Compétences culinaires

5 ingrédients pour intégrer la saine alimentation au Programme de formation de l’école québécoise

Le 29 mai 2017

Malgré les nombreuses voix qui les réclament, les cours de cuisine obligatoires ne sont pas près d’être de retour dans la grille horaire des écoles du Québec. On retrouve toutefois dans le Programme de formation de l’école québécoise plusieurs avenues pour développer des initiatives visant à développer les compétences culinaires et à sensibiliser les jeunes à la saine alimentation.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, laissez-moi tout d’abord mettre la table. Dimanche dernier, on assistait à la palpitante finale provinciale « Iron Chef » des Brigades Culinaires. C’est finalement une brigade de la Polyvalente Saint-Joseph, de Mont-Laurier, qui a décroché le prestigieux trophée à la suite d’un affrontement amical animé par le chef Ricardo Larrivée.

Cette initiative de la Tablée des chefs en est maintenant à sa 5e édition. Voilà un exemple inspirant qui fait la preuve, à mes yeux, que les écoles québécoises ont véritablement amorcé un vaste mouvement en vue de permettre à nos jeunes d’acquérir des compétences culinaires autant que de saines habitudes alimentaires. Cette année, par exemple, 1 600 adolescents de 82 écoles secondaires provenant de 16 régions du Québec ont participé aux ateliers des Brigades Culinaires.

Les saines habitudes de vie au cœur du projet éducatif

On sait que, depuis 1997, les jeunes Québécois n’ont plus accès au cours d’économie familiale qui leur offrait l’occasion d’acquérir des connaissances en saine alimentation et des compétences culinaires. Pourtant, le développement de ces compétences s’harmonise très bien avec le Programme de formation de l’école québécoise. Toutefois, pour que cet enseignement puisse être efficace et non ponctuel, cela nécessite de l’intégrer dans une approche globale, ce qui exige planification, intégration, et collaboration de toute l’équipe-école dans une vision partagée qui tend vers des objectifs communs. Voici quelques ingrédients indispensables à l’atteinte de ces objectifs.

1— Un milieu sain et sécuritaire

Plusieurs écoles intègrent à leur projet éducatif et leur plan de réussite éducative des orientations et des actions qui visent à ce que leur milieu soit sain et sécuritaire et qu’il permette de sensibiliser les élèves à l’acquisition de saines habitudes. Plutôt que d’augmenter le nombre d’activités de prévention, de sensibilisation et de soutien, comme la plupart des écoles en ont souvent le réflexe, il est possible de miser sur des projets beaucoup plus intégrateurs et qui incitent à la mobilisation du milieu. On peut citer pour exemple l’école St-Bartélémy de Montréal, dont le jardin scolaire est, pendant les vacances d’été, amoureusement entretenu par les parents.

jardin scolaire

2— Services éducatifs complémentaires

Autres leviers à la disposition des écoles, les services de promotion et de prévention ainsi que les services de vie scolaire qui ont pour but de mettre en place des mesures pour offrir aux jeunes la possibilité de développer leurs compétences, assurer leur bien-être et entre autres améliorer leur sentiment d’appartenance à l’école. C’est dans ce cadre que peuvent s’insérer des activités parascolaires telles que les Brigades culinaires.

3— Programme d’éducation physique et à la santé

Au primaire, comme au secondaire, Adopter un mode de vie sain et actif représente l’une des compétences que doivent acquérir les élèves dans le cadre de leur programme d’éducation physique et à la santé. C’est l’occasion idéale, pour les éducateurs de jouer un rôle de modèle auprès des élèves, d’aborder des questions de saines alimentations liées, par exemple, à la nécessité de bien s’alimenter quand on est actif, les comportements et attitudes à privilégier, etc. À ce chapitre, il existe des projets porteurs tels que les programmes développés par les Producteurs laitiers du Canada et la Nutrition sportive (saine alimentation) ou encore Équilibre (développement d’une saine image corporelle) qui peuvent s’actualiser dans vos gymnases.

enfants qui cuisinent

4— Domaines généraux de formation 

Trois des cinq domaines généraux de formation (DGF), qui servent de points d’ancrage au développement des compétences transversales et des compétences disciplinaires, peuvent permettre aux saines habitudes de vie de s’arrimer au projet éducatif.

  • Le DGF Santé et bien-être, qui vise la responsabilisation de l’élève dans l’adoption de saines habitudes de vie, offre la possibilité d’exploiter plusieurs thèmes : habitudes du déjeuner, collations et boîtes à lunch équilibrées basées sur des aliments frais et nutritifs, ateliers culinaires, éducation sensorielle au goût et projet de potager, signaux de faim et de satiété, hydratation, etc.
  • Le DGF Environnement et consommation est l’occasion d’explorer des thèmes comme la provenance des aliments, la protection de l’eau potable, la consommation d’eau à la place des boissons sucrées, les choix judicieux à l’épicerie, le gaspillage alimentaire, les pratiques de l’industrie agroalimentaire, etc.
  • Le DGF Médias peut, entre autres, permettre d’aborder la question de l’influence du marketing alimentaire, de l’image corporelle et l’industrie de l’image (mode, médias, publicité), etc.

Voilà autant de compétences transversales mises à contribution afin de coopérer, d’exercer son jugement critique, de mettre en œuvre sa pensée créatrice, de structurer son identité et de communiquer de façon appropriée.

5— Services de garde

Harmonisés en fonction du projet éducatif de leur école, les services de garde disposent d’espace de temps (en début ou fin de journée, sur la période du dîner ou pendant les journées pédagogiques) durant lesquels il est possible de déployer une grande variété d’activités qui encouragent les jeunes à découvrir et expérimenter, dans le plaisir, divers aspects de la vie. C’est donc l’occasion idéale de programmer des sorties éducatives (producteurs maraîchers locaux, fermes éducatives, etc.), des ateliers culinaires, des projets de semis/jardinage, des expériences scientifiques, etc. À ce titre, on peut citer, par exemple, le programme De la ferme à la cafétéria, Les ateliers cinq épices ou Croquarium.

Quelque soit la réalité de votre milieu scolaire, j’espère, grâce ce survol, vous avoir montré que les ingrédients, essentiels à la réussite de vos projets pour encourager l’acquisition de saines habitudes alimentaires, sont aussi nombreux que variés. Il ne vous reste plus qu’à concocter la recette gagnante !