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Un nouveau symbole nutritionnel est apparu sur les emballages des produits transformés vendus dans les magasins d’alimentation canadiens. Illustré par une loupe, ce symbole fait désormais partie des exigences réglementaires de Santé Canada. À quoi sert-il ? À quels produits s’applique-t-il ? Et surtout, comment s’en servir pour faire des choix plus éclairés ? On scrute le sujet… à la loupe !
Depuis le 1er janvier 2026, une icône de loupe figure obligatoirement sur le devant des emballages d’aliments transformés ayant des teneurs élevées en gras saturés, en sucres ou en sodium. L’objectif est clair : d’abord, aider les consommateur·rices à faire des choix plus éclairés; mais aussi, inciter l’industrie à améliorer la qualité nutritionnelle de ses produits.
Pourquoi un nouveau symbole nutritionnel?
Au Canada, près de la moitié de l’apport énergétique quotidien moyen provient d’aliments ultratransformés, souvent riches en gras saturés, en sucres ou en sodium. Une surconsommation régulière de ces nutriments est associée à de plus grands risques de développer une maladie chronique, comme le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et certains cancers. Alors que la présence d’allégations santé sur les emballages alimentaires crée parfois de la confusion, le symbole de la loupe permet de repérer, en un coup d’œil, les aliments qui constituent fort probablement les options les moins nutritives, pour s’orienter vers de meilleurs choix.
Comment fonctionne l’étiquetage?
Santé Canada a établi des seuils précis pour chaque catégorie d’aliments, calculés en fonction de leur quantité de référence respective. Ces seuils sont exprimés en pourcentage de la valeur quotidienne (VQ), une information déjà visible dans le tableau de la valeur nutritive. Lorsqu’un produit atteint ou dépasse le seuil pour l’un des nutriments ciblés (gras saturés, sucres, sodium), le fabricant doit afficher le symbole, accompagné de la mention « Élevé en [nutriment] ». Si plus d’un nutriment dépasse le seuil, le symbole doit s’accompagner d’un avertissement pour chaque nutriment concerné.
Quels produits alimentaires sont soumis à la réglementation?
Sans trop de surprises, plusieurs catégories d’aliments transformés doivent afficher le symbole sur le devant de leur emballage. C’est le cas notamment de produits qui se retrouvent régulièrement dans les paniers d’épicerie, tels que les viandes transformées tranchées (ex. : jambon, volaille tranchée), les soupes prêtes-à-servir, ou encore les repas et pizzas surgelés.
Depuis sa création en 2016, l’Observatoire de la qualité de l’offre alimentaire se penche sur la caractérisation et le suivi de la qualité nutritionnelle de 15 catégories d’aliments transformés. Parmi ces catégories, cinq comptent parmi les plus grandes contributrices aux apports de la population québécoise en gras saturés, en sucres et en sodium*. Selon le portrait initial publié par l’Observatoire en 2024 :
- Céréales à déjeuner : 22 % des produits analysés présentaient des teneurs élevées en sucres.
- Biscuits et galettes : 84 % dépassaient les seuils pour les sucres ou les gras saturés.
- Grignotines salées : 41 % étaient « élevées en sodium ».
- Pains tranchés : 36 % auraient affiché le symbole nutritionnel sur le devant de leur emballage, dont plus du tiers pour le sodium.
- Produits de fromage : 83 % dépassaient le seuil établi pour les gras saturés.
Dans les catégories à l’étude, 60 % des aliments transformés achetés au Québec dépassaient le seuil fixé pour au moins un nutriment et auraient donc eu à afficher le symbole de la loupe au 1er janvier 2026.
Comment utiliser ce symbole nutritionnel pour faire des choix sains?
Dans les magasins d’alimentation, le symbole est conçu pour attirer l’attention rapidement. Il se trouve dans la moitié supérieure de l’emballage et se présente sous la forme d’une loupe noire sur fond blanc, accompagnée de la mention « Élevé en », suivie des nutriments concernés. Si vous voyez ce symbole, vous savez déjà que le produit contient une quantité importante de gras saturés, de sucres et/ou de sodium, par rapport aux seuils établis.
L’absence de symbole peut indiquer un meilleur choix, mais il demeure utile de consulter le tableau de la valeur nutritive et la liste des ingrédients pour comparer les produits. Par exemple, entre deux céréales à déjeuner qui n’affichent pas le symbole de la loupe, l’une peut contenir davantage de fibres que l’autre.
Attention aux substitutions!
Pour éviter d’avoir à afficher le symbole sur leurs produits, certains fabricants ont commencé à remplacer les sucres par des édulcorants (ex. : sucralose, sorbitol). Or, la consommation régulière d’édulcorants est déconseillée par l’Organisation mondiale de la Santé. Pour repérer leur présence dans un produit, consultez toujours la liste d’ingrédients.
En résumé
Le symbole nutritionnel est un outil simple et efficace pour repérer rapidement les produits à teneur élevée en gras saturés, en sucres et en sodium. Combiné aux autres informations présentes sur l’emballage, comme le tableau de la valeur nutritive et la liste d’ingrédients, il contribue à nous guider vers des choix alimentaires plus éclairés. En instaurant cette réglementation, Santé Canada souhaite également inciter l’industrie bioalimentaire à améliorer la qualité de produits existants ou à mettre en marché de nouveaux produits plus intéressants sur le plan nutritionnel. L’Observatoire effectuera de nouvelles collectes de données afin de mesurer l’évolution du marché, en réponse à ces nouvelles normes d’étiquetage.
* L’Observatoire de la qualité de l’offre alimentaire est un projet structurant de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF). Créé en 2016, l’Observatoire vise à caractériser et à suivre l’évolution de l’offre alimentaire afin d’améliorer sa qualité et son accessibilité. L’Observatoire mesure et suit la composition nutritionnelle de 15 catégories d’aliments transformés, fréquemment consommées par la population québécoise. Ses travaux sont financés par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.
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