Nouvelle étude

Aliments ultra-transformés : le danger croît avec l’usage

Le 4 juillet 2019

La surconsommation d’aliments ultra-transformés, au sein de la population canadienne, est associée à l’obésité, au diabète et à l’hypertension artérielle, révèle une nouvelle recherche commandée par Cœur + AVC.

Pour la première fois, au Canada, une étude démontre que les adultes qui consomment les plus grandes quantités d’aliments ultra-transformés courent un risque accru de souffrir d’obésité (31 %), de diabète (37 %) et d’hypertension artérielle (60 %). Des résultats qui sont d’ailleurs conformes à ce que viennent de révéler de récentes études menées en France et en Espagne.

Ultra-transformation = mauvaise alimentation

En vertu de la classification NOVA, les aliments ultra-transformés sont issus de substances qui sont dérivées de plantes ou d’animaux et qui entrent ensuite dans la composition de préparations auxquelles on ajoute certains additifs pour leur donner de la texture et du goût. Autrement dit, ces produits industriels contiennent peu d’aliments intacts, voire aucun. Ils n’ont pas été apprêtés en cuisine, mais en usine !

Les produits ultra-transformés, quand on les compare à des quantités égales d’aliments peu ou pas transformés, contiennent généralement deux fois plus de calories, trois fois plus de sucres libres et deux fois plus de sodium, mais fournissent beaucoup moins de protéines, de fibres, de vitamines et de minéraux. Donc, en matière de valeurs nutritives, non seulement les ultra-transformés ne correspondent pas à une alimentation saine, mais en plus, ils prennent la place de bons aliments qui, eux, pourraient apporter des bienfaits pour la santé.

Surconsommation et ultra-transformation

Omniprésents, peu coûteux et largement publicisés, les aliments ultra-transformés occupent une bien trop grande place dans l’assiette des Canadiens. Chez les adultes, cette proportion se chiffrait, en 2015, à environ 47 % de l’apport quotidien en calories, tandis que chez les 9 à 13 ans, elle dépassait les 57 %. Selon les auteurs de cette nouvelle étude, ces chiffres sont alarmants. C’est pourquoi ils pressent les gouvernements de prendre des mesures pour endiguer la prolifération des aliments ultra-transformés, emballés et prêt-à-manger.

« Il est temps de transformer notre environnement alimentaire pour aider la population à faire des choix sains en cuisinant plus souvent et en choisissant des aliments entiers et peu transformés. Nous devons mettre en œuvre des politiques comme l’étiquetage nutritionnel obligatoire sur le devant des emballages et des restrictions en matière de publicité d’aliments et de boissons destinée aux enfants. » – Yves Savoie, chef de la direction nationale de Cœur + AVC

À ce chapitre, Cœur + AVC rappelle que, à l’échelle mondiale, le Canada est le deuxième plus important consommateur d’aliments et de boissons ultra-transformés, après les États-Unis. Et ce rang peu enviable a un coût : on estime à 26 milliards de dollars par année les dépenses entraînées par les maladies liées à l’alimentation des Canadiens. En investissant dans la prévention et en faisant la promotion d’une saine alimentation, les gouvernements pourraient réaliser des économies colossales tout en désengorgeant le système de santé.