Alimentation de proximité

Agriculture urbaine: ça commence à pousser !

Le 3 mai 2016

Sur les arbres et dans les champs, c’est encore un peu timide, mais le duvet vert est formel : si la tendance se maintient, nous aurons bel et bien un printemps !

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Côté agriculture, d’ailleurs, il n’y a pas qu’en plein champ que ça pousse. Près de chez vous, au cœur des villes, des villages, des quartiers, vous avez sûrement vu germer quelques initiatives – peut-être êtes-vous devenu vous-même un agriculteur urbain ?

L’agriculture urbaine s’enracine de plus en plus profondément au Québec. Les pratiques se diversifient chaque année, et le temps paraît loin où un potager en façade avant à Drummondville défrayait la chronique. Qu’il s’agisse d’aménagements comestibles, de poules urbaines ou de ruches sur les toits, nos villes se font de plus en plus nourricières. Portrait de quelques initiatives pour nous mettre en appétit.

Nourriture à partager dans l’espace public

Depuis quelques années, les agriculteurs urbains, habitués d’œuvrer dans les jardins privés et collectifs, s’engagent désormais dans l’espace public, créant autant d’occasions de rencontres entre voisins. C’est d’ailleurs l’objectif des Incroyables comestibles, mouvement né en Angleterre en 2008 afin de contrer l’insécurité alimentaire induite par la crise économique. Ce mouvement met à profit les parcs, plates-bandes et jardinières pour y cultiver fruits et légumes à partager dans la communauté. Surveillez les affichettes « Nourriture à partager » qui pourraient apparaître dans votre quartier car, de Québec à Montréal , en passant par Victoriaville , le mouvement se répand un peu partout au pays !

Du maraîchage… à l’élevage !

Entre les bungalows et les triplex, l’apiculture urbaine sera peut-être bientôt pratique courante, à l’instar des distinguées locataires du château Frontenac. Et vous, quelle est la saveur de votre miel de proximité ? Et, si les poules urbaines ne sont pas encore aussi répandues que les abeilles, elles attirent certainement l’attention. Drummondville a récemment autorisé l’aménagement de poulaillers, emboîtant ainsi le pas à Carignan, Chambly et Sorel-Tracy. Gatineau pourrait bien être la prochaine à prendre ce virage. À Montréal, l’arrondissement de Rosemont‒La Petite-Patrie accueillera quant à lui, cet été, deux projets pilotes d’élevage en milieu urbain : une pisciculture ainsi qu’une bergerie, dont les moutons auront pour mission de « tondre » le gazon d’un parc.

Quand l’audace des uns donne le goût aux autres

Soucieuses de la santé de leurs habitants, conscientes de la plus-value que l’agriculture urbaine apporte à la qualité des milieux de vie, les municipalités sont de plus en plus nombreuses à en appuyer les multiples initiatives. Alors que, depuis quelques décennies, l’évolution des pratiques agricoles et de l’urbanisation tendait à éloigner les aliments de l’assiette, on assiste aujourd’hui à une véritable petite révolution.

Pour assurer une cohabitation harmonieuse, l’agriculture urbaine demande toutefois à être adéquatement encadrée. Mais pour convaincre les citoyens de ses bienfaits, le meilleur argument demeure sans contredit de prêcher par l’exemple. Que vous soyez maire d’une grande ou d’une petite ville, urbaniste, agriculteur urbain ou simple consommateur, n’hésitez pas à vanter les mérites de vos fruits et légumes de proximité : vous en êtes les meilleurs ambassadeurs !



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