Petite enfance

Services de garde: 8 conseils pour créer un menu cyclique qui stimule les papilles gustatives des tout-petits

Le 9 août 2018

Vous travaillez dans un service de garde éducatif à l’enfance ? Savez-vous que l’instauration d’un menu cyclique est non seulement utile à la planification des repas, mais également bénéfique au développement de saines habitudes alimentaires chez les tout-petits ?

Pourquoi un menu cyclique ?

Les enfants en services de garde éducatifs à l’enfance (SGÉE) y consomment en moyenne la moitié de leurs repas d’une journée. De plus, considérant la vocation des SGÉE, les aliments qui y sont offerts et cuisinés se doivent d’être de qualité. Les responsables de l’alimentation ont donc la tâche importante de concevoir des menus équilibrés et variés tous les jours. Pour y arriver, la plupart des responsables de l’alimentation se tournent vers le menu cyclique, c’est-à-dire un menu bâti sur plusieurs semaines, qui sera répété pendant quelques mois.

D’un point de vue organisationnel, le menu cyclique facilite la production des recettes, la planification des commandes et la gestion de son horaire. Et sur le développement du goût des enfants, le menu cyclique permet aux enfants de s’habituer aux recettes servies, puisqu’ils auront l’occasion d’y goûter plusieurs fois. La répétition des recettes donnera la chance à l’enfant de s’exposer à un large éventail d’aliments et de saveurs, puis de les apprécier.

cuisine cpe

Comment bâtir un menu cyclique ?

La durée du cycle de menu varie, allant de 3 à 8 semaines. Toutefois, un menu de 3 semaines peut être perçu comme trop répétitif, alors qu’un menu de 8 semaines implique un très grand nombre d’aliments à stocker et un grand délai entre les répétitions de la même recette. Un menu cyclique de 4 à 6 semaines est donc plus approprié.

Le nombre de menus par année est un autre facteur à considérer. En moyenne, il y a de deux à quatre menus par année. Si l’on souhaite offrir des menus qui mettent en valeur des aliments saisonniers, il est recommandé d’instaurer trois à quatre menus cycliques par année. Ils changeront donc tous les trois mois. Dans cette optique, il est conseillé d’opter pour des menus de 4 semaines, car si le cycle est trop long, les enfants seront exposés à une recette seulement deux ou trois fois. Quand on sait qu’un enfant peut avoir besoin d’au moins 5 expositions à un aliment avant de l’aimer, il vaut mieux aller vers des menus de 4 semaines qui seront répétés quatre à cinq fois.

Lors de la conception d’un menu cyclique, les responsables de l’alimentation peuvent décider des recettes sur le menu en fonction de leurs textures, leurs couleurs et leurs saveurs, tout en s’assurant de suivre les recommandations nutritionnelles les plus récentes.

repas à la pouponnière

8 conseils à retenir

1- Développez méthodiquement vos menus 

En créant vos menus, une étape à la fois, vous vous assurez d’avoir de la variété sur le plan sensoriel et nutritif. La capsule « élaboration de menu » provenant de la série « Pour une cuisine bien pensée » présente une méthode efficace d’élaboration de menu.

2- Prenez-vous d’avance pour mettre à jour vos menus

La mise à jour d’un menu est complexe. Elle inclut notamment la recherche et la standardisation de nouvelles recettes, l’adaptation aux accommodements alimentaires (allergies, intolérances, introduction des aliments, etc.) ainsi que la validation nutritionnelle et sensorielle. Avec le soutien de sa gestionnaire, la responsable de l’alimentation peut travailler sur ses mises à jour des menus à plusieurs moments durant l’année.

3- Intégrez progressivement des aliments méconnus 

Lorsque des aliments méconnus des enfants se retrouvent au menu, combinez-les avec des aliments connus. Si l’enfant a peur de goûter certains aliments, il pourra au moins se tourner vers ceux qu’il connaît et en manger s’il le désire.

4- Évitez trop de répétition entre les menus saisonniers 

D’un menu à l’autre, proposez des recettes différentes. Les enfants seront donc exposés à de nouvelles recettes et développeront leur goût pour une panoplie de saveurs et textures.

5- Ciblez les fruits et légumes de saison

Chaque saison apporte son lot de fruits et légumes. Par exemple, l’été est le moment de mettre en valeur les petits fruits. Ils peuvent être ajoutés à diverses collations ou salades. À l’automne, les courges et citrouilles peuvent être utilisées dans les soupes, les plats mijotés, en accompagnement ou dans les desserts ou collations.

enfant qui mange à la garderie

6- Pensez à une présentation séparée

Le jeune enfant peut avoir de la difficulté à identifier les différents aliments s’ils sont tous mélangés dans son assiette. Pour l’aider, la responsable de l’alimentation s’assure de ne pas mettre uniquement des plats mijotés sur le menu et le personnel éducateur prépare des assiettes dans lesquelles les aliments sont bien séparés l’un de l’autre.

7- Présentez le menu au personnel éducateur 

Une bonne collaboration entre le personnel éducateur et la responsable de l’alimentation fait en sorte que l’éducatrice connaît ce qu’il y a au menu et les ingrédients principaux des recettes. L’éducatrice peut alors facilement décrire le menu aux enfants.

collation à la garderie

8- Validez l’appréciation du menu

Prenez quelques minutes pour visiter les enfants au moment du repas. Lorsque le menu cyclique s’apprête à changer de saison, questionnez le personnel éducateur en réunion d’équipe ou à l’aide d’un sondage afin d’obtenir leurs perceptions de ce que les enfants ont ou n’ont pas aimé. Puis, faites les modifications en prévision de l’année prochaine.

Finalement, le fait de consacrer suffisamment de temps dans la création et la révision d’un menu cyclique de qualité est un investissement profitable à l’ensemble du SGÉE. L’implication du personnel éducateur et de la gestionnaire à des moments opportuns viendra bonifier les efforts de la responsable de l’alimentation pour offrir un menu de qualité aux enfants.

*** Cet article a été publié dans le cadre d’un partenariat avec le groupe de travail « Saine alimentation pendant l’enfance » de la Table québécoise sur la saine alimentation

Crédits photo: AQCPE