en les exposant aux meilleures solutions dans le domaine du bâtiment durable », précise-t-il. À son avis, le bâtiment durable est un incontournable dans la lutte aux changements climatiques. « Le bâtiment du futur est conçu aujourd’hui puisque celui-ci restera en fonction pour les 50, voire même les 100 prochaines années », ajoute-t-il.

Fertiliser les jardins oubliés

Parmi les conférenciers, il y avait notamment Orlane Panet-Gigon, cofondatrice de MicroHabitat. L’entreprise vise à optimiser l’utilisation d’espaces inexploités (les toits surtout) par l’entremise de potagers urbains, que ce soit pour un particulier, une école ou même un commerce. « On a constaté que les entreprises manquaient de temps, d’expertise et de main-d’œuvre », explique Orlane Panet-Gigon.

Orlane Panet – Potager hôtel InterContinental | Crédit photo : Magali Rack

Ainsi, selon les besoins et désirs des clients, l’équipe de MicroHabitat s’occupe de l’entretien et de la récolte, voire la livraison des aliments à l’interne. Puis, les récoltes servent non seulement à approvisionner la cuisine de l’école ou de l’entreprise, mais aussi à mobiliser les élèves ou les employés autour d’une activité commune. C’est un contexte très favorable au « team building », pour créer des espaces de détente et de milieux de travail ou d’étude plus cléments. Au final, ces potagers servent tant à mobiliser les citoyens, verdir la ville et améliorer les habitudes de vie. Qui plus est, pour chaque jardinière vendue, 1 $ est remis au Club des petits déjeuners, et une partie de la production est parfois redistribuée à des organismes de bienfaisance.

Verdir la métropole

Aussi présent à l’évènement, le chercheur Jean-Philippe Vermette y présentait le Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB) dont il est le cofondateur. L’AU/LAB guide les entreprises et les municipalités dans l’adoption de stratégies d’agriculture urbaine et dans le changement de la réglementation connexe. Le laboratoire souhaite entre autres que l’installation de serres soit permise dans tous les quartiers de Montréal, comme le projet Vignes en ville, en partenariat avec la SAQ. Les Montréalais pourront bientôt découvrir des cépages québécois cultivés à même le toit du Palais des congrès.

Vignes en pots sur le toit du Palais des congrès | Crédit photo: François Grenier, 100°

À l’idée de voir l’agriculture urbaine prendre de plus en plus de place dans la métropole, Jean-Philippe Vermette tenait à apporter un bémol. « L’agriculture urbaine ne devrait pas être un vecteur d’embourgeoisement », dit-il. Ainsi, le fait d’ajouter un volet agriculture urbaine au développement de projets immobiliers contribue inévitablement à augmenter le prix des loyers, au détriment de certains Montréalais. Il précise que nous devons aussi demeurer vigilants par rapport à la mise en marché de produits issus de ce type d’agriculture. « On doit se questionner sur les retombées possiblement néfastes de cette pratique, ajoute Jean-Philippe Vermette. Est-ce que les petits pots de confiture de fruits récoltés dans nos jardins urbains coûtent 8 $ l’unité ? Ces produits s’adressent-ils à une clientèle de luxe, alors même qu’on tente d’enrayer l’insécurité alimentaire ? »

D’après lui, il reste encore beaucoup de sensibilisation et de formation à faire auprès des entrepreneurs et des citoyens. C’est entre autres pourquoi AU/LAB offre des séminaires et conférences, autant d’occasions de partager les innovations québécoises et les découvertes en agriculture urbaine.

Pour prendre part à d’autres événements du même genre, abonnez-vous aux pages Facebook du Conseil du bâtiment durable du Canada — Québec ou des Bâtisseurs Écologiques de l’Avenir. Pour suivre les actualités en matière d’agriculture urbaine jetez un coup d’œil au blogue d’AU/LAB. Consultez également le Guide de l’agriculteur urbain afin de cultiver la ville de demain, dès aujourd’hui.



Télécharger le PDF

Ce sujet vous intéresse ?

Visionnez la conférence de Jean-Philippe Vermette « Un quartier nourricier »

Jean-Philippe Vermette