En rafale

Survol de l’actualité : 4 mars 2019

Le 4 mars 2019

Au menu cette semaine, des céréales pour enfants toujours trop sucrées, un portrait des citoyens résilients de Détroit, et les Espagnols bientôt champions de l’espérance de vie !

Agroalimentaire

France : une loi pour protéger, partiellement…, la population contre les dangers de la malbouffe

L’Assemblée nationale est demeurée insensible à l’argument massue de Loïc Prud’homme, président de la commission d’enquête parlementaire sur l’alimentation industrielle. « On ne doit pas laisser manger n’importe quoi pour enrichir n’importe qui ! » a martelé celui qui a déposé la Proposition de loi visant à protéger la population des dangers de la malbouffe. Presque tous ses articles en ont été abrogés, dont celui qui préconisait la suppression de 290 additifs, sur les 338 autorisés, et suspectés d’être cancérogènes ou génotoxiques. Les députés ont toutefois rendu obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur le devant des emballages, le fameux code cinq couleurs qui renseigne le consommateur sur la qualité nutritionnelle des aliments. Une mince victoire qui laisse un goût amer à ceux qui souhaitaient encadrer l’industrie de la malbouffe.
Source : Rue89Bordeau

Royaume-Uni : la Santé publique réclame des boîtes de céréales plus neutres

Cette demande a été faite dans la foulée du dévoilement d’un rapport « choquant » sur les contenus toujours très élevés en sucre des céréales pour enfants. Sur les 77 marques analysées, une lumière rouge a été décernée à 38 d’entre elles, et à 37 autres une lumière ambrée. Seules deux marques ont obtenu le feu vert. Rappelons que, dans son édition de février, le magazine Protégez-vous avait analysé 371 marques de céréales à déjeuner se retrouvant sur les tablettes des marchés d’alimentation québécois. Parmi elles, seules 28 ont reçu la mention « meilleur choix », tandis qu’aucune des céréales destinées aux enfants n’avait décroché la note de passage. C’est pourquoi de nombreuses voix s’élèvent, de chaque côté de l’Atlantique, pour réglementer les stratégies promotionnelles ciblant les enfants à l’aide d’emballages vivement colorés et où figurent souvent des mascottes.
Source : Food Navigator

Aménagement

Rio de Janeiro abolit son règlement exigeant un minimum de cases de stationnement

La métropole brésilienne devient la première ville du pays à remplacer son minimum exigé de cases de stationnement par un maximum. Auparavant, tout promoteur immobilier était tenu d’aménager une place de stationnement par appartement. Désormais, on ne comptera plus qu’un stationnement pour quatre appartements. Cette mesure vise à récupérer des espaces qui, depuis 1967, sont systématiquement alloués aux automobiles, sans égard aux besoins en matière de logement, d’espaces publics, de corridors pour piétons et cyclistes. On estime, en effet, que 42 % du cadre bâti, entre 2006 et 2015, a été réservé aux seules automobiles, une proportion qui s’élève à 70 % dans les secteurs non résidentiels. Rio emboîte donc le pas de Mexico qui, en matière de stationnement, fait figure de pionnière.
Source: Institute for Transportation & Development Policy

Piétons vélos place Gérald Godin Montréal

Densité et mixité : deux piliers d’un quartier en santé

Pour la première fois, une étude australienne a modélisé les avantages, sur la santé des individus et de l’économie, d’aménager des quartiers qui favorisent les déplacements actifs, comparés à ceux de type plus banlieusard. Pour une population de 21 000 personnes, ils estiment un gain de 1 600 « années de vie perdues ajustées sur la santé » (AVPAS) pour une valeur de 94 millions de dollars. Les auteurs ont tout particulièrement scruté les nouveaux développements établis dans des friches industrielles urbaines. Outre un accès aux transports collectifs, ces quartiers doivent être assez denses pour à la fois garantir des distances de marche praticables, mais aussi favoriser, grâce à la mixité des usages, l’essor des commerces de proximité. Les chercheurs précisent que leurs résultats peuvent s’appliquer aussi dans des pays comme la Nouvelle-Zélande, les États-Unis et le Canada dont de nombreuses villes partagent des formes bâties analogues.
Source : International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity

Détroit : de « Motor City » à « Bike City »

Jadis, la capitale de l’industrie automobile, Détroit a commencé un lent déclin, au début des années soixante, qui s’est accéléré jusqu’à sa mise en faillite en 2013. Une ville vidée des deux tiers de sa population, privée de ses services de base, mais qui est pourtant en train de renaître de ses cendres grâce à la résilience de ses habitants. Ses citadins se sont regroupés afin de reconquérir des terrains en friche qui accueillent désormais 1 400 fermes urbaines. Ses artères désormais surdimensionnées, en raison du faible volume du trafic automobile, sont devenues le paradis des cyclistes. Grâce à une multitude d’initiatives informelles, les habitants de Détroit ont jeté les bases d’une urbanisation horizontale et communautaire qui non seulement attire l’attention, mais aussi la convoitise des prédateurs immobiliers. C’est un peu la rançon de son tout nouveau succès…
Source : Libération

Mobilité durable

Capitale-Nationale : le laissez-passer universitaire de transport en commun, dès l’automne 2019

L’Université Laval, le Réseau de transport de la Capitale (RTC), la Société de transport de Lévis (STLévis), l’Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIÉS) et la Confédération des associations d’étudiants et étudiantes de l’Université Laval (CADEUL) ont entériné une entente historique. Le laissez-passer universitaire (LPU), qui entrera en vigueur dès la session d’automne, permettra aux étudiants et aux étudiantes de l’Université Laval, inscrits à temps complet, d’utiliser de façon illimitée, durant les sessions d’hiver et d’automne, les services du RTC et de la STLévis. Cette mesure, qui fait la promotion du transport actif et collectif permettra en outre de réduire la congestion routière. Et, pourquoi pas, rendre caduque la nécessité d’un 3e lien…
Source : Le Fil

New York va finalement instaurer un péage pour financer son métro

L’idée circule depuis des années. Elle permettrait de faire d’une pierre deux coups : décongestionner les rues de Manhattan et donner une bouffée d’oxygène au métro qui, faute de financement adéquat, tombe en décrépitude. Mais chaque fois que la proposition a été ramenée sur le tapis, des obstacles insurmontables en ont différé l’application. Encore récemment, le maire Bill de Blasio s’opposait à la mesure, pourtant réclamée par Andrew Cuomo, le gouverneur de l’État. Mais les deux hommes viennent de s’entendre. À compter de 2020, il en coûtera 12 $ aux automobilistes qui se rendent dans le Central Business District (CBD) et 25 $ aux camions. La mesure devrait rapporter quelque 15 milliards de dollars, une part substantielle des 40 milliards de dollars nécessaires à la mise à niveau du métro. Cela devrait améliorer la fluidité de la circulation automobile dans le périmètre du CBD où la vitesse moyenne des véhicules est actuellement de 7,6 km/h, soit à peine plus rapide que le pas d’un bon marcheur et bien plus lent qu’un cycliste…
Source : Fast Company

Santé et société

Les Espagnols bientôt champions de l’espérance de vie

Si les Japonais sont pour le moment les détenteurs incontestés du record d’espérance de vie, avec leurs quelque 65 000 centenaires, ils pourraient bien être surclassés par les Espagnols d’ici 2040. Telles sont les conclusions que l’on peut tirer de l’index Bloomberg 2019, et qui, à la lumière de facteurs de risque comme le tabagisme ou l’obésité et de facteurs environnementaux tels que l’accès à l’eau potable ou aux soins de santé, classent désormais l’Espagne en tête de tous les pays européens. En vertu de la tendance observée, l’espérance de vie des Espagnols pourrait passer, d’ici 20 ans, à 85,8 ans contre 83,7 pour les Japonais. Et sans surprise, l’un des principaux facteurs cités qui expliqueraient la santé florissante des Espagnols serait la fameuse diète méditerranéenne.
Source : Science & Avenir

Obésité : risques accrus chez les enfants et les adolescents de contracter des maladies cardiovasculaires

L’American Heart Association vient de publier un avis scientifique qui, pour la première fois de l’histoire, ajoute l’obésité à la liste des facteurs qui augmentent les risques de maladies cardiovasculaires chez les enfants et les adolescents. Selon de nombreux experts, nous serons confrontés à une crise de santé majeure si rien n’est fait pour enrayer la tendance actuelle. Or, les politiques alimentaires, ou des programmes de promotion des saines habitudes de vie, ne suffisent pas, rappellent les experts. Il faut plutôt, et de toute urgence, investir en prévention. Car, sur le terrain, les ressources font cruellement défaut. À l’heure actuelle, les quelques cliniques en prévention qui existent fonctionnent sans le soutien de l’État. Le Québec, martèlent certains spécialistes, doit se doter d’un plan d’intervention et de prévention de l’obésité chez les enfants.
Source : La Presse