Agroalimentaire

L’empreinte carbone de l’assiette des Québécois

L’empreinte carbone de l’assiette des Québécois
François Grenier

François Grenier

JOURNALISTE | 100º

Des chercheurs du CIRAIG ont décortiqué l’alimentation des Québécois afin de déterminer leur empreinte carbone et aider les citoyens, les entreprises, les villes et les gouvernements à faire des choix éclairés.

L’équipe de la Boussole durable, le programme de recherche du Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG), auquel sont associés des chercheurs de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), de Polytechnique Montréal et des universités McGill et Concordia, a ainsi calculé que, en moyenne, l’assiette d’un Québécois génère 2,5 tonnes équivalent de CO2. Cela représente le quart de nos émissions de gaz à effet de serre.

Pour parvenir à ces chiffres, les chercheurs ont pris en compte tous les aspects de notre alimentation : de la production jusqu’à la consommation, en passant par le transport, l’entreposage, l’emballage, etc. On apprend ainsi que le Québécois moyen achète 1 236 kg de nourriture par année. Mais, bien sûr, tous ces aliments et boissons n’ont pas la même empreinte carbone.

Par exemple, on calcule que les viandes et poissons représentent 7 % de ce volume d’achat (81 kg) mais qu’ils comptent pour 36 % du bilan carbone de notre alimentation. Les produits laitiers représentent 10 % de ce budget alimentaire (122 kg), mais génèrent de 15 % de ces gaz à effet de serre (GES). À l’inverse, les fruits et légumes, qui comptent pour 19 % des aliments achetés (239 kg) produisent seulement 9 % des GES liés à notre alimentation.

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La production plus que le gaspillage

Bien évidemment, le gaspillage alimentaire, parce qu’il est évitable, ne devrait pas survenir. Selon les chercheurs, il représente 20 % du bilan de carbone attribuable à la production de la nourriture, ce qui correspond à la quantité d’aliments qui prend malheureusement le chemin de la poubelle. Or, c’est justement la production de nourriture qui engendre la plus grande empreinte carbone (82 %). En gaspillant moins, mais surtout en faisant des choix plus judicieux, nous pourrions diminuer les GES attribuables à notre alimentation.

À ce chapitre, en 2019, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lançait un appel pour que les guides alimentaires tiennent désormais compte, dans leurs recommandations, des impacts environnementaux de la production, la transformation et la distribution des aliments. L’organisme a même publié des fiches d’information pour guider les meilleures pratiques en la matière. Ces recommandations ont par la suite été réaffirmées dans le volumineux rapport EAT-Lancet ainsi que par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

On recommande donc une alimentation variée à base de fruits, de légumes, de grains entiers, de légumineuses, et qui inclut, en quantités modérées, poissons et fruits de mer, produits laitiers ainsi que des huiles d’origine végétale. Et il est fortement conseillé de limiter la consommation de viande rouge et de charcuterie. Car nul ne peut plus l’ignorer : notre alimentation est désormais indissociable de la santé de la planète.

Source : Le Devoir