Agroalimentaire

Portrait de l’accès à la saine alimentation au Québec

Portrait de l’accès à la saine alimentation au Québec
Équipe de rédaction 100º

Équipe de rédaction 100º

Au cours des dernières années, de nombreuses actions ont été mises en place pour améliorer l’accès et la qualité de l’offre alimentaire au Québec. Malgré tout, les besoins demeurent nombreux, tout comme la nécessité de nouer de nouvelles collaborations entre les acteurs du milieu. Pour la première fois, une étude, intitulée Accès universel à une offre alimentaire de qualité : actions, besoins et collaborations intersectoriellesfait état de la situation. En voici les faits saillants.

Les auteurs du rapport ont sondé 306 organisations œuvrant dans sept secteurs d’activités : communautaire; santé et services sociaux; éducation; municipalité; bioalimentaire; intersectoriel; environnemental. Ils ont pu identifier un total de 801 actions, la plupart menées sur le terrain, alors que d’autres avaient des portées plus globales. Elles se classent selon les 18 catégories suivantes :

  • Amélioration de la disponibilité des aliments dans les milieux de vie (119)
  • Réduction du coût des aliments pour le consommateur (80)
  • Don d’aliments (72)
  • Éducation/développement des compétences (71)
  • Amélioration de la qualité des aliments (64)
  • Information/promotion (62)
  • Approvisionnement/mise en marché en circuits courts (49)
  • Mobilisation/concertation (44)
  • Soutien financier (43)
  • Accompagnement/service-conseil (35)
  • Optimisation de la logistique de distribution et récupération des aliments (33)
  • Réduction de l’empreinte écologique (33)
  • Adoption de politique alimentaire/cadres de référence et réglementation en alimentation (28)
  • Plaidoyer politique/lobbying auprès des instances gouvernementales (20)
  • Recherche et innovation (15)
  • Facilitation des déplacements vers les infrastructures alimentaires (13)
  • Développement de solutions alimentaires adaptées aux besoins spécifiques (11)
  • Soutien technique à la mise en place d’initiatives favorisant l’accès (9)

À noter que le rapport détaille en outre 35 exemples inspirants qui servent à illustrer certaines des actions menées dans les sept secteurs d’activités. On peut citer, parmi ces coups de cœur, Cantine pour tous, Carrefour alimentaire Centre-Sud, Tablée des Chefs, MRC d’Argenteuil, CHU Sainte-Justine, Fondation OLO, Association québécoise de la garde scolaire, Croquarium, Caravane des Cultures, ProjetSol

Accès universel à une offre alimentaire de qualité

« La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active. » - Sommet mondial de l’alimentation de 1996

Or, selon l’Institut national de santé publique du Québec, 45,5 % des Québécois ont un accès géographique limité aux commerces alimentaires tandis que plus de 420 000 personnes (5,7 % de la population) vivent dans un désert alimentaire. De plus, 11,1 % des ménages québécois vivent de l’insécurité alimentaire, proportion qui se chiffre à 28,1 % chez les ménages monoparentaux ayant une femme à leur tête. En outre, 29 % de l’apport calorique des Québécois proviendrait d’aliments à faible valeur nutritive, alors que seulement 24 % des Québécois atteindraient la recommandation pour les fruits et légumes.

L’atteinte de la sécurité alimentaire, soulignent les auteurs du rapport, est donc indissociable de l’accès universel à une offre alimentaire de qualité. Ce qui soulève de nombreux enjeux en matière, par exemple, d’aide alimentaire d’urgence, de coût des biens et services essentiels, d’organisation du système alimentaire, d’accessibilité des aliments dans les milieux de vie et même de littératie alimentaire.

En résumé, pour qu’une offre alimentaire soit universelle, elle doit résoudre des problèmes liés à l’accès géographique, l’accès physique, l’accès économique et l’accès « nutritif ». À cet effet, le rapport souligne que des efforts supplémentaires devront être consentis afin de mieux répondre aux besoins des personnes les plus vulnérables.

Jeune plante

Un continuum d’interventions

Ces enjeux complexes ne peuvent être résolus par un seul secteur d’activité à la fois. Ils exigent notamment une collaboration de l’ensemble des acteurs en provenance aussi bien des échelons gouvernementaux, régionaux, municipaux que locaux. Et, pour y parvenir, le rapport formule six recommandations :

  • Soutenir la création d’environnements favorables à la saine alimentation pour tous
  • Faciliter les maillages et le mentorat à l’intérieur et entre les différents secteurs
  • Encourager le partage de ressources, financières, humaines et matérielles
  • Impliquer les populations vulnérables afin de mieux comprendre leurs besoins
  • Promouvoir les actions prometteuses en matière d’accès universel à une offre alimentaire de qualité
  • Approfondir les recherches sur les dynamiques de collaboration intersectorielle

Ce portrait a été réalisé par le groupe de travail sur l’accès universel à une offre alimentaire de qualité de la Table québécoise sur la saine alimentation et a été coordonné par Vivre en Ville ainsi que l’Observatoire de la qualité de l’offre alimentaire de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels.

Source : Table québécoise sur la saine alimentation

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