Alimentation durable

Autonomie alimentaire: 20 solutions pour manger local en milieu rural

Le 17 novembre 2020

Il n’est pas toujours facile de s’approvisionner en produits frais et locaux toute l’année. La tâche peut s’avérer d’autant plus ardue en région, tout particulièrement loin des centres urbains. Que faire lorsqu’on a peu de moyens, pas d’accès à une voiture ou qu’on habite carrément dans un désert alimentaire ? Voici 20 solutions sorties tout droit des confins du Québec.

Directement dans le champ

1. Participer à une activité de glanage : c’est-à-dire ramasser les surplus dans les champs ou les arbres fruitiers. Souvent, les projets de glanage consistent à partager la récolte en trois parts : un tiers pour le producteur, un tiers pour les bénévoles-cueilleurs et un tiers pour des organismes communautaires.

2. Pratiquer l’autocueillette : courir les petits fruits, les courges, les pommes durant la saison d’abondance est un moyen zen et économique de remplir le garde-manger !

3. Transformer les surplus grâce à une conserverie mobile : le quart des fruits et légumes qui poussent au champ prennent malheureusement le chemin du compost ou pourrissent sur place. Pourquoi ne pas en faire une occasion d’affaires ?

4. Favoriser la relève grâce à un incubateur agricole : parce que l’accès aux terres cultivables est de plus en plus difficile, ces fermes tremplins offrent l’accès à un espace pour démarrer une entreprise et ainsi augmenter l’offre d’aliments frais (et souvent biologiques) sur le territoire.

Jardiner et cuisiner ensemble

5. Mettre les mains à la terre dans un jardin collectif, solidaire ou communautaire : ces potagers offrent une parcelle de terre à ceux qui n’en ont pas ou permettent aux participants d’apprendre à jardiner. Quoi de mieux pour contrer l’insécurité alimentaire que de produire soi-même sa nourriture ?

6. Jumeler une serre à une école : de la plantation à la transformation en passant par les récoltes, toutes les occasions sont bonnes pour intégrer des notions de sciences, de mathématiques ou de saines habitudes de vie.

7. Aménager une halte nourricière : un verger ou une forêt nourricière peuvent être plantés sur un terrain public par et pour la communauté.

8. Démarrer une cuisine collective : regrouper des citoyens pour mettre en commun la planification des repas, le talent culinaire, l’achat des aliments et la popote, et ainsi repartir avec de bons petits plats économiques pour la semaine.

S’approvisionner différemment

9. Déposer ou prendre de la bouffe dans un frigo communautaire : Le concept est simple ! les restants des uns font le bonheur des autres !

10. Mettre en place un groupe d’achat : à plusieurs, on peut commander de grandes quantités d’aliments directement auprès des producteurs et faire des économies sur les frais de transport, ou même bénéficier de rabais sur le volume.

11. S’approvisionner auprès d’une épicerie communautaire : une solution pour les personnes vivant dans une situation précaire ou pour sauver l’épicerie du village. Plusieurs modèles existent, de la banque alimentaire au comptoir solidaire en passant par le modèle coopératif.

Crédit photo: Dominique Bérubé pour l’Association des marchés publics du Québec

12. Visiter un marché public : le Québec compte 130 marchés publics et aucune région n’est en reste. On en trouve notamment un à Sept-Îles, deux en Gaspésie, un aux Îles-de-la-Madeleine et trois en Abitibi-Témiscamingue.

13. Commander en ligne auprès d’un marché virtuel : soit un regroupement de producteurs qui offre une mise en marché commune avec des points de chute où récupérer ses victuailles.

14. S’abonner à un panier de légumes bios : grâce au Réseau des fermiers de famille, qui comprend 132 fermes et est basé sur les principes de l’agriculture soutenue par la communauté. On paie pour toute la saison afin de recevoir un panier par semaine, composé des récoltes du moment.

15. Trouver les kiosques à la ferme ou kiosques en libre-service : une occasion idéale de rencontrer (ou non) les producteurs locaux et de faire le plein de vivres sans intermédiaire !

16. Se faire livrer des produits frais, locaux et/ou en vrac : les commerces ont pris le virage des boutiques en ligne et de la livraison au cours de la dernière année, une solution pour les personnes pour qui il est plus ardu de se déplacer.

17. Organiser une Fête des récoltes : chapiteau, musique, grande tablée et, bien sûr, le fruit du labeur des producteurs du coin, sont à l’honneur le temps d’une célébration entourant l’équinoxe d’automne.

marché local

Fête de marché au village de St-Adrien | Crédit photo: Claude Dupont

Des solutions de grande envergure

18. Miser sur un laboratoire agroalimentaire régional : un espace de transformation et d’innovation pour les petites entreprises qui souhaitent démarrer, croître ou développer de nouveaux produits. Un tel lab peut être équipé d’une cuisine industrielle collaborative, d’un entrepôt réfrigéré, d’espaces de coworking, d’une vitrine gourmande ou d’une plateforme de distribution commune, en plus de bénéficier de conseils d’experts.

19. Construire une ferme aquaponique : un projet possible même dans un territoire inaccessible par la route et hors du réseau d’hydroélectricité ! La ferme permet de créer de l’emploi et de générer des quantités impressionnantes de légumes et de poisson.

20. Mobiliser sa région autour d’une vision commune : pour s’attaquer de front à la question de l’autonomie alimentaire, une démarche structurante permet de donner vie aux idées et de mettre en commun les savoirs de chacun et chacune.

Malgré toutes ces initiatives, plus de 400 000 personnes vivent dans un désert alimentaire au Québec. Une réalité qui devrait nous inciter collectivement à multiplier les projets qui facilitent l’accès de tous à des aliments sains, frais et locaux !

* Crédit pour la photo en Une: Sandra Larochelle, pour l’Association des marchés publics du Québec