Famille sans fumée

Campagne de sensibilisation aux dangers de la fumée secondaire: Par amour, fumez loin de vos enfants

Le 8 octobre 2018

Capsana lance cette semaine la 14e édition de sa campagne Famille sans fumée, partout à travers la province. Cette année, son nouveau slogan est : Par amour, fumez loin de vos enfants, pour bien sûr éviter de les exposer à la fumée secondaire.

Le but principal de la campagne Famille sans fumée est d’abord d’encourager les parents à fumer loin des enfants et des femmes enceintes. Et, plus généralement, de sensibiliser les Québécois aux dangers d’exposer autrui à la fumée secondaire.

« On peut poser des gestes simples pour protéger les enfants de la fumée secondaire, explique Danièle Prévost, directrice, Milieu clinique, communications et contenu santé chez Capsana. Ça veut tout bonnement dire ne pas fumer dans la maison, en tout temps et pour tout le monde. De ne surtout pas fumer dans la voiture. Et quand on se trouve à l’extérieur, de fumer le plus loin possible des femmes enceintes. »

Les fumeurs involontaires

« Quand vous fumez en présence de vos enfants, insiste Danièle Prévost, vos enfants fument aussi. Or, je ne connais pas un seul parent qui souhaite que son enfant devienne un fumeur. Cela dit, même si on est fumeur, on peut protéger nos enfants. D’où notre slogan, Par amour, fumez loin de vos enfants, car nous savons très bien qu’un parent fumeur est aussi un parent aimant. »

Parmi les quelque 7 000 substances chimiques que contient la fumée secondaire, au moins 69 d’entre elles sont connues pour leurs effets cancérogènes. De plus cette fumée secondaire peut entraîner des problèmes respiratoires et des maladies cardiovasculaires chez ceux qui y sont exposés de manière régulière, lit-on sur le site de Capsana. « Et les enfants sont encore plus à risques, souligne Danièle Prévost, parce qu’ils respirent plus rapidement. Parce que leurs poumons ne sont pas encore arrivés à maturité, et que leur système immunitaire n’a pas atteint son plein potentiel. Ce sont les plus vulnérables des fumeurs involontaires. »

Entre dépendance et instinct de protection

D’après un sondage mené en 2017 auprès de parents fumeurs, la campagne Famille sans fumée motiverait 45 % d’entre eux à diminuer leur consommation de tabac et 17 % à cesser de fumer. « Le tabagisme est une dépendance, souligne Danièle Prévost. On sait tous que c’est possible d’arrêter, mais que c’est difficile. Et les parents fumeurs en reconnaissent les méfaits, même s’ils continuent à fumer. Une situation déchirante pour eux. C’est pour cela qu’il faut les soutenir en leur disant : « vous pouvez poser des gestes pour protéger vos enfants, même si vous n’êtes pas encore prêts à cesser de fumer ». »

La campagne Famille sans fumée ne vise surtout pas à stigmatiser les parents fumeurs ni à les culpabiliser. « Notre but, précise Danièle Prévost, c’est la protection des enfants. Cela dit, depuis les dernières années nous avons insisté un peu plus sur les messages de cessation. Car ça devient toujours plus compliqué pour les parents fumeurs de ne pas fumer à la maison, ni dans la voiture, ni non plus dans les aires de jeu et les édifices publics, sans oublier la norme sociale qui évolue… Si bien qu’ils sont toujours plus nombreux à chercher des ressources pour cesser de fumer. Et nous sommes là pour les aider. »

Un exemple nocif

On remarque souvent que les personnes qui fument vont plus volontiers s’astreindre à ne pas le faire en présence de bébés. Or, à mesure que les enfants grandissent, ce comportement protecteur a tendance à s’émousser. « C’est vrai, explique Danièle Prévost, que les enfants plus âgés sont de santé moins fragile que les bébés et que, contrairement à ces derniers, ils ont la possibilité de s’éloigner si la fumée les incommode. Le problème, c’est que l’enfant vous voit fumer. Et ce comportement, pour lui, devient normal, ce qui augmente les risques qu’il devienne lui-même un fumeur. »

En effet, des études montrent que les enfants de parents qui fument présentent plus de risques de commencer à fumer que les enfants de parents qui sont des non-fumeurs. Il est donc recommandé de fumer loin des enfants à la fois pour les protéger de la fumée secondaire, mais aussi pour ne pas être vu…



À propos du cannabis

À l’instar du tabac, la combustion du cannabis produit aussi une fumée contenant de nombreuses substances chimiques, dont plusieurs sont néfastes pour la santé. Et donc, comme pour le tabac, il est important de ne pas fumer dans la maison ni dans la voiture.

À cet égard, le directeur de santé publique de Québec a publié un communiqué, le 27 septembre dernier, dans lequel il qualifie de « non nécessaires » les sévères interdictions de consommation du cannabis que s’apprêtent à mettre en place de nombreuses municipalités. Il rappelle, à cet effet, que la loi québécoise sur le cannabis, en vigueur dès le 17 octobre, prévoit les mêmes interdictions que celles s’appliquant sur le tabac. Par ailleurs, les mesures prévues par ces municipalités font craindre au DSP que les « fumeurs » se retrouvent ainsi confinés dans leur domicile, ou des lieux fermés, ce qui risque d’accroître l’exposition à la fumée secondaire de leurs proches, notamment les enfants.

Vapoteurs, s’abstenir

En ce qui concerne le vapotage, dont les vapeurs secondaires sont considérées nettement moins nocives, rappelons néanmoins que, sur la base du principe de précaution, Santé Canada recommande aux utilisateurs de la cigarette électronique qu’ils évitent d’exposer les non-utilisateurs et les jeunes. Autrement dit, de vapoter loin des enfants.

Le saviez-vous ?

  • Bien que 87 % des parents fumeurs considèrent qu’il est dangereux de fumer près des enfants, 25 % d’entre eux rapportent le faire régulièrement ou à l’occasion en présence d’enfants dans la maison, et 17 % dans la voiture.
  • Près de 85 % de la fumée secondaire est invisible, ce qui n’enlève rien à sa toxicité.
  • Les concentrations de fumée secondaire dans une voiture peuvent être jusqu’à 27 fois plus élevées que dans une maison de fumeur.
  • La loi concernant la lutte contre le tabagisme interdit, depuis 2016, de fumer ou de vapoter dans une voiture en présence d’enfants de moins de 16 ans.
  • Même longtemps après avoir écrasé une cigarette, la fumée secondaire demeure dans l’air et finit par se déposer un peu partout (tapis, meubles, murs, sièges de voiture, etc.) pour former de la fumée tertiaire à laquelle les bébés sont particulièrement exposés.
  • Exposer une femme enceinte à de la fumée risque de nuire à la croissance de son bébé et de compromettre le développementde son cœur, de ses poumons et de ses systèmes nerveux et digestif.