Saine alimentation

Élections 2019 : plaidoyer pour une industrie agroalimentaire plus transparente

Le 17 septembre 2019

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Avez-vous de l’intérêt pour la campagne électorale qui vient d’être déclenchée ? Moi, oui ! Et c’est surtout parce que j’anticipe que l’alimentation des Canadiens va s’inviter dans la campagne !

En effet, si je me fie aux débats parlementaires tranchés concernant les travaux de Santé Canada sur l’étiquetage et la publicité destinée aux enfants, sans oublier la récente Politique alimentaire pour le Canada ainsi que les nombreux propos controversés qui ont accueilli la sortie du nouveau Guide alimentaire canadien, il serait étonnant que les candidats ne soient pas questionnés sur ces enjeux d’importance. Et c’est tant mieux ! Il est essentiel qu’ils le fassent parce qu’ils ont un grand pouvoir d’influence sur notre système alimentaire et, donc, sur le contenu de notre assiette.

L’indispensable transparence

Manger est un geste qui influence directement notre santé. Toutefois, dans le paysage alimentaire actuel, choisir de bons aliments représente tout un défi pour plusieurs familles. À travers l’abondance de produits transformés et ultra-transformés, l’industrie alimentaire bombarde le consommateur de logos aux vertus autoproclamées, de mentions attirantes (« riche en fer », « sans gluten », « collation à saveur de fruits »), de rabais et d’aubaines irrésistibles.

Les géants de l’agroalimentaire l’ont bien compris : les consommateurs d’aujourd’hui sont à la recherche d’aliments plaisants, bons pour la santé, ayant une faible empreinte écologique, et qui sont accessibles malgré un rythme de vie effréné. Le consommateur doit donc demeurer plus vigilant que jamais à l’égard de ce qu’on tente de lui faire avaler, avec des emballages tout aussi alléchants que confondants.

Devant les multiples stratégies de marketing déployées, qui ne donnent pas toujours l’heure juste aux consommateurs, comment s’y retrouver sans tomber dans le panneau du « halo santé » et des faux produits santé ? Toute la responsabilité ne doit pas incomber au consommateur. Faire l’épicerie ne devrait pas être un geste compliqué. C’est pourquoi le gouvernement a un rôle à jouer : il a le devoir d’encadrer les pratiques de marketing de l’industrie alimentaire et de leur imposer plus de transparence.

Des jeux de coulisses sous les feux de la rampe

Saviez-vous que, dans le cadre de l’élaboration du nouveau Guide alimentaire canadien, justement par souci de transparence, tous les documents échangés lors de rencontres, ainsi que les communications avec les diverses parties prenantes, ont été rendus publics sur le site Web de Santé Canada ? Si en plus on épluche le registre des lobbyistes, on constate alors l’ampleur des représentations menées par la grande industrie alimentaire. Vous seriez étonnés de voir à quel point les producteurs, les transformateurs, les détaillants et les restaurateurs sont tous très actifs pour faire valoir leurs intérêts. Des intérêts qui divergent, le plus souvent, de ceux du public, puisque nombre de ces joueurs sont enregistrés en bourse et doivent, d’abord et avant tout, répondre aux profits attendus des actionnaires.

Cette première démarche de transparence est pour l’instant demeurée limitée au seul ministère de la Santé. Alors, je vous laisse imaginer les jeux des coulisses qui se déroulent aux ministères de l’Agriculture, de l’Économie, de l’Innovation, des Finances, voire au cabinet du premier ministre… Il est essentiel que le public puisse avoir davantage accès à toutes ces tractations afin de contribuer aux décisions qui concernent leur bien-être et celui de leurs enfants.

Je le répète : les aliments ne sont pas des marchandises comme les autres, car ils peuvent avoir des impacts majeurs sur notre santé. Or, près de la moitié des calories consommées au Canada proviennent d’aliments ultra-transformés et les maladies liées à l’alimentation représentent des coûts de plus de 26 milliards de dollars par année ! Le déséquilibre dans les assiettes des Canadiens n’est certainement pas étranger au déséquilibre de l’offre alimentaire. Il y a beaucoup de travail à faire !

S’informer et s’impliquer

Pour suivre les engagements des principaux partis liés à l’obésité et aux saines habitudes de vie, la Coalition Poids a mis en ligne une section spéciale sur son site Web. Visitez-la régulièrement et n’hésitez pas à questionner vos candidats sur leur vision du système alimentaire : c’est votre privilège d’électeur et c’est dans notre intérêt à tous.



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