Santé et services sociaux

Coronavirus 101: notions essentielles pour comprendre comment freiner sa propagation

Coronavirus 101: notions essentielles pour comprendre comment freiner sa propagation
François Grenier

François Grenier

JOURNALISTE | 100º

Vous travaillez auprès de la population et avez à cœur la santé de tous? Beaucoup de personnes autour de vous manifestent de l’inquiétude et s’interrogent sur les raisons des mesures d’hygiène, de confinement et de distanciation sociale? Voici des informations de base pour aider les gens à mieux comprendre comment fonctionne un virus.

C’est quoi un virus?

Un virus se compose d’une enveloppe faite de protéines. Ce que l’on appelle une capside. Autrement dit, c’est une sorte de capsule qui contient du matériel génétique, soit de l’ADN ou de l’ARN. Et c’est tout. Donc, un virus ne peut pas se nourrir. Il ne peut pas grandir ni se diviser. Il est inerte et placé littéralement à la limite du vivant. Alors, pour se multiplier, il a besoin du concours de toute une machinerie cellulaire. C’est pourquoi on dit qu’il est le parasite absolu de la cellule.

La capside du virus est hérissée de protéines que l’on compare souvent à des clés. Ces clés sont seulement compatibles avec certaines serrures qui se retrouvent à la surface de certaines cellules. C’est dire que le virus est un parasite assez spécialisé puisqu’il ne s’attache qu’à des récepteurs cellulaires très spécifiques.

Une fois des milliers

Lorsque la cellule laisse entrer, soit le matériel génétique du virus, soit le virus en entier (capside incluse), cela entraîne une reprogrammation de son fonctionnement. Dès lors, toutes les ressources de la cellule sont mises à contribution pour répliquer le plus grand nombre possible de virus, jusqu’à son épuisement ou littéralement son explosion.

Une seule cellule infectée peut ainsi produire des centaines de milliers de copies du virus initial qui à leur tour font infecter d’autres cellules, qui elles-mêmes vont produire de multiples copies du virus… Et c’est de la sorte que débute l’infection. Sauf que bien vite, le système immunitaire va s’interposer. En plus de traquer les virus qui circulent librement, il va aussi s’affairer à détruire les cellules infectées. En cas de succès, c’est la guérison. Sinon…

Le corps social

Maintenant, regardons les choses par l’autre bout de la lorgnette. On peut dire qu’une population donnée forme littéralement un corps social composé de multiples individus. Et que l’apparition d’une maladie, au sein de cette population, peut avoir, selon les cas, des conséquences plus ou moins graves sur son organisation, sa cohésion. C’est pourquoi certains n’hésitent pas à dire qu’une épidémie est une maladie sociale. Dans le cas d’une pandémie, la seule différence serait que la maladie est mondiale.

Cette analogie permet de mieux comprendre l’utilité de la distanciation sociale. Car il s’agit d’un sacrifice individuel qui est demandé pour protéger l’ensemble de la communauté. En effet, les chances pour un individu sain de souffrir de complications graves découlant de la COVID-19 sont minces. Mais les risques de contaminer d’autres personnes sont très grands. Surtout qu’un porteur sur quatre du virus serait asymptomatique. Ça veut donc dire que la personne est soit parfaitement saine, ou pas encore malade, mais, dans un cas comme dans l’autre, elle serait quand même contagieuse.

Si une personne en infecte deux, et que ces deux personnes en infectent aussi deux, ça fait un total de 7. Mais on ajoute 4 cycles de transmission (8, 16, 32, 64) on arrive à un total de 127 individus. Par contre, si le patient zéro, au début de la chaîne, n’infecte qu’une seule personne, alors au bout du même cycle on ne comptera que 65 personnes infectées. Voilà à quoi sert la distanciation sociale : à limiter les occasions de contaminer d'autres personnes. Parce que chaque petit geste compte.

Autre point faible

La capside du virus se compose principalement de couches de lipides. Autrement dit du gras. Et le savon est excellent pour dissoudre le gras. En se savonnant les mains, on dissout graduellement l’enveloppe protectrice du virus, ce qui le rend totalement inoffensif. D’où l’importance de bien se savonner les mains pendant un bon 20 secondes.