Santé et environnement

L’exercice vert: puissant tonique de la santé globale

Le 2 mars 2021

Courir cinq kilomètres sur des trottoirs en pleine ville n’entraîne pas les mêmes bienfaits pour la santé que si l’on couvre la même distance dans un parc ou dans une forêt urbaine. C’est ce que l’on pourrait appeler la « prime nature » de l’exercice vert.

Dans une récente étude expérimentale, on a demandé à des participants de faire une demi-heure de jogging à travers une forêt virtuelle alors qu’un groupe témoin s’adonnait à la même activité, mais cette fois dans un paysage urbain virtuel. Après leur avoir fait subir une épreuve de stress, les chercheurs ont constaté que les niveaux de cortisol, la fameuse hormone de stress, du groupe « forêt » étaient plus faibles que ceux du groupe « urbain ».

Et ce n’est qu’une des études de ce domaine de recherche émergent qui tend à démontrer les bénéfices de l’exercice vert. L’intérêt des chercheurs qui se penchent sur cette supposée « prime nature » aurait débuté au Japon, dans les années 1980. À l’époque, l’Agence des forêts japonaise souhaitait inciter ses concitoyens à se promener en forêt pour en faire une véritable hygiène de vie. C’est de là qu’est né le terme Shinrin-Yoku que l’on traduit par « bain de forêt ».

Les espaces verts: des bienfaits multiples 

Toujours à propos de ce Shirin-Yoku, une autre étude, menée sur une cohorte de plus de 6 000 Japonais âgés de 20 à 60 ans, vient de suggérer que les travailleurs qui se baladent régulièrement dans les forêts ou les espaces verts possèdent des capacités de gestion du stress plus élevées que la moyenne. Ce qui apporte évidemment un argument supplémentaire en faveur de l’écologisation urbaine.

Or, les bienfaits ressentis de la fréquentation des espaces verts vont au-delà de la gestion du stress. Ainsi, une méta-analyse a révélé que l’exercice en milieu naturel était associé à un meilleur bien-être mental. Même constat en ce qui concerne la qualité du sommeil. D’autres études expérimentales ont mis en lumière une amélioration des performances cognitives, des baisses de la pression artérielle ainsi qu’une augmentation du nombre de cellules tueuses naturelles qui luttent contre le cancer. On a même démontré, sur le long terme, que la présence d’espaces verts dans les quartiers était associée à une réduction des maladies cardiaques, du diabète et de l’asthme.

À ce chapitre, on peut aussi citer une étude de 2015 compilant les données de santé de 31 000 Torontois et ensuite recalées sur la localisation d’un demi-million d’arbres urbain. Pour le résumer, l’ajout de 10 arbres par quadrilatère équivalait, en matière de mieux-être, à une hausse du revenu de 10 000 $ ou encore à sept années d’âge en moins.

Shirin-Yoku

Les secrets de la « prime » nature

Si les preuves ne cessent de s’accumuler, il est par contre plus difficile d’expliquer les causes des bienfaits qu’apporte la nature. Bien entendu, on peut évoquer le fait que la présence d’arbres améliore la qualité de l’air. De plus, les parcs et les espaces verts sont le plus souvent éloignés des bruits que génère le trafic automobile, que l’on considère désormais comme un tueur silencieux.

D’autres chercheurs, afin d’expliquer les bénéfices que l’on retire sur le plan psychologique, avancent que la géométrie fractale qui caractérise souvent les formes végétales, de même que leurs couleurs vives, permettent à l’esprit de s’évader plus facilement que s’il se retrouve confiné dans un espace géométrique linéaire et dont les volumes paraissent écrasants.

Outre l’aspect visuel, des chercheurs se sont aussi intéressés aux interactions de nos autres sens lorsque l’on prend un bain de forêt. Notamment l’odorat, qui serait sensible à des substances que produisent les plantes et que l’on regroupe sous le nom de phytoncides. Par exemple, l’odeur dégagée par les Cèdres du Japonaurait pour effet de faire baisser la pression sanguine à peine une minute après l’avoir respiré.

La clé de la résilience ?

Jour après jour, on prend davantage conscience du fait que la santé humaine est indissociable de la santé environnementale. Et l’actuelle pandémie nous offre une cruelle leçon. Mais pour ceux qui en douteraient encore, on peut citer comme dernier exemple une récente analyse réalisée par une jeune pousse spécialisée dans l’imagerie satellitaire. Leurs données révèlent que, à densité de population égale, les communautés aux États-Unis possédant plus d’espaces verts connaissent une propagation moins rapide du virus de la COVID-19. CQFD.

 

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