Santé environnementale

Le plogging, une tendance qui est là pour rester

Le 17 septembre 2019

Apparu en Europe il y a quelques années à peine, le plogging gagne de plus en plus d’adeptes au Québec, de Gatineau à la Baie-des-Chaleurs. À quelques jours de la 5e édition du rendez-vous montréalais du plogging, zoom sur cette nouvelle pratique sportive, bénéfique non seulement pour la santé de ceux qui la pratiquent, mais aussi pour celle de la planète.

Plogging*, course aux déchets, détritrotte ou éco-course : autant d’appellations pour désigner la course ou la marche à pied au cours de laquelle sont ramassés au passage les déchets qui jonchent le sol. Cette pratique coutumière à certains trailers, amoureux de la nature ou autres citadins, s’est muée en Europe en une véritable activité sportive et citoyenne et se déploie partout dans le monde depuis 2016 sous l’impulsion d’une forte médiatisation.

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Un mouvement en croissance

Le Québec ne fait pas exception : entre amis, voisins, collègues, sportifs ou personnes désireuses de faire leur part en faveur de l’environnement, le plogging prend progressivement de l’ampleur dans la province.

Une évolution qu’observe Cynthia Bouchard-Gosselin de l’association québécoise Zéro Déchet (AQZD) et coorganisatrice de la Course aux déchets, qui a eu lieu dans plusieurs régions du Québec à l’occasion du Jour de la Terre. Une trentaine de groupes de ploggeurs ont ainsi vu le jour de manière plus ou moins structurée au cours des deux dernières années, de Gatineau à la Baie-des-Chaleurs en passant par Val-d’Or, Sherbrooke, Québec ou le Lac Saint-Jean. On trouve parmi eux Plogging Montréal ; comme souvent ailleurs, ce groupe est géré via les réseaux sociaux par quelques bénévoles qui invitent les intéressés à participer à une sortie informelle de plogging et à publier les photos des déchets ramassés pour l’occasion.

Plus récemment enfin, un nouveau groupe montréalais s’est formé sous l’égide de Run Eco Team, une communauté internationale de ploggeurs née en France en 2016 d’une initiative individuelle. Cette dernière a rapidement pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux, au point tel d’attirer l’attention de Mark Zuckerberg, d’être désignée meilleure histoire 2016 sur Facebook et de compter actuellement plus de 80 000 ploggeurs dans 105 pays.

« L’idée est de démocratiser ce mouvement à travers des événements », souligne James Guilbaud, l’initiateur-bénévole de Run Eco Team à Montréal. Ces événements permettent en effet d’interpeller les gens et de stimuler leur curiosité pour ultimement les inciter à faire leur part, seuls ou en groupe. À l’occasion par exemple du prochain plogging montréalais organisé par Run Eco Team le 21 septembre pour la Journée mondiale du nettoyage de la planète. « Nous prévoyons 120 participants à cette sortie qui comprendra 3 ou 4 groupes sur différents parcours d’une heure. » Il est par ailleurs prévu qu’en fin de parcours, les participants trieront des déchets après avoir pesé les détritus récoltés par chaque groupe pour identifier les zones les plus sensibles aux déchets.

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Un sport accessible à tous pour agir en faveur de l’environnement

L’atout du plogging repose sur son accessibilité à tous : coureurs aguerris, marcheurs du dimanche, familles ou encore aînés, tout le monde peut y participer à son rythme et à sa manière. Un exercice physique à part entière que complètent les flexions sur jambe au rythme des déchets ramassés, nombreux, comme le confirme Stéphanie Desmeules, ambassadrice 100° et ploggeuse en Estrie : « Quand on commence à regarder le sol, on constate à quel point il y a bien plus de déchets que l’on pensait au départ ! »

Sur le terrain, les détritus se composent principalement de bouteilles en plastique, mégots, morceaux de verre, papiers, canettes et tasses en plastique. Abandonnés partout sans exception, on les trouve aussi bien dans les parcs, les quartiers touristiques, les forêts, les zones commerciales et industrielles, les stationnements ou les berges. De quoi récupérer, selon Stéphanie Desmeules, un à cinq sacs de déchets par personne en fin de course. À Montréal, les quatre premières éditions de plogging organisées depuis le printemps dernier par Run Eco Team en collaboration avec Plogging Montréal ont quant à elles permis de ramasser de 19 kg à 52 kg de déchets selon les sorties, chacune d’une durée d’une heure seulement.

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L’avenir du plogging au Québec

À terme, James Guilbaud souhaite déployer cette démarche de sensibilisation ailleurs au Québec par l’entremise d’ambassadeurs locaux. L’ambition est également de la transposer dans d’autres contextes, entre collègues par exemple, et surtout auprès des écoles, cégeps et universités. Run Eco Team a développé à cette fin un programme spécifique et gratuit en France, où près de 300 étudiants et leurs professeurs ont récemment participé à un plogging dans les rues de Nantes. Un événement que James Guilbaud compte proposer au Québec cet automne ou au printemps prochain.

Pour l’heure, s’il est encore nécessaire de généraliser la pratique du plogging au Québec, Cynthia Bouchard-Gosselin croit que le mouvement qui se développe actuellement est bien là pour perdurer dans la province. Le plogging inspire d’ores et déjà d’autres activités, à l’instar de la course aux déchets sur eau organisée cet été sur des rabaskas au Canal Lachine à Montréal par l’Organisation bleue, un organisme de sensibilisation pour l’environnement. À la pêche, en planche à roulettes, à la nage, en kayak ou à vélo, les possibilités s’avèrent finalement nombreuses avec un peu d’imagination.

*association des mots « jogging » et « plocka upp »  (ramasser en suédois)

Crédits photos: Run Eco Team

 

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