Santé publique

Encourager l’activité physique en milieu défavorisé: une question d’équité!

Le 21 juin 2019

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Les politiques et les programmes conçus pour accroître l’activité physique globale, mais qui ne tiennent pas compte des besoins des groupes défavorisés, ratent non seulement leur cible, mais ils augmentent les inégalités en matière de santé, souligne une importante étude.

On sait que le manque d’activité physique des individus, à l’échelle mondiale, correspond à une véritable pandémie, notamment en raison de ses impacts nocifs sur la santé. Par ailleurs, rappellent les chercheurs, il est bien documenté que les personnes issues de groupes socio-économiques défavorisés sont encore moins susceptibles d’atteindre les niveaux d’activité physique recommandés, ce qui les expose à de plus grands risques en matière de maladies chroniques. 

Or, si les programmes et les politiques qui visent à favoriser la pratique d’activité physique ne rejoignent que les mieux nantis et les plus scolarisés, sans pour autant augmenter la participation des plus démunis, alors ces interventions ne font qu’accroître les disparités sociales. Il est toutefois possible de remédier à cette situation en se fondant sur des données probantes issues des meilleures pratiques dans le domaine.

Le Center for Active Living vient, à cet effet, de publier une « revue des revues » de la littérature afin d’évaluer l’efficacité des interventions qui visent à accroître l’activité physique chez les personnes défavorisées sur le plan socio-économique. Cette synthèse des revues systématiques s’est penchée sur les interventions auprès des enfants d’âge préscolaire (0-4 ans), du primaire (5-12 ans), des adolescents (13-17 ans), des adultes (18-64 ans), et des aînés (65 ans et plus).

Des résultats variables

Les chercheurs ont constaté que ces interventions étaient relativement efficaces chez les enfants d’âge préscolaire, en dépit du fait que la qualité et la quantité des études qui portent sur cette tranche d’âge demeurent faibles. Chez les enfants de 5 à 12 ans, les interventions réalisées dans le cadre du cheminement scolaire montrent aussi une certaine efficacité, ce qui est beaucoup moins évident dans le cas de celles qui se déroulent au sein de leur communauté. Du côté des adolescents, le peu d’études réalisées tend à montrer la faible efficacité des interventions. Chez les adultes, les résultats s’avèrent mitigés et peu concluants. Quant aux aînés, les études sont trop rares pour en tirer des indications claires.

Crédit photo : Frédérique Ménard-Aubin

Des pistes d’interventions

Malgré leurs prudentes conclusions, les auteurs ont pu identifier des interventions prometteuses pour lesquelles il serait opportun de redoubler d’efforts en fonction des différents groupes d’âge.

  • Enfants du préscolaire : soutenir l’implication des parents en leur offrant des ressources, des programmes, du mentorat, l’accès à d’autres communautés, etc.
  • Enfants d’âge scolaire : outre l’intégration de l’activité physique dans le cursus scolaire, soutenir et promouvoir les activités sportives en dehors des heures de classe en impliquant les parents, les élèves et les enseignants.
  • Adolescents : faire participer les jeunes eux-mêmes à l’élaboration et à la tenue d’interventions en matière d’activité physique et mettre à contribution, entre autres, le leadership de leurs pairs.
  • Adultes : miser sur la formation de groupes pour faire de l’éducation et organiser des sessions d’activités sportives, en plus de faciliter l’accès à des entraîneurs et des professionnels de la santé.
  • Aînés : organiser des groupes d’activité physique et adapter les outils de communication usuels.

Des recommandations clés

Plus globalement les chercheurs suggèrent aux décideurs et aux parties prenantes de mieux tenir compte des obstacles supplémentaires auxquels sont confrontés les plus défavorisés. Et, donc, de consentir plus d’efforts pour rejoindre cette clientèle afin de la convaincre d’être plus physiquement active. À ce chapitre, il est conseillé de privilégier le leadership et le soutien des pairs dans la communauté.

Enfin, bien que l’objectif sous-jacent de toutes ces interventions soit la lutte contre l’obésité, les auteurs de l’étude recommandent plutôt d’axer le message sur les bénéfices plus larges qu’apporte la pratique d’activités physiques, telles que le renforcement des liens sociaux, l’appartenance à la communauté et le bien-être général, aussi bien physique que mental.



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