En rafale

Survol de l’actualité : 3 décembre 2018

Le 3 décembre 2018

Au menu cette semaine, le marketing alimentaire ciblant les enfants place l’industrie agroalimentaire sur la sellette et deux nouvelles applications : une pour lutter contre le gaspillage alimentaire, l’autre contre les gaz à effet de serre.

Agroalimentaire

Publicité ciblant les enfants : le projet de loi S-228 risque de mourir au feuilleton

Destiné à encadrer la publicité des boissons et aliments malsains auprès des enfants, ce projet de loi traîne devant la Chambre haute en raison des assauts répétés d’une armée de lobbyistes représentant les géants de l’agroalimentaire, mais aussi du numérique. L’ex-sénatrice Nancy Greene, marraine de ce projet, et aujourd’hui à la retraite, ne mâche pas ses mots. « Au bout du compte, ce sont les enfants qui seront les premières victimes de ce lobby, soutient-elle. » Elle rappelle en outre que ce projet de loi ne vise que la publicité ciblant les enfants. « Ça n’empêchera personne de les vendre ou de les acheter, seulement d’embêter les enfants. Pourquoi ce délai ? » Son initiative s’inspire d’ailleurs de la Loi québécoise sur la protection du consommateur, régissant la publicité destinée aux enfants de moins de 13 ans, mais qu’elle voudrait étendre aux contenus numériques. Ce qui explique la présence des géants de l’informatique aux côtés de l’agroalimentaire.
Source : Le Devoir

Quand les jus de fruits deviennent une pomme de discorde

Lors du congrès annuel de la Société canadienne de nutrition, en mai dernier, des habitués de l’événement ont remarqué la présence d’un kiosque aux couleurs du Canadian Juice Council, que personne ne connaissait jusque-là. Voilà le point de départ d’une fascinante enquête du Globe and Mail mettant au jour les tractations de l’Association canadienne des boissons pour s’opposer à deux mesures annoncées par Santé Canada. En effet, dans la prochaine mouture du Guide alimentaire canadien, les jus de fruits ne seraient plus présentés comme équivalant à une portion de fruits. En outre, l’industrie serait tenue d’indiquer, sur le devant des emballages, leurs teneurs en sucre, selon les exigences des prochaines règles d’étiquetage. Pour mieux comprendre cette résistance bien organisée, il faut savoir que la très grande majorité des marques de jus de fruits appartiennent aux deux géants des boissons sucrées. Ceci explique cela.
Source : The Globe and Mail

Les pays européens inaptes à encadrer la publicité ciblant les enfants

Un nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déplore le caractère lacunaire des réglementations adoptées, à ce jour, par les États européens pour protéger les enfants contre le marketing des HFSS, les aliments « high in fat, salt and sugar ». Ces politiques, le plus souvent prénumériques, ne sont pas adaptées aux multiples stratégies employées par l’industrie pour rejoindre les enfants, toutes plateformes confondues. L’OMS reproche en outre à tous ces pays, à l’exception de la Turquie et de la Slovénie, de ne pas avoir encore intégré, dans leurs politiques, les critères nutritionnels qu’elle leur propose pour correctement identifier les HFSS. Enfin, l’Organisation recommande fortement que cette réglementation plus stricte s’applique désormais, non pas seulement aux 13 ans et moins, mais aussi aux adolescents. Le rapport s’accompagne aussi de conseils pratiques pour aider les décideurs à mettre en place des mesures concrètes afin de protéger la santé des jeunes. Un rapport que nos sénateurs auraient tout intérêt à consulter.
Source : Food Navigator

L’agence de transport de Londres s’apprête à bannir les publicités de malbouffe

D’ici deux mois, les Londoniens ne seront plus exposés à des images de cheeseburgers, de frites, de laits frappés ou d’autres tentations lourdes de conséquences pour la santé, que ce soit dans le métro, les autobus, les tramways et les taxis. Le maire Sadiq Khan s’est montré catégorique en déclarant qu’il est impératif de prendre, dès maintenant, des mesures draconiennes pour désamorcer la bombe à retardement que représente l’obésité infantile. Ce bannissement des publicités de malbouffe représente d’ailleurs l’un des volets de la London Food Strategy mise de l’avant par Sadiq Khan. À ce chapitre, les autorités municipales affirment bénéficier du soutien de la population depuis que ce bannissement a été proposé en mai 2018. Rappelons, au passage, que la Santé publique britannique révélait, le mois dernier, que 37 % des Londoniens de 10 à 11 ans sont en surpoids ou obèses.
Source : National Public Radio

Bientôt une nouvelle plateforme pour lutter contre le gaspillage alimentaire

Récupérer les fruits, les légumes et autres aliments qui ne se vendent pas avant qu’ils ne prennent le chemin de la poubelle, voilà l’idée derrière cette application mobile du fondateur de l’épicerie Nourrir le suivant (Feed it forward), Jagger Gordon. L’application, en cours de développement, fonctionnera sur le même principe que l’épicerie : les prix ne seront pas affichés puisque l’on paye ce que l’on veut. On ne donne pas un sou si on n’en a pas les moyens, alors que les plus nantis sont invités à payer le prix fort afin de contribuer au financement de l’organisme ou de l’application. Ceux qui souhaiteront acquérir des aliments, géolocalisés par l’application, pourront voir le profil de la personne qui les offre et même lui parler. Ce sera une sorte de place du marché délocalisée et informelle créée dans le but express de lutter contre le gaspillage et l’insécurité alimentaire. D’abord concentré à Toronto, Jagger Gordon souhaite que son futur bassin d’utilisateurs s’étende au reste de la province, puis du pays, voire à toute la planète.
Source : ICI Radio-Canada

Aménagement

Une ville où les enfants jouent dans la rue est une ville pour tous !

Pontevedra, dont le centre-ville était jadis étouffé par le trafic automobile a, depuis le tournant des années 2 000, pris les allures d’une aire de jeu quasi permanente. Car les voitures n’y circulent presque plus. Pionnière dans le domaine, Pontevedra a littéralement inventé le concept de mobilité douce, avec son Metrominuto, une carte du réseau piétonnier dessiné à l’instar d’un plan de métro et qui donne les distances et les temps de parcours entre tous les principaux sites d’intérêt. L’une des mesures les plus efficaces pour faire revivre le centre-ville a été d’éliminer les cases de stationnement sur rue, car les autorités municipales, en étudiant les problèmes de congestion, ont découvert qu’ils étaient principalement attribuables aux automobilistes qui circulaient en rond à la recherche d’un endroit où se garer. Aujourd’hui, Pontevedra grouille d’enfants, dans un pays où le taux de natalité est pourtant faible. Et c’est parce que les jeunes familles viennent s’y installer en grand nombre, attirées par sa qualité de vie exceptionnelle.
Source : CityLab

Sur le même sujet, voir notre entrevue avec Tim Gill

Alimentation

Des Brigades Culinaires s’enrôlent pour venir en aide aux plus démunis

Moisson Saguenay–Lac-Saint-Jean a récemment pu profiter du renfort de six Brigades Culinaires venues cuisiner des lasagnes pour les plus démunis. Il s’agissait d’une première, pour ces jeunes du secondaire, qui mettaient au service d’autrui les compétences acquises durant leur formation. D’ailleurs, grâce à ce programme panquébécois d’apprentissage culinaire, mis sur pied par la Tablée de chefs, les Brigades Culinaires ont préparé, cette année, un total de 50 000 lasagnes à l’échelle du Québec. C’est un premier grand défi que ces jeunes viennent de relever avec fierté. D’autres épreuves suivront, au cours de l’année, leur permettant, au-delà de la satisfaction personnelle, d’accumuler des points pour, qui sait, se rendre jusqu’à la grande finale québécoise 2018-2019.
Source : ICI Radio-Canada

fontaine d'eau

Mise en valeur de l’eau potable non embouteillée : des pistes de réflexion

VisezEau et de la Ville de Québec organisaient, aujourd’hui, une série de conférences et de débats autour de l’eau potable, trop souvent boudée, même si elle coule gratuitement du robinet, et donc sur les manières d’en faire la promotion comme moyen par excellence de s’hydrater dans les villes. Intitulé : À Québec, l’eau c’est Capitale, l’événement a permis à des chercheurs de rappeler à quel point l’eau de la Ville n’avait rien à envier aux eaux embouteillées. Et pourtant, malgré sa gratuité et sa qualité, nombreux sont ceux qui lui préfèrent de l’eau en bouteille de plastique pour laquelle ils acceptent de payer et qui très souvent provient justement des aqueducs municipaux. Est-ce un problème de perception? Est-ce attribuable aux ruses des boîtes de communication ? Bien des questions demeurent. Et VisezEau entend bien poursuivre ses travaux de recherche, notamment auprès des écoliers que l’on croit susceptibles d’être de grands vecteurs de changements. Une expérience à suivre.

Mobilité durable

Une application mobile pour des déplacements qui génèrent le moins de gaz à effet de serre

Les applications mobiles qui permettent de planifier des itinéraires combinant différents modes de transports se multiplient, chacune offrant des fonctionnalités pouvant convenir à différents types d’utilisateurs. En voici une nouvelle, développée à Vancouver, qui permet d’opter pour les séquences de déplacements qui génèrent le moins de gaz à effet de serre. Cowlines permet non seulement de sensibiliser ses utilisateurs aux impacts de leurs déplacements, mais, selon ses concepteurs, l’application pourra aussi aider les agences de transports à optimiser leur offre de transport. D’ailleurs, font-ils remarquer, il est urgent de favoriser les déplacements par transport actif qui, aux États-Unis, représentent moins de 2 % des kilomètres parcourus par personne. Cowlines fonctionne dans 62 villes nord-américaines, dont 11 sont canadiennes. Parmi elles, on compte Montréal et Québec.
Source : Place