PETITE ENFANCE

Tortue têtue: un CPE à l’ADN résolument durable !

Le 19 août 2018

Couches lavables, vermicomposteur, menu végétarien, pique-niques zéro déchet : au CPE Tortue têtue, les tout-petits et le personnel posent chaque jour des gestes écoresponsables. Visite guidée d’un établissement certifié CPE durable.

Le CPE Tortue têtue, certifié durable depuis 2016, accueille les enfants des étudiants de l’UQAM depuis septembre 2015. 100° est allé à la rencontre de sa directrice Sylvie Martel, et de Pauline Huet, présidente du comité durable.

Sylvie Martel, Pauline Huet et Hana

Le CPE Tortue têtue fait partie de la trentaine d’établissements actuellement certifiés CPE durable par l’organisme ENvironnement JEUnesse (ENJEU).

« Dès 2016, nous avons entamé la démarche CPE durable pour consolider les éléments déjà en place, raconte Sylvie Martel. Par exemple, le choix d’un menu végétarien, qui inclut les œufs et le poisson, nous permet de réduire notre empreinte écologique, tout en étant inclusif, car il respecte certaines restrictions alimentaires d’ordre culturel ou religieux. »

Voir le cuisinier à l’œuvre

Contrairement à l’aménagement habituel qui place la cuisine loin des regards, le CPE Tortue têtue a opté pour une installation ouverte, ce qui permet aux enfants de voir Panayiotis (Peter) Dimitracopoulos, le responsable de l’alimentation, à l’œuvre.

« Ce choix stimule la curiosité des enfants, souligne Pauline Huet, maman de Hana et présidente du comité durable. Ils s’intéressent aux aliments et posent des questions. De plus, comme la cuisine est située près de l’entrée du CPE, les parents peuvent également échanger facilement avec Peter. »

Ancrer le développement durable dans la gestion du CPE

Poser des gestes écoresponsables n’est pas suffisant pour progresser dans la démarche de certification : il faut aussi mettre en place des mécanismes de gestion durable qui pérennisent les initiatives, notamment en cas de changement de direction.

Ainsi, le CPE Tortue têtue a inscrit la certification CPE durable dans son Plan stratégique 2017-2021, et a adopté une politique alimentaire à la fin de l’année 2017. Celle-ci prévoit, par exemple, d’acheter des aliments locaux et biologiques lorsque le budget le permet.

« Nous achetons les légumineuses en vrac, nous essayons de privilégier les poissons issus de la pêche durable et Peter remet les emballages à notre fournisseur de fruits et de légumes pour qu’il les réutilise », énumère Sylvie Martel.  « Nous allons également faire l’acquisition d’un congélateur afin de faire des réserves de fruits et légumes achetés en saison et nous sommes en train d’évaluer la faisabilité financière d’un approvisionnement auprès d’une ferme du réseau Équiterre », ajoute Pauline Huet.

Crédit photo : Nathalie St-Pierre/UQAM

Couches lavables

Autre bon point au dossier de certification du CPE : les couches lavables. « En 2016, nous avons obtenu une subvention de 4000 $ du Fonds vert de l’UQAM, ce qui nous a permis d’offrir le service de couches lavables à 1 $ par jour, plutôt que 2 $, pendant 18 mois », explique Sylvie Martel. La subvention est épuisée, mais des parents continuent d’avoir recours à ce service, dispensé par l’OBNL Lange Bleu, et d’autres apportent des couches lavables.

Crédit photo : Nathalie St-Pierre/UQAM

Un mini potager et des vers… voraces

Au moment de notre visite, les enfants venaient de récolter leur premier (et peut-être seul…) poivron, après avoir guetté sa croissance pendant quelques semaines. Ce minuscule potager, une idée d’une éducatrice, familiarise les tout-petits avec les aliments de proximité, tout comme leurs sorties au marché public.

« Le Fonds vert nous a également octroyé 375 $ pour l’acquisition d’un petit vermicomposteur, ajoute Pauline Huet. Tous les deux jours, les enfants donnent, avec beaucoup de plaisir, 1,5 tasse de résidus alimentaires aux vers. »

Crédit photo : Philippe-Ayotte-Beaudet

Une débarbouillette humide dans mon sac à dos

Les pique-niques sont des occasions en or de mettre en pratique les principes du développement durable. « Nous avons investi dans l’achat de sacs à dos, de contenants en plastique et de gourdes, précise Sylvie Martel. Et chaque enfant apporte une débarbouillette qu’il mouille avant de partir. C’est le principe du zéro déchet, que nous appliquons également à tous les évènements qui ont lieu au CPE. »

Une politique d’approvisionnement responsable

Depuis son ouverture, le CPE pose aussi des gestes reliés aux dimensions sociales (équité et cohésion) et économiques (économie circulaire, par exemple) du développement durable. « Notre ameublement a été fabriqué par Le Boulot vers…, une entreprise d’insertion sociale, souligne Sylvie Martel. Plusieurs de nos fournisseurs font partie d’une coopérative de solidarité et nous achetons des jouets réparables fabriqués avec des matériaux durables. »

Prochaines étapes

Le comité durable du CPE Tortue Têtue est très actif. « Les idées ne manquent pas ! souligne Pauline Huet. Par exemple, nous souhaitons adhérer au programme Aliments du Québec au menu, volet institutionnel, et acheter un baril récupérateur d’eau de pluie. La création d’un babillard de ressources et d’échanges, ainsi que l’organisation d’une journée de corvée sont également au programme. » Tous ces projets seront inscrits dans le plan triennal de développement durable en cours de préparation.

Changer la norme sociale, un CPE à la fois

Pour le moment, les CPE et garderies engagés dans le programme de certification durable demeurent l’exception. Souhaitons qu’ils soient devenus la norme lorsque les 60 tout-petits fréquentant le CPE Tortue têtue deviendront eux-mêmes parents !