Nouvelle étude

Activité physique à l’école: comment faire mieux au secondaire ?

Le 28 janvier 2019

Quelles sont les mesures structurantes à mettre en place dans les écoles secondaires du Québec pour favoriser la pratique régulière d’activités physiques ? La Table sur le mode de vie physiquement actif (TMVPA), en collaboration avec l’Université de Sherbrooke, s’est penchée sur cette question qui préoccupe bien des milieux scolaires.

Pour répondre à cette question, des chercheurs de l’Université de Sherbrooke ont mené 66 entrevues auprès d’une variété d’intervenants œuvrant dans 16 établissements secondaires et réalisé 4 groupes de discussion regroupant des intervenants d’un même milieu d’enseignement1. Objectif de la démarche: identifier les facteurs facilitants et les obstacles à la pratique d’activités physiques à l’école, et mieux cerner les besoins et les priorités. Petit survol des résultats.

Les participants aux entrevues individuelles ont identifié les besoins et les priorités suivants :

Les besoins

  • Améliorer la quantité, la qualité et l’accessibilité des infrastructures sportives ;
  • Bénéficier de politiques externes favorables à la pratique régulière d’activités physiques ;
  • Bénéficier d’une plus grande quantité de matériel sportif de qualité ;
  • Accorder des libérations de tâche aux intervenants scolaires ;
  • Améliorer les partenariats avec la communauté ;
  • Faciliter le transport scolaire.

Les priorités

  • Bénéficier de politiques externes favorables à la pratique régulière d’activités physiques ;
  • Améliorer la quantité et la qualité des infrastructures sportives ;
  • Bénéficier d’un leadership significatif de la direction et de l’équipe-école ;
  • Susciter l’intérêt des élèves pour la pratique régulière d’activités physiques ;
  • Faciliter le transport scolaire.

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Les groupes de discussion réalisés dans 4 écoles différentes ont identifié les priorités suivantes :

École A

  • Diversifier les activités physiques et sportives offertes en parascolaire ;
  • Assouplir la grille-matière et les parcours académiques ;
  • Augmenter les heures d’éducation physique et à la santé (EPS) pour tous.

École B

  • Sensibiliser les milieux à l’impact de la pratique d’activités physiques sur la réussite scolaire ;
  • Augmenter le temps alloué à l’EPS dans la grille matière ;
  • Reconnaître l’implication des enseignants.

École C

  • Faciliter le transport scolaire ;
  • Assurer la relève d’intervenants provenant de la communauté ;
  • Améliorer les infrastructures.

École D

  • Ajouter une volonté politique et une équipe-école qui priorisent la pratique régulière d’activités physiques ;
  • Ajouter des périodes d’activités physiques et sportives à la grille-matière ;
  • Améliorer les infrastructures.

Les chercheurs constatent que 3 des 4 établissements scolaires ont priorisé le besoin d’une augmentation du temps alloué à l’EPS et à l’activité physique et sportive dans la grille-matière.

Par ailleurs, ils trouvent étonnant que les élèves soient peu présents dans les propos recueillis auprès des participants, alors que les interventions ont justement pour but d’influencer leur conduite individuelle. « (…) il serait certainement pertinent de questionner directement les élèves afin d’enrichir la compréhension actuelle des enjeux reliés aux interventions visant l’adoption ou le maintien de leur propre pratique régulière d’activités physiques », concluent les auteurs de l’étude.

Un webinaire présenté par les chercheurs

Pour en savoir plus sur cette étude, vous pouvez visionner le webinaire qui a eu lieu le 25 janvier dernier. La première partie porte sur une revue de la littérature. La présentation des résultats de l’étude menée au Québec commence à la 21minute. Ce lien vous permet également de télécharger les deux études.

Sylvain Turcotte, Ph.D., Félix Berrigan, Ph.D., Sylvie Beaudoin, Ph,D., Catherine Gignac, M.Sc.

  • Revue de littérature sur les facteurs facilitants et les obstacles visant l’intégration de l’activité physique au secondaire (volet 2)
  • Étude sur les besoins, les facteurs de réussite et les obstacles des interventions visant la pratique régulière d’activités physiques en milieu scolaire (volets 4 et 5).

1. Ce projet est issu de l’obtention d’un contrat provenant du comité sur les offres de services au milieu scolaire de la Table sur le mode de vie physiquement actif (TMVPA) coordonnée par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MÉES). Ce comité a pour mandat d’assurer la cohérence des messages et des actions ainsi qu’une complémentarité des offres faites au milieu scolaire pour favoriser un mode de vie physiquement actif chez les jeunes de 4 à 17 ans. L’appui financier pour la réalisation de ce contrat a été rendu possible grâce à la collaboration de l’organisme Québec en Forme.



L’approche socio-écologique en milieu scolaire

De multiples facteurs interdépendants influencent l’adoption d’un mode de vie physiquement actif. Voilà pourquoi les chercheurs ont utilisé un modèle socio-écologique qui permet de classer les données recueillies au cours des entrevues individuelles. Ce modèle comporte 5 niveaux.

Les politiques sont externes à l’école. Il s’agit notamment des politiques adoptées par le gouvernement et par les commissions scolaires au sujet du financement, du transport, du temps prescrit pour chaque matière, etc.

La communauté comprend les éléments relatifs aux municipalités, aux entreprises, à la population et à l’environnement à l’extérieur de l’école.

Le milieu scolaire se décline en 4 niveaux : l’organisation scolaire, les intervenants, l’intervention et l’implantation.

Le niveau de la famille et des pairs inclut les relations sociales de l’élève avec sa famille et avec les autres élèves.

L’élève est au centre du modèle. Ce niveau inclut les caractéristiques de l’élève, comme ses croyances, ses capacités, son niveau socio-économique et ses attitudes.

Dans le cas des facteurs facilitants, le modèle se présente ainsi :

Dans tous les points abordés par les participants (facteurs facilitants, obstacles, besoins et priorités) au cours des entrevues, les chercheurs ont constaté que les facteurs spécifiques à la communauté, aux parents et aux pairs, ainsi qu’aux élèves sont très peu présents. Comme les interventions ont pour but de d’influencer les élèves, les chercheurs recommandent de les questionner afin de mieux cerner les enjeux touchant leur propre pratique régulière d’activités physiques.