Municipalités et santé publique

Améliorer l’offre alimentaire: petits gestes, grands changements

Le 10 juillet 2016

La semaine dernière, j’étais de passage à Sept-Îles, dans la belle région de la Côte-Nord, pour participer à la 39e Session de perfectionnement de l’Association québécoise des arénas et des installations récréatives et sportives (AQAIRS).

J’ai eu le privilège d’animer une conférence « Pour le plaisir et le loisir de bouger et bien manger, parlons environnements favorables » auprès de 200 de leurs membres.

Faciliter les choix sains

Vous savez, l’univers dans lequel on vit aujourd’hui exerce de très fortes pressions sur les comportements et les décisions prises quotidiennement par chaque personne. À cet égard, les professionnels et les gestionnaires d’arénas et d’installations récréatives et sportives ont un rôle de premier plan à jouer afin de mettre en place des conditions favorisant un mode de vie sain et actif.

Hockey, soccer, natation… partout au Québec, 12 mois par année, les arénas et les installations récréatives et sportives sont régulièrement fréquentés par des milliers de jeunes accompagnés de leurs parents. L’offre alimentaire proposée par les casse-croûtes et les machines distributrices, les espaces conviviaux pour prendre le repas, l’offre d’activités physiques libres ou organisées, l’accessibilité des lieux, les horaires ainsi que les coûts ont donc un impact important sur les choix quotidiens des familles.

Une responsabilité partagée

Aussi bien la population que les décideurs municipaux s’entendent pour dire que les saines habitudes de vie, c’est l’affaire de tous. À 82 %1, la population soutient que les parents ne sont pas les seuls responsables de la saine alimentation de leurs enfants et attribue aussi une part de responsabilité aux institutions. De façon similaire, 73 %2 des décideurs municipaux sont d’avis que la responsabilité de s’adonner régulièrement à des activités physiques devrait être partagée entre les citoyens et diverses instances. Comment pouvons-nous aider les parents à faire de bons choix pour leurs enfants ?

Des municipalités engagées

Un peu partout dans les régions, on voit de plus en plus de municipalités passer à l’action et amorcer un virage santé dans leurs installations. En voici quelques exemples inspirants en matière de saine alimentation.

Outaouais et Estrie : les villes de Gatineau et Sherbrooke se sont dotées de politiques alimentaires afin d’améliorer les menus et les aliments offerts dans les infrastructures sportives, les espaces publics, les événements et les fêtes populaires.

Lanaudière : la municipalité de Saint-Donat a modifié l’offre dans les machines distributrices du parc des Pionniers afin d’y ajouter des produits plus nutritifs.

Gaspésie, Mauricie et Centre-du-Québec : l’aréna de Gaspé, le Centre Gervais Auto de Shawinigan, le Colisée de La Tuque, le Centre Richard-Lebeau de Saint-Léonard-d’Aston ainsi que le Complexe sportif Sani Marc de Victoriaville offrent maintenant des menus plus variés répondant aux besoins nutritionnels des sportifs.

Saguenay-Lac-Saint-Jean : la ville de Dolbeau-Mistassini interdit la vente de boissons énergisantes dans les édifices municipaux.

Chaudière-Appalaches : grâce au travail de collaboration entre les municipalités de Saint-Henri et Saint-Damien-de-Buckland, dans la MRC de Bellechasse, ainsi que des acteurs régionaux et provinciaux, une nouvelle norme sociale en matière d’offre alimentaire a fait son apparition dans les arénas.

Partager les expériences

Il ne faut pas se le cacher, réaliser un projet d’amélioration de l’offre alimentaire en milieu municipal pose de nombreux défis et nécessite une approche à petits pas. Pour y arriver, il est souhaitable que tous contribuent, même par de petits gestes, à ces changements : citoyens, concessionnaires, décideurs, etc.

Votre milieu souhaite entreprendre une démarche similaire ? N’hésitez pas à enrichir vos réflexions et votre action en contactant vos homologues d’autres régions qui ont réalisé ces changements afin qu’ils partagent avec vous leur expérience et vous fassent profiter de leurs conseils. Les instances de concertation régionales peuvent vous aiguiller vers les bonnes personnes.

Le vaste mouvement en faveur des saines habitudes de vie est plus fort que jamais au Québec. D’ailleurs plus de 80 % de la population remarque, depuis 5 ou 10 ans, des changements qui font en sorte qu’il est plus facile de bouger et bien manger au quotidien. Beaucoup de travail reste à faire, mais c’est très encourageant !