Efficacité des interventions

Saines habitudes de vie chez les jeunes: résultats prometteurs d’un programme en milieu scolaire

Le 11 mai 2017

Les résultats inattendus d'une étude réalisée aux États-Unis confirment que la lutte contre l'obésité infantile doit reposer sur une approche multifactorielle.

Conçu dans le cadre d’une recherche universitaire, le Shaping Healthy Choices Program a permis de significativement diminuer l’indice de masse corporelle d’élèves du primaire.

Dans une des deux écoles où le Shaping Healthy Choices Program (SHCP) a été testé, on a constaté, après seulement un an, que le pourcentage des élèves en surpoids ou obèses était passé de 55.6 % à 37.8 %. Sur les 158 élèves de cette école, 41 d’entre eux ont changé de catégorie d’indice de masse corporelle (passant d’obèse à surpoids, d’obèse à poids normal ou de surpoids à poids normal) soit une proportion 25,9 %. Durant la même période, seulement 4,8 % des élèves de l’école témoin avaient amélioré leur indice de masse corporelle.

Une intervention multifactorielle

Le SHCP a été conçu par une équipe de chercheurs de l’Université de Californie pour des élèves de la fin du primaire (9 à 10 ans). Ce programme poursuivait les 5 objectifs suivants :

  • accroître les connaissances en nutrition des élèves de même que leur recours à la méthode scientifique
  • favoriser l’accès aux fruits et légumes, en promouvoir la consommation et inciter à la découverte du plaisir
  • améliorer les habitudes alimentaires et faire la promotion de l’activité physique
  • susciter des changements positifs dans l’environnement scolaire
  • établir des partenariats pour assurer la pérennité du programme

Puisque l’obésité infantile résulte d’interactions complexes entre des facteurs individuels, environnementaux et comportementaux, le SHCP avait donc pour but d’outiller les élèves, mais aussi d’intervenir tant dans les environnements scolaires que familiaux, en plus de mettre à contribution différents acteurs de la communauté.

Stratégie intégrée

L’approche privilégiée par le SHCP, qui dérive de la Social Cognitive Theory (SCT) et du Social Ecological Model (SEM) consistait à multiplier les interventions de manière à ce qu’elles se complètent et se chevauchent. Non seulement les connaissances nutritionnelles étaient intégrées au cursus scolaire, ce qui incluait des exercices pratiques à réaliser à la maison avec les autres membres de la famille, mais les élèves devaient aussi mettre la main à la pâte en participant à des ateliers de cuisine qui mettaient à contribution les 5 sens. En plus de se familiariser avec les manières d’apprêter de nouvelles variétés de fruits et légumes, les élèves étaient initiés au jardinage et leurs récoltes étaient ensuite utilisées dans le cadre des ateliers de cuisine ou rapportées à la maison.

La mise à contribution du milieu

Afin d’établir des ponts entre l’école et la maison, des infolettres étaient envoyées aux parents afin de leur offrir de l’information sur les meilleures pratiques parentales en matière d’éducation à la saine alimentation. Ces infolettres proposaient aussi des activités physiques spécialement conçues pour les enfants de 9 à 10 ans, des informations nutritionnelles en lien avec les concepts transmis en classe, ainsi que des recettes à réaliser en famille à la maison.

Dans le but de rejoindre les différents acteurs de la communauté, des foires sur la santé étaient organisées durant l’année scolaire. En plus du personnel de l’école, des élèves et de leur famille, différents partenaires de la communauté participaient à ces foires comme l’Université de la Californie, les 4-H, les services des incendies, des agriculteurs et des marchands.

L’équipe de chercheurs s’est aussi affairée à créer du réseautage entre le personnel des écoles responsable du volet nutritionnel et les distributeurs régionaux ainsi que les producteurs locaux. Grâce aux ententes qui en ont résulté, un comptoir à salade a pu être installé dans la salle des repas, constamment garni en fruits et légumes frais de saison. Ce comptoir à salade représentait à lui seul l’essentiel des dépenses faites par l’école dans le cadre de ce projet, pour un budget d’environ 3 000 $.

Une approche à peaufiner

Si d’autres études ont déjà montré l’efficacité des interventions multifactorielles, le SHCP s’en distinguait par son approche résolument axée sur le renforcement positif. Et certains des résultats obtenus ont dépassé les attentes des chercheurs, du moins dans une des deux écoles où le pourcentage des élèves en surpoids ou obèses avait diminué de manière significative. Cela dit, dans les deux écoles participantes, les élèves avaient, à la fin de l’année, acquis de nouvelles connaissances sur les fruits et les légumes. Toutefois, ils ne montraient pas une plus grande curiosité à l’égard de nouveaux fruits ou légumes qui leur étaient présentés.

Les chercheurs ont par ailleurs constaté que les efforts menés dans le but de modifier le comportement des parents en matière de saines habitudes de vie n’ont pas porté fruit. Selon eux, d’autres stratégies de communication devront être envisagées pour améliorer l’environnement familial puisqu’il représente un élément important de l’équation.