Valeurs nutritionnelles

Étiquetage sur le devant de l’emballage : Santé Canada lance des rondes de consultations finales

Le 9 février 2018

La ministre de la Santé Ginette Petitpas Taylor vient d’annoncer qu’elle va de l’avant avec le projet de règlement qui exigera un étiquetage sur le devant de l’emballage d’aliments contenant trop de gras saturés, de sucre ou de sodium.

En conférence de presse, madame Petitpas Taylor a rappelé, d’entrée de jeu, que 2 adultes canadiens sur 5 déclarent vivre avec une des maladies chroniques associées à une alimentation trop riche en gras, en sel et en sucre. C’est pourquoi, a-t-elle poursuivi, le gouvernement du Canada souhaite aider ses citoyens à faire des choix alimentaires sains en proposant d’apposer un symbole nutritionnel sur le devant de l’emballage des aliments qui posent problème. Ce symbole fournira un indice visuel clair lorsqu’un aliment transformé contient des teneurs trop élevées en sodium, en sucres ou en gras saturés.

Lors de cette annonce, la ministre Petitpas Taylor se trouvait entre autres aux côtés de la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, ainsi que d’Yves Savoie, chef de la direction de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada. Plusieurs représentants d’organismes qui œuvrent à la promotion de la santé publique assistaient également à l’événement, notamment Corinne Voyer, directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids). Cette dernière s’est dite enchantée à l’annonce de l’engagement pris par la ministre.

« Quand on considère toutes les pressions exercées dernièrement sur Santé Canada par le lobby de l’industrie, l’annonce d’aujourd’hui représente pour nous un gain considérable. C’est une belle démonstration que le gouvernement place la santé de la population devant les intérêts économiques de l’industrie. Et ça, on ne l’a pas vu souvent dans le domaine de l’agroalimentaire. C’est pour cela que nous sommes enchantés ! »

Lancement de consultations

La ministre a donc profité de l’occasion pour annoncer qu’une ronde de consultation de 75 jours, du 10 février 2018 au 26 avril 2018, se tiendra sur le projet de règlement nécessitant un étiquetage sur le devant de l’emballage d’aliments dont les taux de sodium, de sucre et de gras saturés dépasseraient le seuil de 15 % de l’apport quotidien recommandé 1. La ministre a d’ailleurs exprimé le souhait que la population canadienne et les intervenants intéressés participent en grand nombre à ces consultations en ligne pour faire parvenir à Santé Canada leurs commentaires concernant ces modifications proposées.

De plus, a indiqué la ministre, une consultation distincte, mais menée en parallèle, portera quant à elle sur le choix d’un symbole nutritionnel, parmi quatre étiquettes potentielles retenues à ce jour, afin d’aider les Canadiens à identifier d’un rapide coup d’œil les aliments dont les teneurs dépassent les seuils établis.

« L’affichage d’un logo fiable, facile à reconnaître et toujours placé au même endroit sur le devant des produits transformés aidera les citoyens à prendre une décision éclairée. Il permettra de faire contrepoids au maquillage, par l’industrie, des produits transformés. De fait, on ne se méfie pas assez de ces produits, parce que leurs emballages font miroiter leurs bons éléments nutritifs, tout en se gardant de révéler les teneurs de ceux qui sont dommageables pour la santé. »   –   Corinne Voyer

Des exemptions

Certaines catégories d’aliments ne seront toutefois pas touchées par la réglementation proposée. C’est le cas de tous les produits qui ne requièrent pas de tableau nutritionnel, c’est-à-dire les aliments frais, non transformés, comme les fruits et légumes ou les viandes crues. Seront aussi exemptés les aliments qui sont reconnus comme des sources nutritives propres à une population en particulier et dont les taux oscillent autour du seuil, par exemple le lait entier. Enfin, l’étiquetage sur le devant des emballages ne sera pas requis si l’information est redondante, autrement dit évidente, par exemple dans le cas du sirop d’érable, d’un sac de sucre ou d’une boîte de sel.

Faire preuve de patience

Le nouveau règlement sur l’étiquetage placé au-devant de l’emballage des aliments entrera en vigueur en 2022. Corinne Voyer, questionnée à ce sujet, laisse paraître une légère pointe de déception face à une échéance qu’elle juge un peu trop lointaine. « Mais, en même temps, ajoute-t-elle, comme la ministre l’a dit, ça donne amplement de temps à l’industrie pour reformuler ses produits si elle veut éviter d’avoir ce logo apposé sur les emballages visés. C’est déjà ça de gagné, même si on va devoir s’armer de patience. »

Source : Santé Canada

1 À noter que ce seuil passe à 30 % pour les repas préemballés et les plats principaux dont la taille des portions est d’au moins 200 grammes.

Pour un Canada en santé

Rappelons que, en octobre 2016, le gouvernement canadien lançait sa Stratégie pour une saine alimentation dans le cadre de sa Vision pour un Canada en santé. Parmi les mesures phares annoncées à cette occasion, notons la révision du Guide alimentaire canadien, la limitation de la publicité s’adressant aux enfants et le renforcement de l’étiquetage nutritionnel, qui proposait notamment un « étiquetage sur le devant de l’emballage visant à aider les Canadiens à faire des choix plus sains et plus informés, particulièrement concernant les sucres, le sodium et les gras saturés ». Voilà qui est maintenant acquis. Il ne reste qu’à préciser les modalités d’application de ce nouveau règlement.