Tout-petits

Enseigner l’importance du développement moteur aux éducatrices de la maternelle et des CPE

Le 20 juillet 2016

Il s’agit parfois d’une seule personne pour allumer une étincelle et changer les choses. C’est une cégépienne en Techniques de l’éducation à l’enfance, qui, alors qu’elle faisait son stage, s’est aperçue que l’éducatrice qui la supervisait avait des connaissances en développement moteur qu’elle n’avait pas vues dans son programme.

Une formation enrichissante

L’éducatrice en question avait reçu quelque temps auparavant une formation de Mario Labbé, agent de développement chez Québec en Forme.

Mario Labbé est kinésiologue et spécialiste en psychomotricité. Depuis 2008, il donne des formations à des enseignants de maternelle et des éducateurs et éducatrices en centres de la petite enfance (CPE). Lorsqu’il a eu vent de cette carence en développement moteur dans le Diplôme d’études collégiales en Techniques de l’éducation à l’enfance, il a rencontré la chef de programmes du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, qui cherchait justement à réviser son programme en ce sens.

Depuis, le curriculum en développement moteur du programme a été bonifié. La formation des nouvelles éducatrices a été améliorée pour inclure l’implantation d’activités en développement moteur à la maternelle et dans les CPE.

Faire les choses autrement

« Ici, on est dans une petite région où les gens se connaissent et où, surtout, on n’a pas peur de faire autrement. C’est ce qui explique le succès de notre programme », explique Mario Labbé. Il rappelle que ces ajouts au programme collégial ne sont pas la norme partout. « On est un cas d’exception, avec deux ou trois autres collèges à la grandeur du Québec. »

« On s’est rendu compte qu’on enseignait davantage la motricité fine que la motricité globale dans les CPE et en maternelle », ajoute Kim Hurtubise, agente de mise en œuvre et de mobilisation à la Fondation Lucie et André Chagnon. Quand on y pense, c’est logique : il est plus simple et facile de mettre en place une activité de bricolage qu’un grand jeu qui demande de l’activité physique.

Et pourtant, c’est par le jeu physique que se développent bien des aptitudes chez les tout-petits. Mario Labbé fait part de son expérience personnelle : « J’ai deux jeunes enfants de deux et quatre ans. Ils ont été mes cobayes! Avec eux, j’ai laissé tomber la performance, je ne leur demande pas de savoir lire ou écrire avant le temps. À la place, on joue! Jouer, c’est la base, le solage, dans le développement de l’enfant. En plus d’être significatif pour eux, ça crée un lien d’attachement et ça leur donne des outils pour affronter la vie. »

Des impacts positifs

La bonification du programme a eu des impacts positifs sur les éducateurs et enseignants à la maternelle, mais aussi sur les gestionnaires du projet. « Je suis fière de ce qu’on a accompli, dit Kim Hurtubise. J’ai réalisé que certains profs avaient fait un changement de pratique radical. » Malgré la fin du programme de Québec en Forme, les acquis se poursuivent. Kim Hurtubise dit avoir reçu des appels d’autres établissements scolaires intéressés… jusqu’en Belgique!