Abandon du tabagisme

Lancement de la semaine pour un Québec sans tabac 2019

Le 17 janvier 2019

Cette année, dans le cadre de la Semaine pour un Québec sans tabac, qui se tient du 20 au 26 janvier, le Conseil québécois sur la santé et le tabac met l’accent sur les risques de maladie pulmonaire obstructive chronique.

À l’aide d’un slogan-choc « Arrêtez avant d’étouffer », et d’une vidéo qui l’est tout autant, le Conseil québécois sur la santé et le tabac martèle le message en soulignant que, chaque jour, près de 100 fumeurs sont frappés par une maladie respiratoire irréversible.

Rappelons que, en 2015-2016, près de 470 000 personnes souffraient au Québec d’une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), comme la bronchite chronique et l’emphysème, et que 85 % de ces cas sont occasionnés par le tabagisme.

Une lutte à poursuivre

« À l’heure actuelle, les fumeurs (12 ans et plus) représentent 18,3 % de la population, ce qui représente plus de 1,3 million de personnes1, explique Claire Harvey, agente de communication au Conseil québécois sur la santé et le tabac. Or, ce taux de tabagisme stagne depuis 3 ans. D’où l’importance d’intensifier les campagnes de sensibilisation, de multiplier les actions en prévention dans les établissements scolaires et communautaires. Il est crucial de prévenir le tabagisme chez les jeunes et d’encourager les fumeurs à abandonner le tabac. »

« Il faut savoir, précise Claire Harvey, que 82 % des fumeurs actuels ont commencé avant l’âge de 18 ans. Et quand cette habitude est acquise tôt dans la vie, il devient d’autant plus difficile de s’en défaire une fois à l’âge adulte. Mais c’est possible. Et nous encourageons tous les fumeurs à tenter d’abandonner le tabac. »

jarrete.qc.ca

Depuis quelques années, le Conseil québécois sur la santé et le tabac utilise une nouvelle méthode2 pour aider les fumeurs à se libérer de leur dépendance. Utilisable sur tout appareil numérique, jarrete.qc.ca propose des vidéos et des outils efficaces basés sur la thérapie d’acceptation et d’engagement. Cette méthode, qui a fait ses preuves aux États-Unis, s’est montrée deux fois plus efficace que les approches traditionnelles.

« Pour le résumer, très sommairement, explique Claire Harvey, plutôt que de lutter contre l’envie de fumer, il faut se dire et admettre : « j’ai envie de fumer, mais je vais penser à ce qui me motive à cesser de fumer ». Donc, la méthode suggère de miser sur les valeurs qui nous motivent plutôt que sur la lutte. C’est un important changement de paradigme, mais qui semble donner de bien meilleurs résultats. »

La cigarette électronique

Au cours des récentes années, l’apparition d’un nouveau joueur est venue brouiller la donne : la cigarette électronique. Un phénomène qui a vite suscité un engouement tel qu’il a fallu créer le néologisme « vapoter » pour en désigner la pratique. D’abord présentée comme inoffensive, la cigarette électronique suscite désormais de nombreuses préoccupations.

Claire Harvey résume ainsi la situation : « Les personnes qui ne fument pas ne devraient jamais vapoter, sous aucun prétexte. La raison en est simple : la plupart de ces cigarettes électroniques entraînent l’inhalation de nicotine, une substance qui crée une très forte dépendance. Ce qui risque donc de conduire la personne au tabagisme. »

« Toutefois, nuance-t-elle, dans le cas de certains fumeurs, la cigarette électronique peut les aider à cesser de fumer. Même si c’est loin d’être une panacée. Bien sûr, c’est tant mieux si ça peut en aider certains, mais nous ne le préconisons pas, car on observe le plus souvent que les gens vont à la fois vapoter et continuer à fumer. Alors, nous encourageons plutôt les fumeurs à maximiser leurs chances de réussite en ayant  recours gratuitement au soutien offert par la ligne téléphonique 1 866 JARRETE (1 866 527-7383), le texto (smat.ca), les centres d’abandon du tabagisme et le site  jarrete.qc.ca (iquitnow.qc.ca). »

Le vapotage chez les jeunes

Il y a à peine deux ans, une compagnie américaine faisait parler d’elle, pour de douteuses raisons, en lançant sur le marché une cigarette électronique vraisemblablement conçue pour s’attirer les faveurs des jeunes. Et cela ne représente qu’une des stratégies sciemment utilisées par de nombreuses compagnies pour rejoindre les jeunes. Une situation fort préoccupante explique Claire Harvey.

« Déjà aux États-Unis, une grande proportion de jeunes est tombée dans le piège de la cigarette électronique. Un piège d’ailleurs tendu par les compagnies qui ont massivement investi les médias sociaux pour les rejoindre. Si bien que la Food and Drug Administration (FDA) parle déjà d’une épidémie de vapotage chez les jeunes. C’est inquiétant parce que, d’une part, nous ne connaissons pas encore les effets à long terme du vapotage. Alors, en l’occurrence, le principe de précaution devrait s’appliquer. Mais le plus grave, c’est que bon nombre de ces jeunes, à cause du vapotage, sont devenus dépendants de la nicotine, et qu’ils risquent donc plus tard de passer à la cigarette. »

1Soulignons que le Canada vise un taux de tabagisme de 5 % d’ici 2035, alors que le Québec souhaite, pour sa part, atteindre un taux de 10 % d’ici 2025.

2La nouvelle approche que préconise jarrete.qc.ca a été réalisée en étroite collaboration avec le Dr Jonathan Bricker qui a conçu la thérapie d’acceptation et d’engagement (Acceptance and Commitment Therapy– ACT). Il dirige des chercheurs regroupés au sein du Tobacco & Health Behavior Science Group au Fred Hutchinson Cancer Research Center à Seattle.