Aménagement urbain

5 bonnes raisons d’aménager encore plus de parcs et d’espaces verts

Le 16 juillet 2018

Les parcs et les espaces verts, qu’ils soient grands comme un terrain de tennis où vastes comme le mont Royal, jouent une multitude de rôles et ont des impacts bénéfiques tant sur la santé des individus, de l’environnement que de l’économie.

enfants dans un parc

Dans son rapport Concevoir un mode de vie sain, la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, livre un vibrant plaidoyer en faveur de l’aménagement de milieux qui sont favorables à la pratique d’activité physique et à une alimentation équilibrée. Elle souligne, entre autres, l’importance que revêt pour les enfants le fait de pouvoir jouer librement dans les parcs.

À cet égard, on peut aussi citer la Déclaration de Parme selon laquelle les autorités publiques s’engagent à « garantir à chaque enfant, d’ici 2020, l’accès… à des espaces verts où ils peuvent jouer et s’adonner à des activités physiques ». L’OMS, dans son rapport Urban Green Space Interventions and Health, définit d’ailleurs cet accès par une distance de marche de 5 minutes ou encore de 300 mètres.

À la lumière de cette définition, on peut malheureusement penser que bien peu de villes dans le monde auront atteint cet objectif… Et pourtant, ce ne sont pas les arguments qui manquent pour investir davantage dans les parcs et espaces verts…

entraînement dans un parc

1- Les parcs sont bénéfiques à la santé des citoyens

Bien entendu, si l’accès aux parcs et espaces verts est essentiel au développement des enfants, tant sur les plans physique que psychosocial, l’ensemble de la population en tire aussi des bénéfices. Dans un rapport intitulé, Verdir les villes pour la santé de la population, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) dresse une liste de certains de ces bénéfices.

  • Propices à la pratique d’activité physique, ils auraient des effets positifs sur la réduction de l’obésité, de l’embonpoint et de la morbidité associée à cette condition ainsi qu’à celles d’autres maladies.
  • Ils produiraient des bienfaits au chapitre de la santé mentale (réduction des symptômes de dépression, du stress) en plus de procurer un sentiment de bien-être à leurs utilisateurs.
  • Ils favorisent la pratique de la marche chez les personnes âgées, ce qui réduit les risques de problèmes de santé chroniques.
  • Les enfants en retirent les mêmes bénéfices, tant sur le plan de la santé physique que celui de la santé mentale, notamment en ce qui concerne le trouble du déficit de l’attention.
  • Lieux de rencontre, ils contribuent à briser l’isolement social et tendent à diminuer la criminalité dans les quartiers.
  • Par le truchement de l’agriculture urbaine, comme le jardinage communautaire, ils offrent la possibilité d’adopter un mode de vie plus sain et de favoriser une plus grande sécurité alimentaire.

Des études toutes récentes tendent de nouveau à confirmer l’ensemble de ces impacts bénéfiques sur la santé. L’une d’entre elles résulte d’une méta-analyse de 143 études provenant de 20 pays et impliquant quelque 290 millions de personnes. On observe que la présence d’espaces verts est associée à la diminution des risques de diabètes de type II, de maladies cardiovasculaires, d’accidents vasculaires cérébraux (AVC), de décès prématurés, de naissances prématurées. Une autre étude établirait, pour sa part, que les quartiers plus verts sont associés à un déclin plus lent des facultés cognitives chez les aînés.

2- Les parcs ont un impact positif sur l’économie

Les espaces verts, notamment ceux plantés d’arbres, rendent de nombreux services environnementaux et socioéconomiques. Ils améliorent la qualité de l’air, protègent des UV et de la chaleur, facilitent la gestion des eaux pluviales, favorisent la biodiversité et permettent la captation du carbone pour lutter contre les gaz à effet de serre. Tous ces services, offerts gratuitement, ou presque, par les espaces verts, aident la société à réaliser des économies, en matière énergétique ou d’infrastructure, en plus d’accroître la valeur foncière des propriétés avoisinantes.

Dans un autre rapport, l’INSPQ a calculé que l’ensemble de ces services écosystémiques auraient une valeur de 12 829 $ US, par hectare et par année. Par ailleurs, les économies réalisées en matière de soin de santé, ajoutées aux coûts sociaux évités en perte de travail et en mortalité prématurée, se chiffraient à 18 870 $ US. En additionnant les 2 montants, la valeur monétaire d’un hectare de verdure s’élèverait donc de 31 696 $ US par année !

Ajoutons que toute ville digne de ce nom possède au moins un parc emblématique. Qu’il s’agisse de Central Park, de Hyde Park ou encore du mont Royal, chacun de ces espaces contribue à la signature particulière d’une ville et compte parmi ses attraits touristiques notables. Il existe d’ailleurs des palmarès, non scientifiques, établis par des agences de voyages et qui classent les villes selon leur densité d’espaces verts. Voilà un autre élément qui entre dans la fameuse équation du retour sur l’investissement.

enfants dans un parc

3- Les parcs réduisent les îlots de chaleur

Pour bien des élus, les retombées en matière de santé publique associées à la présence d’espaces verts paraissent souvent lointaines. Par contre, en raison des changements climatiques, ces lieux verdis seront appelés à jouer des rôles cruciaux en matière de sécurité civile. Par exemple, les périodes de canicules risquant de se multiplier, la lutte contre les îlots de chaleur va devenir un enjeu de plus en plus important.

enfant sous la pluie

4- Les parcs absorbent l’eau lors des intempéries

D’autre part les surfaces minéralisées ne font pas qu’amplifier les effets de la chaleur. Parce qu’elles sont imperméables, ces immenses superficies recueillent d’énormes quantités d’eau lors des orages éclair. De l’eau qui est alors évacuée trop rapidement vers les systèmes d’égouts, ce qui entraîne alors des surverses, à savoir des débordements qui polluent les cours d’eau. D’où l’importance de multiplier les parcs dans la trame minérale urbaine et même de les concevoir pour qu’ils deviennent, au besoin, des bassins de rétention. D’ailleurs, afin de se préparer aux nombreux défis qui viennent, Montréal a, en 2014, adhéré au club des 100 villes résilientes.

activite physique pour les filles

5- Les parcs contribuent à réduire les inégalités sociales en santé

Les études le montrent. La présence d’espaces verts est associée à une meilleure qualité de vie et à une meilleure santé. C’est exactement le constat de la Santé publique du grand Los Angeles qui, dans un rapport, révèle que, sur son territoire, les citadins qui jouissent d’un meilleur accès à des parcs sont moins susceptibles d’être victimes de décès prématurés.

Or, ce même rapport a permis de mettre en lumière des inégalités flagrantes au chapitre de l’accès des populations aux parcs et espaces verts. Ainsi, les villes ou communautés les mieux nanties du grand Los Angeles peuvent compter jusqu’à 56 acres de parcs par 1 000 habitants, tandis que les quartiers les plus pauvres bénéficient de seulement un demi-acre par 1 000 habitants. Les auteurs du rapport ont ainsi établi la corrélation négative suivante : plus les communautés éprouvent des difficultés économiques, plus les espaces consacrés aux parcs diminuent

À ce compte, il y a fort à parier que Los Angeles n’atteindra malheureusement pas, d’ici 2020, les objectifs de la Déclaration de Parme…



jouer dehors

Pour les générations futures

Même si nombreuses sont les villes qui comme Los Angeles sont loin de la Déclaration de Parme, les auteurs du rapport pressent les décideurs tant municipaux que gouvernementaux de ne pas baisser les bras et formulent à leur endroit les recommandations suivantes :

  • Prioriser l’aménagement des parcs là où ils sont trop rares
  • Établir des programmes d’animation et bannir la malbouffe
  • Mettre l’emphase sur la sécurité
  • Aménager des accès sécuritaires pour les piétons et les cyclistes en direction des parcs et entre les parcs
  • Doter les parcs d’aménagements verts pour aider à lutter contre les changements climatiques et résister à leurs effets
  • Éviter d’installer des parcs près des grands couloirs autoroutiers afin de limiter l’exposition aux polluants atmosphériques

Et par-dessus tout, il faut garder à l’esprit que les parcs que nous aimons fréquenter, avec leurs grands arbres matures, ont été aménagés il y a plusieurs décennies. C’est un legs dont nous profitons aujourd’hui, mais qu’il faut aussi veiller à transmettre aux générations futures.