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Le réseau des tables intersectorielles régionales en saines habitudes de vie devient le Collectif TIR-SHV

Le réseau des tables intersectorielles régionales en saines habitudes de vie devient le Collectif TIR-SHV
François Grenier

François Grenier

JOURNALISTE | 100º

La nouvelle identité que le Collectif TIR-SHV confère au réseau des tables intersectorielles régionales en saines habitudes de vie (TIR-SHV) est le signal d’une mobilisation renouvelée et de la volonté de faire rayonner ses réalisations partout au Québec.

Les TIR-SHV, à peu près inconnues du grand public, ont été créées dans la foulée de la mise en œuvre du Plan d’action gouvernemental en saines habitudes de vie, Investir pour l’avenir 2006-2012.

Pour reprendre le langage alors en vigueur, leur objectif était de favoriser l’identification et la concertation des actions des instances gouvernementales et non gouvernementales entreprises dans le cadre du plan d’action et ayant une incidence sur la mise en place d’environnements favorables à la saine alimentation et à un mode de vie physiquement actif chez les 0-25 ans et leur famille. Aujourd’hui, elles poursuivent leur mission, élargie à l’ensemble de la communauté, dans le cadre de la Politique gouvernementale de prévention en santé – Plan d’action interministériel 2017-2021 et avec le soutien de M361.

Comme l’explique Karen Marchand, coordonnatrice du Comité intersectoriel régional en saines habitudes de vie de l’Abitibi-Témiscamingue (CIRSHV) il a fallu quelques années avant que cette expression de table intersectorielle régionale, s’impose. « D’où notre dénomination atypique de CIRSHV, car en 2008, année de notre création, ce n’était pas encore en usage. Et même si nous n’avons toujours pas changé de nom, nous sommes bel et bien l’une des 17 TIR-SHV, comme on en retrouve une dans chacune des régions administratives du Québec. »

« Et, enchaîne-t-elle, je peux certifier que toutes les TIR-SHV se réjouissent de l’annonce qui vient d’être faite. »

L’approche intersectorielle

Il importe de rappeler que la santé d’une population n’est pas uniquement déterminée par les soins médicaux auxquels elle a accès. Cela dépend aussi de facteurs économiques, sociaux et environnementaux qui échappent aux champs de compétences des seules autorités sanitaires.

C’est pourquoi, lorsque des autorités locales veulent mettre en place des initiatives qui favorisent la promotion de la santé, elles privilégient de plus en plus l’approche intersectorielle. Cette manière de faire permet d’asseoir à une même table des acteurs de divers secteurs et des décideurs de différents paliers décisionnels dans la poursuite d’objectifs communs. Ce qui est bien évidemment la raison d’être des TIR-SHV.

« Or, c’est justement pour cette raison que nous sommes des travailleurs de l’ombre, fait remarquer Karen Marchand. Parce que nous sommes ceux qui outillent, ceux qui sont sur le terrain. Par exemple, l’intervenant qui fait bouger les enfants dans un CPE va avoir un impact direct et visible dans sa communauté. Et bien sûr, ce n’est pas nous qui faisons bouger les enfants. Par contre, notre rôle, c’est d’aider cet intervenant à utiliser les meilleures pratiques dans le domaine. Bon, lui connaît notre travail, mais on s’entend que ce n’est pas le cas des parents. »

De fait, en plus d’une nouvelle identité, le Collectif TIR-SHV va offrir, grâce à sa plateforme numérique, une plus grande visibilité à tous ces projets collectifs, diversifiés, inspirants et inclusifs, qui sont mis en œuvre grâce à la mobilisation de plus de 500 partenaires, partout à travers le Québec. Karen Marchand est la première à s’en féliciter : « Cette plateforme nous donne une voix, un visage, s’enthousiasme-t-elle. Elle va permettre de faire rayonner nos plus belles actions et contribuer à nous établir en tant que Collectif. À braquer les projecteurs sur ce mouvement collectif. »

L’union fait la force

Au-delà de la promotion des initiatives en saines habitudes de vie, le Collectif TIR-SHV possède la vertu cardinale d’officialiser le réseau, de le rendre plus fort, d’accroître la crédibilité de chaque TIR-SHV. C’est aussi un lieu d’échanges, de transfert de connaissances permettant à tous les coordonnateurs de partager entre eux de nouveaux outils comme les meilleures pratiques.

« Au début, raconte Karen Marchand, chaque TIR-SHV travaillait isolément dans sa région. Puis, petit à petit, de manière informelle, le réseau a commencé à se mettre en place. Un maillage s’est finalement établi entre les différentes tables. Le Collectif TIR-SHV marque l’aboutissement de cette démarche. »

Elle ajoute du même souffle : « On travaillait tous très fort chacun de notre côté, mais maintenant, on forme une petite famille. Et je peux compter sur une équipe formidable que je n’avais pas il y a dix ans. À l’époque, j’étais très seule. Dans la mesure où je ne connaissais personne qui tenait de rôle comme le mien. Mais aujourd’hui, je peux me retourner vers mes collègues des autres régions. C’est la très grande richesse du Collectif, ces échanges d’information, de pratiques, et de conseils. »

Depuis des années, les TIR-SHV, chacune dans leur région, ont œuvré à faciliter la concertation, la mobilisation, le maillage. À briser les silos pour que les gens travaillent ensemble à la poursuite d’objectifs communs, qu’il s’agisse de mode de vie physiquement active, d’accès à une saine alimentation, de mobilité active, etc. Le temps était donc, venu pour toutes ces TIR-SHV, de briser leur propre « isolement » afin de consolider cette vaste mobilisation en faveur de la santé et la qualité de vie des citoyennes et des citoyens.