Pédagogie extérieure

Enseigner dehors: un nouveau guide en ligne pour aider les profs à sortir de la classe

Le 28 avril 2020

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La Fondation Monique-Fitz-Back a récemment mis en ligne le site Enseigner dehors. Objectif : outiller les intervenants du milieu scolaire qui veulent apprivoiser l’extérieur de l’école pour en faire un allié pédagogique. Une mine d’informations pour les « pas sûr… », les curieux et les mordus qui travaillent au primaire et au secondaire.

Crédit photo : Julie Moffet

Si l’extérieur de votre école vous attire, mais qu’enseigner dehors vous paraît difficile parce que vous manquez de temps et d’idées, ce guide en ligne tombe à point pour vous !

Ah, il n’y a pas de parc à proximité de votre école ? Ca ne devrait pas un obstacle à l’enseignement extérieur, soutient Julie Moffet, coordonnatrice de projets à la Fondation Monique-Fitz-Back et conceptrice d’Enseigner dehors : « La pédagogie par la nature n’est qu’une facette de l’éducation à l’extérieur, précise-t-elle. Enseigner hors des murs, c’est aussi explorer l’histoire de son quartier, en apprendre davantage sur ses enjeux sociaux, environnementaux, son architecture, les gens qui l’habitent, etc. ».

Le site ne s’adresse d’ailleurs pas qu’aux enseignants du primaire et du secondaire. « Une éducatrice dans un service de garde ou une orthophoniste, par exemple, peut y trouver des pistes très intéressantes pour appuyer son travail auprès des jeunes », indique Julie Moffet.

Crédit photo : Jessica-Bayard

Faire des statistiques en comptant les autos

Et il a effectivement moyen de faire flèche de tout bois ! Enseigner dehors regorge de trucs, d’astuces, d’idées et de témoignages. Il inclut notamment une banque d’activités collaborative riche et diversifiée, bien arrimée au Programme de formation de l’école québécoise.

On y trouve des activités, comme faire des statistiques en comptant les autos stationnées dans la rue et en notant leur couleur pour ensuite réaliser un diagramme (niveau primaire), mais aussi des situations d’apprentissage et d’évaluation comme Ça va chauffer, qui s’étale sur 6 périodes (niveau secondaire). Les domaines et compétences visés sont précisés, la préparation, l’amorce, le déroulement et le matériel sont dûment décrits.

Crédit photo : Julie Moffet

« Les articles et la banque d’activités ont été montés en collaboration avec des intervenants du milieu éducatif et par des collaborateurs externes comme Vélo-Québec ou les Clubs 4-H, précise Julie Moffet. La banque d’activités est conçue pour être enrichie et nous encourageons les enseignants à soumettre les activités qu’ils ont créées. Il se fait beaucoup de choses au Québec et le partage est un outil puissant pour faire grandir le mouvement de l’éducation à l’extérieur. »

Crédit photo : Michel le Quere

Et pourquoi pas un échange entre Montréal et les Laurentides ?

Parmi les nombreuses rubriques proposées, celle des histoires vécues est particulièrement inspirante. L’une d’entre elles raconte un échange interculturel en plein air entre deux écoles différentes sur le plan culturel et géographique : c’est tout simplement passionnant !

Enseigner dehors, c’est aussi des pistes d’action, des témoignages, des idées d’aménagement, des vidéos et des textes informatifs. « Nous voulons outiller le milieu scolaire d’un bout à l’autre du spectre, confirme Julie Moffet. Cela va, par exemple, de l’orientation spatiale dans une cour asphaltée, à la fabrication d’un canapé forestier quand on enseigne en forêt. »

Crédit photo : Sébastien St-Onge

« Enseigner à l’extérieur permet de vivre les apprentissages de façon expérientielle, de leur donner du sens, poursuit Julie Moffet, intarissable. Commencer par consolider des apprentissages vus en classe est une très bonne façon d’apprivoiser cette pédagogie, tant pour les profs que pour les jeunes. C’est aussi une des approches les plus prometteuses en éducation à l’environnement : apprendre au quotidien par et avec son milieu. »

Enseigner dehors est un projet de la Fondation Monique-Fitz-Back, financé par la Fondation McConnell, M361 et le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec.

Photo en une : @L’Éclaireur Progrès/Andréanne Huot



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L’éducation en plein air à l’heure de la distanciation sociale

Crédit photo : Julie Moffet

Julie Moffet est l’une des signataires d’une toute récente pétition intitulée Pour le déploiement d’actions concrètes appuyant l’éducation en plein air au Québec dès l’automne 2020, adressée au ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec. Extrait : « Nous croyons que la période actuelle représente une opportunité unique pour mettre en place des actions concrètes pour appuyer l’éducation en plein air au Québec, mouvement qui a pris beaucoup d’ampleur au cours des dernières années. De nombreuses initiatives ont déjà été mises en place, mais la demande est forte et elle risque de l’être davantage étant donné la crise sanitaire et le besoin de distanciation physique. »

Les autres signataires sont : Jean-Philippe Ayotte-Beaudet, professeur à la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke et codirecteur du Centre de recherche pour l’enseignement et l’apprentissage des sciences; Véronique Marchand, directrice générale de la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec et Olivier Arvisais, professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Montréal.