Alimentation à l'école

Apprendre à bien manger, c’est aussi l’affaire de l’école!

Le 1 septembre 2015

Les programmes éducatifs scolaires ont tendance à accorder plus d’importance à ce qu’on met dans le cerveau des enfants que dans leur corps.

C’est peut-être parce que les notions de mathématiques, d’histoire et de français ne sont pas encore disponibles dans l’allée des surgelés à l’épicerie. Elles nécessitent un apprentissage et elles doivent donc être enseignées.

Pour ce qui est de manger, tout le monde sait le faire. Coché! Passons à un autre appel.

Bien sûr, ce n’est pas ce que je pense, mais j’ai l’impression que c’est un peu la situation. Avec cette vision des choses, on en arrive à un point où la compétence de préparer de la nourriture est secondaire. Pour une compétence qui est à la base de notre survie, ça m’apparaît plutôt gros comme dévaluation.

Nous ne sommes pas des nids de poule!

Si manger avait simplement une fonction de « remplir un creux », ça se comprendrait. Mais nous ne sommes pas des nids de poule! Manger, c’est beaucoup plus. Manger, c’est une occasion de partage, c’est savoir apprécier le travail qui a été fait de la terre à la table, c’est découvrir et apprécier tous les aliments auxquels on a accès, c’est prendre conscience de ce qu’on met dans notre corps en termes de quantité et de qualité, et beaucoup plus.

Il y a des gens derrière les aliments, il y a aussi des ressources, des animaux, des plantes et une planète. Considérer l’alimentation comme un « remplissage » est très réducteur et je dirais même menaçant. Comment faire des choix conscients et respectueux quand nous creusons un fossé entre les aliments et nous? Comment prendre notre temps pour manger et accorder de l’importance aux repas lorsque les aliments arrivent sur la table (ou par la fenêtre de la commande à l’auto) comme par magie?

Apprendre l’alimentation… où?

Pour éviter que tout cela ne se produise, ça prend un minimum d’éducation alimentaire et culinaire. Une éducation qui se fait à la maison et à l’école. Les enfants apprennent naturellement à cuisiner et à connaître les aliments à la maison lorsqu’ils voient leurs parents faire et qu’ils ont l’occasion de mettre la main à la pâte. C’est comme ça que j’ai appris, que ma mère a appris, ainsi que toutes les générations avant nous. Or la situation a changé. Les gens cuisinent moins et de nombreuses enquêtes révèlent que les parents n’ont souvent pas suffisamment de savoir et de compétences culinaires pour les transmettre à leurs enfants. Plusieurs experts sont donc d’avis que cette responsabilité incombe en grande partie à l’école.

Les occasions d’apprentissages

Il y a peu de place pour l’alimentation dans le cursus scolaire actuel, mais de nombreuses initiatives sont déjà en cours pour renverser la vapeur et rendre l’école plus favorable au développement de saines habitudes alimentaires. Plusieurs d’entre elles ont été présentées lors de la première Conférence nationale sur l’alimentation scolaire il y a quelques jours à Montréal, intitulée Du changement au menu. Plutôt que des cours de cuisine obligatoires, ces initiatives sont généralement offertes en activités parascolaires, comme Les Ateliers cinq épices, au primaire, et Les Brigades culinaires, au secondaire. En complément à divers programmes, Équiterre offre des outils pour permettre de sensibiliser et informer les jeunes et leur famille à une alimentation saine, locale et biologique.

C’est pourtant loin d’être toutes les écoles et encore moins tous les élèves qui bénéficient actuellement de ces superbes initiatives. « Bénéficient », le mot est choisi, car ces apprentissages ont plusieurs effets bénéfiques, notamment :

  • Sensibiliser et éduquer les jeunes à la saine alimentation.
  • Permettre aux jeunes de se composer un repas équilibré.
  • Découvrir des nouvelles saveurs.
  • Augmenter la consommation de fruits et de légumes.
  • Aider les jeunes à acquérir leur autonomie et de la confiance en eux.
  • Créer un sentiment d’appartenance (dans le cas des Brigades culinaires, par exemple).

Il y a peu de chances que les cours d’économie familiale renaissent. S’il faut en faire un deuil, ça ne signifie pas qu’il faille pour autant enterrer l’idée d’éduquer les jeunes à l’alimentation et à la cuisine. Les projets de qualité existent. Joignez-vous au mouvement