Concertation et mobilisation

Le Conseil du système alimentaire montréalais dévoile son premier plan d’action

Le 5 octobre 2020

Offrir une alimentation saine, diversifiée, de proximité, abordable et durable pour tous et toutes, voilà la volonté qui anime les quelque 200 partenaires mobilisés sous l’égide du Conseil du système alimentaire montréalais (Conseil SAM) et qui, après deux années de travaux préparatoires, vient de lancer son plan d’action intégré 2020-2022.

Pour Richard D. Daneau, porte-parole du Conseil Sam et directeur de Moisson Montréal, le dévoilement de ce plan d’action représente un véritable moment de fierté. Il ne cache pas qu’il a fallu beaucoup de travail pour rallier autant de gens d’horizons très divers. « Avant de larguer les amarres, il fallait se donner un cap, illustre-t-il. Or établir un tel cap, avec une coalition de membres aussi variés, ce n’était pas évident. Mais on est maintenant prêts à appareiller. On ouvre un autre chapitre. On passe maintenant en mode réalisation des grandes lignes de ce plan afin de mettre en œuvre 92 projets structurants. »

Deux années de travail, donc, et qui, à la suite d’un processus de planification stratégique, ont permis au Conseil SAM d’identifier cinq grands enjeux. Des enjeux qui définissent désormais les cinq principales orientations du plan d’action intégré :

  • Améliorer l’accès au marché pour les produits locaux
  • Diminuer l’empreinte écologique du système alimentaire
  • Réduire l’insécurité alimentaire des personnes vulnérables
  • Améliorer la qualité nutritionnelle de l’alimentation
  • Œuvrer pour la consolidation des projets structurants et la collaboration intersectorielle au sein du système alimentaire montréalais

Le choc des idées

La force du Conseil SAM, explique Richard D. Daneau, c’est la grande variété de ses contributeurs. « Ceux qui produisent, ceux qui luttent contre le gaspillage, ceux qui militent pour la saine alimentation, ceux qui veillent à la sécurité ont tous des points de vue particuliers. Et c’est justement la diversité de toutes ces perspectives qui contribue à la richesse de notre plan d’action intégré. J’ai pour mon dire que c’est du choc des idées que jaillit la lumière. »

Mais plus fondamentalement, le Conseil SAM répond au besoin, pour la communauté montréalaise, de se doter d’une instance régionale de concertation en alimentation. « Notre rôle, souligne Richard D. Daneau, c’est d’aider tout ce beau monde à sortir de leurs silos respectifs pour mieux se connaître. D’œuvrer à la consolidation de projets structurants. De partager l’information pour parvenir à une lecture commune de ces grands enjeux. Et, bien sûr, de mesurer les impacts de nos actions sur le terrain à l’aide, par exemple, d’indicateurs clés de performance. Car on n’est pas là pour pelleter des nuages, mais pour faire avancer les choses. »

« L’idée ici, ce n’est pas de construire un système parallèle, précise Richard D. Daneau. Mais c’est plutôt d’être complémentaire. De combler les lacunes du système. De rallier des partenaires pour réaliser des projets. Et d’élargir cette coalition, progressivement, de manière à faire des progrès en matière de sécurité alimentaire au bénéfice de toute la collectivité. Parce que l’on comprend tous l’absolue nécessité de l’alimentation. »

Un milieu en pleine effervescence

Richard D. Daneau le constate depuis plusieurs années : il règne au sein de l’écosystème alimentaire montréalais une vitalité exceptionnelle. Une effervescence que la pandémie n’a nullement atténuée, au contraire. Car elle a plutôt été l’occasion de rivaliser d’imagination pour pallier les nombreuses contraintes liées au confinement.

« Dès le début de la crise sanitaire, raconte Richard D. Daneau, près de 30 % des organismes ont dû fermer leur service alimentaire d’urgence. Une situation qui aurait vite pu devenir critique. Mais rapidement, les gens se sont mis en mode solution. Je vous donne un exemple. Vers la fin mars, je reçois un appel de Jean-François Archambault, de la Tablée des chefs. Il vient de lancer son initiative des Cuisines Solidaires. Lui, il a la capacité de produire des repas. Nous, celle de les distribuer. Alors, il me demande combien on peut en faire passer dans notre “pipeline”. Parce que la nourriture, ça ne peut pas attendre, sinon ça se perd… Bref, c’est un peu ça l’esprit du Conseil SAM. Établir des contacts entre les acteurs du milieu pour qu’ils unissent aussi leurs forces, qu’ils mettent en branle des projets interreliés, complémentaires. Et faire en sorte que tous les Montréalais mangent mieux ! »