TRANSPORT ACTIF ET COLLECTIF

Plaidoyers pour une Politique de mobilité durable cohérente

Le 1 septembre 2017

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Dans le cadre de la consultation publique en vue de l’adoption d’une Politique de mobilité durable 2018-2030, plusieurs mémoires ont été récemment déposés. Plusieurs y soulignent l’importance de sécuriser les transports actifs et d’augmenter le financement du transport collectif. Survol de quelques recommandations.

Parmi les mémoires déposés, 100° a consulté ceux de l’Institut national de santé publique, du Centre d’écologie urbaine de Montréal, de Piétons Québec, d’Alliance Transit, de la Coalition Poids, de l’alliance ARIANE, et de la Coalition vélo de Montréal.

« Notre ambition collective doit être de protéger les usagers vulnérables, mais aussi d’encourager les saines habitudes de vie, ce qui implique de revoir à la fois le design, les infrastructures, l’éducation et la sensibilisation, ainsi que la réglementation. » Piétons Québec

Une vision cohérente et une approche intégrée

Tous ces documents insistent sur l’importance de mettre en place une gouvernance intégrée pour assurer la cohérence de la Politique de mobilité durable au sein de tous les ministères et organismes concernés : transports, aménagement du territoire, urbanisme, etc.

La majorité des organismes plaident pour que le gouvernement du Québec structure cette politique autour de l’approche intégrée internationalement reconnue « Éviter – Transférer – Améliorer ». Celle-ci repose sur trois grands principes :

  • Éviter ou réduire les déplacements motorisés (efficacité du système).
  • Transférer les déplacements vers des modes de transports plus durables (efficacité du déplacement).
  • Améliorer les déplacements en diminuant l’empreinte carbone des véhicules (efficacité des véhicules).

Comme le précise Alliance Transit, cette approche « tient compte des coûts sociaux et environnementaux reliés à la mobilité et renverse la hiérarchie des priorités dans les modes de transport, favorisant les transports actifs et collectifs. »

La Vision Zéro

 « Un système routier où aucune erreur n’est permise n’est pas un système sécuritaire, il n’est pas fait pour les humains. » Centre d’écologie urbaine de Montréal

Plusieurs mémoires recommandent que le gouvernement du Québec adopte une « Vision Zéro », qui repose sur les principes suivants, tels que résumés par la Coalition vélo Montréal :

  • Aucune perte de vie n’est acceptable.
  • Les décès et blessures graves sur nos routes sont évitables.
  • Nous faisons tous des erreurs, mais celles-ci ne devraient pas être fatales.
  • La sécurité sur nos routes est une responsabilité partagée entre les concepteurs, les élus, les gestionnaires et les usagers.

La Coalition vélo Montréal suggère quant à elle que le Ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports autorise uniquement la construction d’aménagements cyclables protégés.

« [Le gouvernement doit] revoir les normes de conception des routes pour qu’elles visent en priorité la cohabitation harmonieuse et sécuritaire de tous les usagers, et non la fluidité de la circulation motorisée (…) ». Coalition Poids

Investir dans le transport actif

Plusieurs mémoires insistent sur l’importance de prévoir des budgets pour aménager des environnements favorables à marche et au vélo. Par exemple Piétons Québec recommande de créer un fond dédié prévoyant qu’au moins 5 % des budgets d’infrastructures routières soit alloué aux aux infrastructures piétonnes.

Pour sa part, le Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM) souhaite que le gouvernement du Québec investisse 100 millions $ annuellement dans les infrastructures cyclables au cours des trois prochaines années, en partenariat avec les municipalités.

Freiner l’étalement urbain

Les mémoires proposent plusieurs mesures pour lutter contre l’étalement urbain, un phénomène qui nuit considérablement à la mobilité durable.

Ainsi, l’alliance ARIANE recommande que la politique à venir limite tout nouveau développement commercial ou résidentiel aux abords des réseaux routiers supérieurs, par exemple en créant des zones tampons et en finançant l’adoption de meilleures pratiques au niveau municipal.

Alliance Transit estime pour sa part que « Les programmes de soutien financier du gouvernement pour la construction de bâtiments municipaux ne devraient pas permettre leur établissement en périphérie des localisations centrales, afin de favoriser le rapprochement des services et du travail des milieux habités. »

Le financement du transport collectif : le Québec se fait tirer l’oreille

Tous les mémoires s’entendent sur l’importance d’augmenter considérablement les investissements en transport collectif, ce qui exige un changement de cap majeur. Ainsi, le CEUM recommande de rehausser le taux de réalisation des projets de transports collectifs à plus de 90 %.

support a velo sur autobus

En effet, comme le précise Alliance Transit, alors que l’Ontario prévoit investir 4 000 $ par habitant en transports collectifs au cours de la prochaine décennie, le Québec n’a prévu qu’un bien maigre 900 $. « La Politique de mobilité durable doit mettre la barre très haute si elle veut apporter les changements dont le Québec a besoin », souligne l’organisme.

Le Québec a lui-même fixé la barre très haut puisque la Politique gouvernementale de prévention en santé prévoit que, d’ici 2025, « la mobilité devra être fluide, moins polluante, sécuritaire, durable, équitable, intégrée au milieu et compatible avec les besoins de tous les usagers de la voie publique, et ce, tout en favorisant la santé et le bien-être de la population. » La Politique de mobilité durable devrait être adoptée en avril 2018.

Sources : Institut national de santé publique, Centre d’écologie urbaine de Montréal, Piétons Québec, Alliance Transit, Coalition Poids, alliance ARIANE, Coalition vélo de Montréal



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