La Cité-Limoilou

Pédagogie extérieure: les bienfaits visibles d’une classe aménagée en plein air

Le 19 février 2018

« Il faut briser des murs pour voir les résultats positifs que ça amène », lance d’entrée de jeu Julie Francis, enseignante en 3e année à l’école des Jeunes-du-Monde. Depuis juin 2017, les professeurs de cette école primaire de l’arrondissement de La Cité-Limoilou, à Québec, peuvent en effet faire la classe en plein air dans la cour d’école qui a été verdie et aménagée. Une initiative inspirante dont les bénéfices sur les élèves sont tangibles au quotidien.

L’école des Jeunes-du-Monde est l’un des deux établissements scolaires canadiens gagnants du programme de classe en plein air 2016 d’Ikea, créé en partenariat avec Arbres Canada. Grâce à une subvention de 4000 $, l’école a construit des bacs pour verdir la cour d’école et permettre aux élèves d’y cultiver des fleurs et des légumes. Des bancs en bois ont également été fabriqués pour créer une véritable classe à l’extérieur. Selon un horaire établi, toutes les classes de l’école peuvent en bénéficier à tour de rôle.

« La première fois qu’on enseigne à l’extérieur, ça chamboule la routine. Mais les enfants sont tellement heureux d’être dehors, que j’ai vu tout de suite que c’était une super bonne idée ! »
Julie Francis

Apprendre en plein air

Leçons de vocabulaire, mathématiques, sciences… Julie Francis entraîne ses élèves dehors plusieurs heures par semaine. « Certains apprentissages sont plus faciles à faire à l’extérieur, précise-t-elle. Les élèves peuvent faire une course en épelant leurs mots ou expérimenter les sons dans les modules de jeux. Ça les aide beaucoup de pouvoir apprendre en prenant l’air et en bougeant. » Comme les bancs sont amovibles, les élèves peuvent changer de place, se regrouper pour travailler en équipes ou trouver un coin tranquille pour lire à l’abri du soleil. Les professeurs de 3e année ont même eu l’idée de regrouper les trois classes, ce qui rend l’enseignement encore plus dynamique.

Des élèves plus concentrés et motivés

De plus en plus de recherches indiquent que les élèves qui passent du temps à l’extérieur sont plus en santé, plus heureux et plus créatifs. Julie Francis constate pour sa part que ses élèves sont plus attentifs et plus motivés : « C’est étonnant comme ils sont concentrés ! Ils aiment tellement ça être à l’extérieur qu’ils n’ont pas le goût de briser le moment. Même moi, comme enseignante, j’en ressens les bienfaits. » Madame Francis se réjouit également de l’effet positif de l’apprentissage à l’extérieur sur le climat de sa classe et l’implication de ses élèves. Le fait de passer du temps dehors les rend plus sensibles à l’environnement, mais également plus soucieux les uns des autres. Quant aux parents, ils constatent que leurs enfants ont le goût d’aller à l’école et se disent tout simplement emballés.

« La classe en plein air, pour nous, c’est en quelque sorte un endroit supplémentaire pour aller travailler. On a déjà des sièges pliants, des ballons de stabilité, des chevalets, des tablettes à pinces et des plateaux de travail. On sort donc simplement notre matériel pour le travail à l’extérieur. »
Julie Francis

De la classe flexible à la classe en plein air

L’École des Jeunes-du-Monde, située en milieu défavorisé, est engagée depuis plusieurs années dans une démarche pour stimuler la motivation scolaire des élèves. Certaines classes bénéficient en effet d’un aménagement flexible avec des stations de travail qui permettent aux élèves de choisir en tout temps la position dans laquelle ils sont confortables pour travailler : assis, couchés sur le ventre ou debout. « C’est venu d’un réel besoin, tient à préciser Julie Francis. Il y a des élèves qui doivent bouger pour apprendre. »

L’enseignante de 3e année observe par ailleurs que ses élèves changent de place environ une fois par période ; une liberté de mouvement qui a entraîné, selon ses mots, « une augmentation fulgurante de la capacité attentionnelle des élèves. » Comme quoi, encourager les élèves à bouger contribue non seulement à améliorer leur santé, mais favorise également l’apprentissage. Bref, l’immobilisme n’a plus sa place à l’école !

Crédits photos : Radio-Canada et École Jeunes-du-monde