Activité physique à l'école

7 pistes d’action pour encourager les élèves à bouger à l’école

Le 4 avril 2017

Vous êtes préoccupés par le comportement de vos élèves en classe, leur motivation à l’école ou encore leur capacité d’attention ? Saviez-vous qu’en les faisant bouger davantage, vous leur offrez un contexte beaucoup plus favorable à l’apprentissage ? Voici sept pistes d’action pour y parvenir

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Instaurer des pauses actives en classe

Les pauses actives permettent de faire bouger les élèves pendant les heures de classe, en plus des cours d’éducation physique et des récréations. Ces pauses de 5 à 15 minutes se déroulent dans la salle de classe des élèves et prennent la forme d’exercices aérobiques. L’implantation de pauses actives ne nécessite qu’un minimum de formation des enseignants. Elles peuvent également être animées par des élèves, préalablement formés à cet effet.

Des chercheurs de l’Université Queen en Ontario ont élaboré « FUNterval », un programme de pauses actives par intervalles. L’évaluation du programme suggère que quatre minutes de pauses actives d’intensité élevée pratiquées en classe permettent d’améliorer les comportements des élèves du primaire et de réduire leurs signes d’agitation et de distraction.

Des études scientifiques ont montré que des séances d’activité physique de plus de 10 minutes produisent des effets positifs sur les habiletés cognitives des élèves, notamment sur la concentration, la mémoire et la résolution de problème.

Intégrer des exercices physiques à l’enseignement des autres matières

Faire d’une pierre deux coups en combinant exercices physiques à l’enseignement des matières académiques telles que les mathématiques et les langues. C’est ce que proposent certains programmes développés aux États-Unis et ailleurs dans le monde (Take 10!, Physical activity across the curriculum [PAAC], Fit and Academically Proficient at School). Cette façon de faire permet aux élèves de cheminer vers l’atteinte des recommandations en matière d’activité physique, en plus de favoriser l’apprentissage.
Une étude néerlandaise menée pendant deux ans auprès d’enfants du primaire qui participaient au programme Fit and Academically Proficient at School va également dans ce sens. Les enfants ayant bénéficié du programme obtenaient, de manière significative, des résultats plus élevés que les enfants des groupes témoins lors des tests de mathématiques et d’épellation. Ces résultats équivalaient à quatre mois d’apprentissage supplémentaires.

Organiser des récréations actives

La récréation active est une stratégie gagnante pour inciter les élèves à bouger, selon plusieurs sources consultées. Elle vise à faire davantage bouger les élèves dans la cour de récréation, afin d’augmenter le temps consacré aux activités physiques d’intensité moyenne à élevée.

Offrir une variété d’activités parascolaires

Selon la disponibilité des élèves et des locaux, une variété d’activités parascolaires peut être offerte aux élèves autant le matin, que sur l’heure du dîner ou encore après l’école. Offrir des activités parascolaires avant le début des cours peut parfois être une solution au manque de disponibilité des plateaux sportifs. Qui plus est, les activités physiques réalisées le matin auraient l’avantage de maintenir la capacité d’attention des élèves tout au long de la journée, autrement cette dernière tend à diminuer durant la journée lorsque les élèves ne sont pas actifs avant d’entrer en classe.
Dans une revue de la littérature, le Center of Disease Control des États-Unis a recensé 19 études portant sur les effets bénéfiques des activités physiques parascolaires (extracurricular physical activity studies) : toutes ces études ont montré au moins une association positive entre la participation à de telles activités et la réussite scolaire. À partir de ces résultats, les chercheurs concluent que les autorités scolaires ont tout avantage à créer ou à maintenir de telles activités, sans se soucier qu’elles puissent avoir un effet négatif sur la réussite scolaire des élèves.
Quelques recommandations du MELS

  • Au primaire : privilégier les activités expressives et les activités collectives axées sur la coopération et la saine compétition afin de motiver les jeunes qui sont moins actifs et éviter la spécialisation précoce.
  • Sélectionner des activités en tenant compte des compétences qui sont visées par les cours d’éducation physique et à la santé.
  • Au secondaire : offrir des activités qui ne soient pas uniquement des sports traditionnels ou des activités pratiquées au sein de ligues compétitives.
  • Prévoir des activités des activités qui plaisent aux filles.
  • Collaborer avec le milieu (ville, centre communautaire, club privé, etc.) pour établir des ententes entre partenaires et permettre aux jeunes qui fréquentent une école à proximité d’installations sportives, comme une piscine ou une patinoire, de les utiliser à certaines heures.
  • Recourir à des bénévoles de la communauté, notamment des parents, pour optimiser la programmation (par exemple, arbitrer un match).

Encourager le transport actif vers l’école

Aller à l’école et en revenir à pied ou à vélo fait partie des occasions d’être actif pour les jeunes. Un quartier bien aménagé pour le transport actif et le soutien de Vélo-Québec constituent des pistes d’action pour inciter les élèves à se déplacer à pied.

Augmenter le temps consacré aux cours d’éducation physique et à la santé

Les écoles ont toute latitude d’augmenter le temps dédié aux cours d’éducation physique et à la santé. Il s’agit d’une piste d’action encouragée par plusieurs experts, au Québec et ailleurs. Durant de nombreuses années, les écoles ont plutôt eu tendance à faire le contraire, c’est-à-dire diminuer la durée des cours d’éducation physique pour augmenter le temps consacré aux matières scolaires. Or, de nombreuses études ont montré que l’augmentation des heures consacrées à l’éducation physique entraine divers effets positifs à l’égard :
• des habiletés cognitives (par exemple : amélioration de la concentration et de la créativité) ;
• de l’attitude (estime de soi et motivation) ;
• du comportement en classe ;
• des résultats scolaires (réussite aux tests standardisés ou moyenne scolaire).

Implanter une option « plein air »

L’implantation d’une option « plein air » dans les écoles secondaires, c’est-à-dire un prolongement ou un enrichissement du programme d’éducation physique et à la santé au profit d’activités de plein air, est une piste d’action encouragée par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) et le Conseil québécois du loisir (CQL). L’objectif est de créer des environnements favorables à la pratique d’activités de plein air chez les adolescents et d’augmenter ainsi leur niveau d’activité physique.
Le Conseil québécois du loisir note toutefois que l’implantation de cette option est un processus qu’il est préférable de déployer progressivement. Une école peut, par exemple, commencer par offrir quelques activités de plein air de courte durée, puis créer un club de plein air et, éventuellement, intégrer des matières scolaires obligatoires à l’occasion de sorties aérées, avant de mettre officiellement en place une option « plein air ».
Pour en savoir davantage sur ce sujet, soulignons que le Conseil québécois du loisir a publié les deux guides suivants : Enseigner le plein air, c’est dans ma nature ! et Le plein air, c’est dans ma nature !

 

NDLR : Ce texte est une adaptation de la fiche « Un mode de vie physiquement actif à l’école pour favoriser la réussite éducative », à l’origine publiée sur le portail Veille Action, aujourd’hui devenu 100°.



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