Montréal

Jardins pédagogiques: la Techno-ferme du Collège Villa Maria

Le 2 mai 2019

Dans le but d’inviter l’écologie à l’école, c’est en 2018 que le Collège Villa Maria lance son programme Techno-ferme, un véritable jardin écolier qui sert d’outil d’apprentissage. Par l’entremise de diverses activités, les jeunes se familiarisent avec les concepts d’écocitoyenneté, de développement durable, d’approvisionnement local, d’agriculture urbaine et de compostage dans cette activité parascolaire gratuite.

La raison d’être de la Techno-ferme

L’institution a cru bon de mettre en place un tel projet pour répondre à trois besoins principaux. Tout d’abord, le programme Techno-ferme permet d’accroître les opportunités d’apprentissage et d’activité physique en plein air pour les élèves. Deuxièmement, il met ainsi à profit de nombreuses parcelles de jardin inutilisées sur le terrain de l’école. Et troisièmement, elle permet aux jeunes de tisser des liens d’autant plus serrés avec leurs cours théoriques.

techno-ferme

« Sachant que de nombreux élèves s’intéressent beaucoup à la biologie et au monde vivant, nous avons voulu établir des liens entre le programme et les activités scientifiques de l’école secondaire qui touchent aussi notre écosystème local, explique André Cholmsky, responsable du projet de la Techno-ferme et enseignant en sciences et technologies au Collège Villa Maria. [Cela permet aussi] d’accroître la motivation des élèves et leur intérêt pour leurs études. Nous souhaitions enseigner de façon innovante. »

Transformer les obstacles en défis

Implanter un programme d’une telle envergure au sein d’une école secondaire dont le cursus est déjà bien rempli pourrait en inquiéter quelques-uns. « L’un des principaux défis à relever dans la mise en œuvre du programme Techno-ferme était qu’une grande partie de la saison de jardinage se déroule à l’extérieur de la période durant laquelle les élèves du secondaire suivent leurs cours, ajoute André Cholmsky. Du début juin à la fin août, les élèves sont soit occupés par les examens, soit en vacances d’été. » En effet, les plantes ne s’arrêteront pas de pousser parce que c’est l’heure des vacances scolaires !

Comme solution à cet obstacle somme toute considérable, les organisateurs ont misé sur le développement de partenariats avec des organisations locales, comme le programme de leadership environnemental des jeunes C-Vert du YMCA. Les stagiaires du YMCA poursuivent ainsi durant l’été les projets entrepris par les élèves du collège Villa Maria durant l’année scolaire, puis les rôles s’inversent à la prochaine rentrée scolaire. Puis, pour assurer une certaine constance dans les activités auxquelles les élèves peuvent participer, le projet de compostage a été mis en place. « Les élèves participent à tous les aspects de ce volet du projet Techno-ferme, de la collecte des déchets compostables dans les salles de classe et à la cafétéria, à la construction et au déploiement de bacs à compost extérieurs, qui comprennent des capteurs construits par les élèves pour surveiller le processus du compostage, poursuit-elle. Cette activité se déroule tout au long de l’année scolaire, avant les vacances d’été. »

Et l’impact sur les jeunes ?

Il va sans dire, préoccupés par les enjeux environnementaux, les jeunes d’aujourd’hui sont de plus en plus intéressés par l’agriculture urbaine et l’impact environnemental de nos habitudes de vie. « La participation accrue des élèves a fait augmenter le nombre de jours de collecte à la cafétéria, de bacs de collecte dans les salles de classe et de postes de lombricompostage, au point où nous n’arrivons plus à répondre à la demande des élèves, raconte Monsieur Cholmsky. Il s’agit de l’un de ces beaux “problèmes” dont nous nous réjouissons, évidemment. » Des jeunes qui s’impliquent avec enthousiasme dans la gestion des matières résiduelles, on aime ça !

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« Le projet Techno-ferme est une initiative incroyable à laquelle mes amis et moi avons pris part, témoigne Alissa Couture, élève de 3e année du secondaire au Collège Villa Maria. Je suis ravie de la manière dont tous les élèves travaillent ensemble pour aider à lancer des projets intéressants. Cela me permet d’approfondir mes connaissances sur de nombreux sujets. J’ai hâte de retourner au jardin et de travailler activement à améliorer l’environnement de notre école ! Une fois les projets terminés, je ressens un sentiment de réussite, sachant que j’ai aidé notre école et l’environnement. » Et la jeune Alissa n’est pas la seule au Collège Villa Maria à avoir hâte à la rentrée scolaire pour retrouver la Techno-ferme. Comme quoi il est tout à fait possible d’apprendre en s’amusant.

Voici donc un exemple concret et inspirant qui illustre parfaitement la pertinence d’inclure des notions pratiques d’écologie au cœur des activités scolaires. C’est un legs majeur dans la vie des jeunes qui commencent dans la vie en pleine conscience de l’importance de prendre soin de nous et de notre environnement.