Alimentation durable

Ces villes qui métamorphosent leur système alimentaire

Le 19 avril 2019

Ici et ailleurs, des villes prennent les devants, repensent et transforment leur système alimentaire, pour le rendre plus durable en matière de santé des populations, de la protection de l’environnement et de la biodiversité.

Comme le démontre le récent rapport EAT-Lancet, pour améliorer le portrait de notre alimentation, il faut impérativement y apporter les changements suivants :

  • Modifier notre alimentation pour arriver à un régime flexitarien ;
  • Réduire de moitié le gaspillage alimentaire ;
  • Modifier les pratiques agricoles (qualité plutôt que quantité et production durable) ;

Pour y parvenir, il faut évidemment revoir notre façon de faire en agriculture, en élevage animal et notre façon de consommer tout court.

À San Francisco par exemple, l’OBNL CUESA œuvre depuis 1994 à éduquer les consommateurs urbains à propos de l’agriculture durable par l’entremise de marchés fermiers. Le Ferry Plaza Market, pour sa part, est géré par l’organisme depuis 20 ans. Autant d’années à promouvoir et à échanger à propos de l’importance des agriculteurs qui veillent à la santé des populations et à celle de la planète. Cela porte fruit et fait en sorte que les Franciscanais sont particulièrement conscients de l’impact de leurs choix alimentaires sur la santé, l’environnement et la biodiversité. Même le saloon, The Buena Vista sert des tomates ancestrales en guise d’accompagnement à ses déjeuners à base de crabe en saison issu de la pêche durable !

marché alimentation san francisco

L’un des nombreux marchés fermiers de San Francisco | Crédit photo: Catherine Lefebvre

Du côté de Lyon, la capitale française de la gastronomie, la ville a décidé d’intervenir à plusieurs niveaux pour améliorer son système alimentaire. Par exemple, cela lui paraissait aberrant que la majeure partie de la production alimentaire locale soit exportée, même si elle pourrait combler le tiers des besoins de la population. Parallèlement, le tiers de la population ne parvient pas à s’alimenter sainement. Afin de remédier à la situation, Lyon a mis en place des interventions visant à :

  • faciliter l’accès aux aliments de qualité ;
  • favoriser les circuits courts en collaboration avec les producteurs locaux ;
  • rémunérer les acteurs alimentaires (agriculteurs, éleveurs, cueilleurs) de façon équitable.
système alimentaire lyon

L’ancien hôpital Hôtel-Dieu où sera situé La Cité de la gastronomie de Lyon | Crédit photo: Catherine Lefebvre

Cette stratégie suit le coup d’envoi de la Cité de la gastronomie, dont l’ouverture est prévue à l’automne 2019 et qui a pour mission de tisser des liens entre la gastronomie, la nutrition et la santé.

Au Québec, des villes sont aussi en en train de métamorphoser leur système alimentaire. En voici quelques exemples.

Pour un Montréal en santé

C’est en 2014 que Montréal a élaboré le Plan de développement d’un système alimentaire équitable et durable de la collectivité montréalaise. Il résume les orientations du Système alimentaire montréalais (SAM) et les pistes d’action à entreprendre d’ici 2025 pour répondre aux besoins de la métropole en matière d’agriculture et d’alimentation.

Puis, en octobre 2018, le SAM a donné naissance à un Conseil de politiques alimentaires composé de divers acteurs importants en alimentation — dont l’objectif est d’élaborer des politiques s’appliquant aux différents secteurs du système alimentaire.

Ses orientations sont :

  1. Enrichir l’offre alimentaire montréalaise ;
  2. Réduire l’empreinte écologique du système alimentaire ;
  3. Favoriser l’accès à une saine alimentation ;
  4. Promouvoir la saine alimentation ;
  5. Renforcer le maillage régional.
système alimentaire montréalais

Lancement du conseil SAM en octobre 2018

Pour prendre part aux actions du conseil SAM, il existe des formations et des conférences sur des sujets divers touchant presque tous les niveaux de la chaîne alimentaire.

En avant, Sherbrooke

Bien qu’une stratégie globale visant l’ensemble du système alimentaire n’a pas encore été adoptée à Sherbrooke, différents plans et politiques ciblant ces secteurs sont toutefois abordés dans une perspective d’innovation et de durabilité.

Par exemple, les objectifs du Plan de développement de la zone agricole (PDZA) de Sherbrooke touchent à la production, la transformation et la consommation.

Parmi ceux-ci, on retrouve :

  • Le développement de l’agrotourisme et des circuits courts ;
  • La promotion de l’approvisionnement local ;
  • L’implantation des services de transformation (abattoir, meunerie, etc.) à même le territoire sherbrookois ;
  • La facilitation des liens entre les agriculteurs et certains intervenants clés tels que les enseignants.

Ainsi, le PDZA met l’accent sur l’importance de valoriser les aliments et les produits locaux. C’est déjà un très bon départ pour prendre conscience de la réalité des agriculteurs et des éleveurs de la région.

Jardin communautaire à Saint-Bruno-de-Montarville

Bravo, Saint-Bruno !

Pour sa part, la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville s’est dotée en 2017 d’une Politique de ville nourricière, la première à le faire au Québec. Elle définit d’ailleurs cette politique comme « une ville qui agit sur les cinq axes du système alimentaire : la production, la transformation, la distribution, la consommation et la gestion des matières résiduelles, afin d’assurer la durabilité de ce système essentiel à toute collectivité. »

Or, en réunissant les acteurs de l’alimentation autour d’objectifs prédéterminés, la municipalité souhaite elle aussi rendre son système alimentaire plus durable. Parmi les objectifs alimentaires spécifiques à Saint-Bruno, notons :

  • L’occupation optimale du territoire agricole par la diversification de la production ;
  • L’adhésion à des pratiques à moindre impact environnemental et la protection des milieux naturels ;
  • L’accessibilité à des espaces de production pour des petits producteurs ou producteurs de la relève.

Dès la première année, la municipalité a déjà perçu des effets positifs, dont l’émergence d’initiatives entièrement citoyennes. Par exemple, le Centre d’action bénévole (CAB) Les p’tits bonheurs a volontairement mis en place une cueillette de dons en fruits et légumes et encourage les citoyens dans le besoin à venir se servir.

Voilà des idées inspirantes qui incitent la population partout au Québec à poser de petits gestes concrets pour mener à de grands changements au niveau du système alimentaire au complet.



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